Nombreux Jacques Poulin-Denis

jacques-denisJunkyard/Paradis, de Mélanie Demers, salle Multi de Méduse, du 17 au 19 mars, 418 643-8131.

Né à Saskatoon, installé à Montréal depuis 2004, le performeur Jacques Poulin-Denis ne fait ni dans la dentelle ni dans le tutu. Il traverse des spectacles qui n’ont souvent de danse que le nom, car la théâtralité, les jeux sonores, quand ce ne sont pas les dispositifs scéniques, priment le mouvement. Il annonce tout de même : « Chorégraphe est l’appellation qui me désigne le mieux. » Sa compagnie, Grand Poney, veut « concilier l’évident et l’imaginaire ».

Né à Saskatoon, installé à Montréal depuis 2004, le performeur Jacques Poulin-Denis ne fait ni dans la dentelle ni dans le tutu. Il traverse des spectacles qui n’ont souvent de danse que le nom, car la théâtralité, les jeux sonores, quand ce ne sont pas les dispositifs scéniques, priment le mouvement. Il annonce tout de même : « Chorégraphe est l’appellation qui me désigne le mieux. » Sa compagnie, Grand Poney, veut « concilier l’évident et l’imaginaire ».

Photo : Jocelyn Michel
Photo : Jocelyn Michel

Dans son solo Cible de Dieu, qu’il continue de présenter en tournée, il perd — littéralement — le pied droit, clin d’œil, si l’on peut dire, à l’accident de voiture survenu le jour où il s’en allait à Toronto pour entamer sa formation au Toronto Dance Theatre. C’était en 1999, il avait 21 ans. « Je rêvais de faire partie du Cirque du Soleil, de danser au sein de grandes compagnies, comme
O Vertigo. J’ai eu l’obligation de refaire ma vie. » En Californie, entre autres, où il part apprivoiser sa prothèse, suivre des cours particuliers de théâtre, bouger pour la compagnie de danse intégrée Axis, ou se mêler aux obèses, aux vieux, aux handicapés de Dandelion Dancetheater. La vérité ne réside pas dans un corps parfait.

« Je peux très bien m’accommoder de mes facultés réduites, mais elles gênent les chorégraphes. » Sauf Mélanie Demers, avec laquelle il collabore depuis 2005 et qui l’embarque dans sa nouvelle pièce, Junkyard/Paradis.

« Comme chorégraphe, je ne travaille pas tellement dans la finesse, précise-t-il. Je manque de discipline, mais pas de créativité. » Ses spectacles ont quelque chose de brut, d’impulsif. « Un de mes défis avec Gently Crumbling [à l’affiche en mai prochain] est de réussir une pièce plus structurée, moins délinquante. »

« Ce que je veux, au fond, c’est toucher l’autre. » Au sens le plus concret du terme. Ainsi, pour Dors, œuvre créée aux dernières Escales improbables, les spectateurs, assis par terre, partageaient l’inconfort et la vulnérabilité des interprètes, qui, à la fin de la représentation, leur offraient le petit-déjeuner.

Quand il ne danse pas, le bachelier en musique électroacoustique compose. Dans Domestik, son concerto pour 18 appareils électroménagers, Poulin-Denis jouait du lave-linge et de la cuisinière, mais il sait manier des instruments plus classiques, telles la trompette et la guitare.

Il a enregistré deux albums, dont Étude no 3 pour cordes et poulies, et coécrit, avec Martin Messier, Projet Pupitre, qui traduit en sons les gestes et matériaux de l’écriture ! On lui doit aussi la musique de plusieurs productions de théâtre et de danse.

Il dit : « J’ai choisi l’art interdisciplinaire, parce que je n’arrive pas à réunir dans une seule case mes nombreux moi. » Cela se défend.

Junkyard/Paradis, de Mélanie Demers, Agora de la danse, à Montréal, du 26 au 29 janv., 514 525-1500 ; salle Multi de Méduse, du 17 au 19 mars, 418 643-8131.


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