Omar Sosa : Les esprits lui montrent la voie

OMAR SOSA / CEREMONY / Otá/SRI

Omar Sosa : Les esprits lui montrent la voie
Photo : EFE/Zuma/Keystone

Omar Sosa n’est peut-être pas le meilleur technicien parmi les trois virtuoses qui occupent cette page, mais son jeu est probablement le plus inspiré, le plus bouleversant, le plus habité. Connecté en permanence avec les esprits de la santería, en priorité avec Elegua – celui qui ouvre la voie -, cet homme positif, enthousiaste et débordant de générosité prétend n’être qu’un instrument dont les doigts exécutent ce que les forces d’en haut lui dictent. Les synthèses musicales entre les cadences de son montuno, l’héritage yoruba, le jazz avant-gardiste et le spoken word, Sosa les a réussies mieux que personne. Après des séjours prolongés à Quito et à Barcelone, il réalise enfin le rêve de sa vie : enregistrer avec un big band de première classe (le NDR de Hambourg, l’Orchestre de la radio nationale allemande) et, de surcroît, sous la baguette du violoncelliste et arrangeur brésilien Jaques Morelenbaum, le plus talentueux de sa génération. Le résultat est d’une complexité inouïe, mais d’une force et d’une sincérité telles qu’il reste accessible et  revitalisant. On a la certitude d’écouter un chef-d’œuvre !