On parle mal? Et puis après?

Les Québécois parlent mal le français. Du moins, c’est ce qu’on dit. Cette idée, journalistes et chroniqueurs de tout acabit la ressortent régulièrement. Et ça dure depuis les années 1850!

Photo: Louise Bilodeau pour L'actualité
Photo: Louise Bilodeau pour L’actualité

En fait, peu après l’Acte d’union de 1840, quand les Anglais ont voulu assimiler les Canadiens français, on s’est mis à dire que ces Canadiens français parlaient mal. Et que, justement, pour éviter l’assimilation, ils devraient parler mieux. Donc, on s’est mis à publier des chroniques, à écrire des livres, à rédiger des dictionnaires condamnant les formes qui s’éloignaient des formes françaises (comprendre «de France»). Et à dire aux gens qu’ils parlaient mal.

Ça ne semble pas beaucoup marcher. Parce que les gens n’ont pas l’air de «parler mieux». Si c’était le cas, logiquement, le discours aurait changé, non? On cesserait de dire que les Québécois parlent mal. Pour­tant, on l’affirme encore. C’est donc que les Québécois parlent encore mal, même si on leur répète depuis 175 ans d’arrêter de faire ça!

D’habitude, quand on essaie la même solution encore et encore et encore pour régler le même problème et qu’elle ne marche pas, c’est soit que la solution n’est pas la bonne, soit que le problème n’en est pas un. Analysons les deux possibilités.

La solution n’est pas la bonne

Sérieusement, peut-on vraiment s’attendre à ce que le fait de dire aux gens qu’ils parlent mal fasse qu’ils parlent mieux? Concrètement, je veux dire. A-t-on des exemples qui démontrent que lorsqu’on dit à des gens qu’ils sont mauvais dans quelque chose, ils deviennent meilleurs? Les jeunes, surtout (car c’est principalement eux qui sont visés par ces critiques). Est-ce que quelqu’un a vraiment pensé que les jeunes allaient se dire: «Oh! On nous dit qu’on parle mal! Vite, vite, parlons mieux!»? Non mais sans blague.

Et même si c’était une bonne idée. Même si, vraiment, les gens acceptaient de «mieux parler», il faudrait peut-être définir clairement les attentes. Car même si cette idée selon laquelle les Québécois parlent mal est très répandue, le concept de «bien parler», lui, n’a pas l’air clair. Sérieusement, qu’est-ce que c’est, «bien parler»? Est-ce que c’est obéir aux règles décrites dans les ouvrages de référence? Et est-ce qu’on doit faire ça tout le temps? Par exemple, dans ces ouvrages, on apprend qu’une négation doit s’exprimer avec «ne… pas». Pourtant, à l’oral, le «ne» est presque disparu, et ce n’est pas qu’au Québec qu’on le remarque. Donc, est-ce qu’on parle mal quand on omet le «ne» de négation? Tout le temps, dans toutes les situations? Même quand on se lève le matin et qu’on n’a pas encore bu son premier café? On doit dire le «ne» de négation, sinon on parle mal?

Et que fait-on des anglicismes? Qui décide quels anglicismes doivent être acceptés? Au Québec, ce sont les terminologues qui travaillent à l’Office québécois de la langue française (OQLF). On n’y pense pas souvent, mais ils sont très puissants, ces terminologues. Ils ont le pouvoir de déterminer quels sont les mots qui font et ne font pas partie du «bien parler». «Momentum», par exemple, n’en fait pas partie. Mais «cliquer», oui. Que fait-on des anglicismes acceptés en France, mais condamnés ici? Que fait-on de «week-end», qui est, de fait, condamné par l’OQLF? Il est pourtant de plus en plus utilisé au Québec, et personne ne monte aux barricades pour le faire disparaître (contrairement au malheureux «bon matin»…). Est-ce que ça signifie qu’on a le droit de ne pas écouter l’OQLF?

En plus, parfois, ces terminologues changent d’idée! L’expression «par le biais de», au sens de «au moyen de», par exemple, a été longtemps condamnée. Mais aujourd’hui, elle ne l’est plus. Il semblerait que quelqu’un, à l’Office, se soit trompé, et qu’on ait corrigé le tir. Ainsi donc, les autorités langagières ne sont pas infaillibles. Et c’est bien normal, n’est-ce pas? Elles ne sont pas le pape, tout de même!

J’arrête là la démonstration. Je pense qu’on aura compris que ce que j’illustre ici, c’est que la notion de «bien parler» varie. Elle varie d’une personne à l’autre, d’une région à l’autre, d’une situation de communication à l’autre. On peut même avancer que lorsque deux personnes s’entendent pour dire que les Québécois parlent mal, elles ne considèrent même pas qu’ils parlent mal pour les mêmes raisons!

Si on veut que les Québécois «parlent mieux», il ne faut pas seu­lement constater qu’ils «parlent mal», mais il faut aussi être en mesure de définir clairement ce qu’on veut dire quand on soutient qu’ils doivent «parler mieux». Et ça, ce n’est pas gagné.

Le problème n’en est pas un

Mais les Québécois parlent-ils vraiment mal? On vient de déterminer que la notion de «bien parler» était floue; c’est donc dire que la notion de «mal parler» l’est tout autant, car on peut lui appliquer le même raisonnement. Certes, on a tous en tête l’exemple de tel ou tel ministre qui s’est exprimé à la télévision et qui a, vraiment, mal parlé. Mais a-t-il mal parlé dans l’absolu, ou a-t-il utilisé une langue qui n’était pas appropriée à son statut social (un ministre) et à la situation de communication (à la télévision)? Si une autre personne s’était exprimée de la même manière, mais sur le bord de sa piscine en buvant une bière, aurait-on aussi dit qu’elle avait mal parlé?

L’idée, c’est qu’on s’attend à ce que le ministre à la télévision adopte le registre soigné, car c’est ce que la règle sociale dicte. Le fait qu’une personne qui occupe un poste exigeant la maîtrise des règles du registre soigné ne respecte pas ces règles est en effet préoccupant. Mais ce n’est pas ici une question de langue, c’est une question sociale. Ce n’est pas parce que la qualité du français au Québec est mauvaise, c’est parce qu’on élit des gens qui ne maîtrisent pas les règles qu’ils sont censés maîtriser! C’est la manière d’envisager l’importance sociale des règles qu’il faut revoir, pas la langue!

Et c’est la même chose pour le vocabulaire. On entend souvent que telle ou telle personne manque de vocabulaire, ou qu’elle n’a pas un vocabulaire très étoffé. Mais quand on y pense quelques instants, on s’aperçoit que le vocabulaire étoffé est bien plus une question de culture générale que de langue. On peut maîtriser les règles de base dictées par les grammaires et quand même avoir un vocabulaire restreint. Si on veut exprimer quelque reproche que ce soit à ce sujet, il faut viser la diffusion de la culture générale, pas la qualité de la langue!

Conséquences

Ça fait 175 ans que les Québécois se font dire qu’ils parlent mal. Est-ce que le message a encore de l’importance? Est-ce que les Québécois se préoccupent vraiment de «bien parler», ou cette idée ne fait-elle pas plutôt partie de toutes ces choses qu’on doit mieux faire, mais qu’on ne fait pas vraiment, comme bien manger, bien dormir, ne pas boire d’alcool, etc.? Lorsque, à l’école, on apprend les règles du registre soigné, est-ce qu’on apprend vraiment leur importance sociale, ou ne les classe-t-on pas plutôt avec les autres choses acquises à l’école et dont on ne se servira jamais, comme de transformer 1 296 centimètres en décimètres?

Cette conséquence sociale, toute préoccupante qu’elle soit, en cache cependant une autre, beaucoup plus grave. On se souviendra qu’à l’origine, après l’Acte d’union, c’est pour protéger le français contre l’assimilation anglaise qu’on s’est mis à condamner la langue québécoise.

Et si ça avait l’effet contraire?

Et si les jeunes, fatigués de se faire dire qu’ils parlent mal, de se faire critiquer leur emploi de tel ou tel mot, de telle ou telle tournure, fatigués de se faire répéter qu’ils doivent, dans leur quotidien, se battre pour une langue qu’ils se font constamment corriger, décidaient d’agir en jeunes et d’envoyer promener tout le monde? Et s’ils décidaient, je ne sais pas, moi, je prends un exemple au hasard, de se mettre à parler anglais, ou franglais, ou peu importe comment on appelle ça?

On en est là. Et les gens qui condamnaient le mauvais français des Québécois condamnent maintenant le franglais des jeunes. Sans penser qu’ils sont peut-être les artisans de cette situation. Bon, soit, l’anglais est la langue internationale, la langue du divertissement, la lingua franca. Mais justement, une lingua franca, par définition, répond aux besoins linguistiques de son époque. Elle est donc très efficace et permissive, la langue anglaise. Très malléable. Très ouverte aux néologismes, aux emprunts, aux tournures incongrues. Bref, elle est très attrayante.

Le français au Québec, malgré la loi 101, est toujours dans une position délicate. Car il suffirait que les locuteurs francophones décident de ne plus parler français pour que le français disparaisse. On n’est pas dans une société totalitaire. On ne peut pas contrôler la langue quotidienne des gens. Si les jeunes décident de se mettre à parler anglais, ils se mettront à parler anglais, et on ne pourra rien y faire.

Si on veut que les jeunes trouvent le français assez attrayant pour qu’il fasse concurrence à l’anglais à leurs yeux, au lieu de critiquer et de condamner, il faudrait peut-être réfléchir. En soi, l’anglais n’est pas supérieur au français. La néologie, les emprunts, les tournures incongrues, tout cela est aussi accessible en français. Il suffit de s’en donner la permission. Mais pour ce faire, il faut se débarrasser de cette idée selon laquelle les Québécois parlent mal, idée qui, honnêtement, fait beaucoup trop XIXe siècle…

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62 commentaires
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Pas une journée où je n’entends pas: « un heure », « une avion », « une aéroport », « si j’aurais »
Le « bon matin » est un phénomène montréalais qui s’est répandu dans tout le Québec.
Autre mauvaise habitude que je ne peux plus supporter mais qui n’a rien à voir avec la langue c’est le « comment allez-vous? » partout, partout, partout dans tous les commerces et au téléphone avec des gens que je ne connais pas. A chaque fois, j’ai envie de leur répondre: c’est pas de tes %?&$%$ d’affaires.

Au fond, ce que tu dis, c’est que t’as pas lu l’article du tout ou que tu préfères snobber à tout vent plutôt que de tenter de le réfuter. Gotcha.

Bonjour, comment allez-vous?

Ce n’est certainement pas un phénomène d’origine montréalais d’interchanger le genre des déterminants devant un nom commençant par une voyelle, ni de redoubler le conditionnel dans une phrase. C’est séculaire et généralisé géographiquement, et ça vient du Paris du XVIIe siècle.

Sinon, z’avez compris quelque chose à l’article que vous commentez?

C’est le « bon matin » qui est un phénomène montréalais, pas le mauvais genre.
A Québec, Arthur avait répandu le « pied dans la bouche ». Une autre horreur.
J’ai rien contre le parler-québécois; c’est notre langue nationale. J’en ai contre les fautes bêtes de français.

puisque vous aimez les leçons de français:
» c’est pas de tes %?&$%$ d’affaires »
Ce n’est pas de tes…

Oui, le « Bon matin » fait plaqué, pour ne pas dire contreplaqué. Je pensais que ça venait du 450 parce que c’est là que j’ai commencé à l’entendre pour la première fois il y a une quinzaine d’années. Anyway…

Est-ce que certaines émission télé du matin commenceraient leur « beau programme » en disant « Bon matin ». Il n’en faudrait pas plus pour que cet anglicisme* soit passé dans les moeurs.

*Good morning= bon matin.

Bon matin, bon après-midi, bonne soirée, bonne nuit…je ne vois ici AUCUN problème. C’est français non?

Par amour de la diversité, ne changez donc rien à votre manière de parler. Ne pensez surtout pas que vous parlez mal, vous parlez différemment. Votre français est tout aussi bon que celui que l’on parle dans certaines régions de France ou de Suisse romande.

Exact, il y a plusieurs facon de vivre sa francophonie. La notre est la notre et on doit en être fier même si elle est différente !

Fiers??? Mais de quoi au juste?

De le mal parler? De le mal l’écrire? D’avoir un vocabulaire limité? De composer des phrases complètes (sujet, verbe et compliment) avec grande difficulté?

NON merci!

Charmant! Du haut de votre « francitude », vous nous dites que notre langue est à peu près égale à celle de certains coins de la France profonde ou d’autres pays francophones, dont la langue et l’accent font depuis des lunes l’objet de blagues méprisantes de la part des Parisiens, qui sont évidemment les seuls à bien parler. Comme « compliment », on a vu mieux! Par contre, je souhaite ardemment l’amélioration de notre langue parlée, pour améliorer la communication avec d’autres francophones, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. Le vocabulaire, c’est l’antidote aux « tsé,veux dire » et autres « ça l’a », dont je me passerais avec joie.

Vous faites erreur Maryse le parler des québécois ne vient pas de la France profonde, du moins pas seulement, mais d’abord du parler de la cour à Versailles. Les fondateurs de la nouvelle France fréquentaient Versailles et le roi (pour obtenir du financement). Ils ont légué leur parler aux gens du peuple qui lui venait de plusieurs provinces, Normandie, Bretagne, Vendée etc. et ne pouvaient pas se comprendre. je vous donne le lien pour un texte explicatif très intéressant.
http://www.books.fr/les-quebecois-nont-pas-daccent/

Je crois que bien parler, ça s’apprend à la maison dès qu’on entend des conversations de notre entourage et que la lecture nous donne un vocabulaire plus étendu.Lire dès qu’on réalise qu’on est capable d’utiliser cette fonction eh bien il faut l’utiliser, ç’
a marché pour moi dans ma vie, ça ne peut pas nuire d’essayer.

Bonsoir,
Une bonne manière toute simple et efficace de pouvoir parler un français acceptable, c`est de s`habituer à bien l`écrire…

Encore une fois le nivellement par le bas.

Votre pensée n’est pas claire? Les mots adéquats ne vous viennent pas aisément? Votre vocabulaire est très limité? Pas grave… Vous êtes corrects. C’est aux autres de s’adapter à votre niveau misérable de langage. Vous êtes clairement le produit final du système public québécois d’éducation .

Surpris que la plupart des diplômes et des certificats distribués par les organismes publics au Québec sont frelatés comme nous le révélait une récente enquête? Pas moi!

Vous voulez que vos enfants aient une éducation digne de ce nom? Envoyez-les au privé.

Je suis allé en France à de multiples reprises et le niveau de langage des simples commis-serveurs de magasins ou de restaurants dépasse très largement le nôtre.

Continuez à défendre le modèle québécois que personne au monde n’imite et qui est basé sur le nivellement par le bas. On va aller loin avec ça!!!

En accord avec François 1, « Encore une fois le nivellement par le bas. », le problème de vocabulaire est visible comme le nez dans le visage, impossible de pouvoir clairement exprimer une idée ou un sentiment, pas grave on a le « t’say-veu-dir », ou le « genr-com », on a même qualifié et gradué les mots d’église pour certaines situations…. le plus gros problème cependant est le fait que les gens n’acceptent pas d’intégrer des mots plus précis du vocabulaire, ils te regardent et te disent, « tu te prends tu pour un docteur, dis des mots que tout le monde connais », ce qui est le plus surprenant c’est d’entendre une vieille entrevue de hockey des années 50, et de voir ce joueur parler un joual franc et limité, et 30 ans plus tard, l’entendre dans un anglais impeccable, avec un vocabulaire très étendu et vraiment évolué. Je ne pense pas que le problème vienne seulement de la société, la famille je pense a un gros effet sur les jeunes, si les autres membres de la famille rabaissent le caquet d’un jeune qui sort un mot inconnu des autres…. Ca je n’en suis pas certain, car je viens d’une famille ou on parlais dans l’ordre, l’italien, l’albanais, l’anglais et la dernière langue du portfolio a être entrée chez nous étais le Français!

Et moi je crois que nous nous sommes améliorés depuis les années 60. « La strap de fan est lousse » est disparu de notre discours et nous avons pris à coeur la défense de notre langue. Nous continuons cependant à faire des erreurs et notre niveau culturel n’a pas grandement augmenté et n’augmentera pas tant et aussi longtemps que l’on n’investirons pas massivement en éducation!

Vous avez raison! Mais le français écrit se détériore de réforme en réforme au Québec. Si on apprend à écrire convenablement le français ; il est plus facile à parler par la suite! Aujourd’hui les gens lisent beaucoup moins et la diversité des expressions et des mots est d’ autant plus diminuée . Il a aussi le phénomène facebook ,twitter ect… qui ne force pas les gens à se forcer mais plutôt à cracher des des expressions !

Tchien don là là, virer à dret, dré llà, veux dire à douette. Maréxeme faut que ch’yalle. . Quanqu’on m’dit que j’pale mal, koscé q’ca veut dire? J’men saque! Wen pogné a s’fére dire qu’on a d’la msére à nous comprendre.
Koscé tu veux? L’monde ont just à s’ouvrir les areilles. Ah! Ça pourrait ête ben plus pire. Avez-vous été répondu?

Moi, ce qui m’agace au plus haut point ce sont les tournures de phrases construites sur le modèle du fameux vers d’oreille, DIS-MOI C,EST QUOI TA TOUNE lancé par Serge Fiori en 1974. En effet, à la télévision, on entend fréquemment les comédiens du Québec dire des expressions comme« je sais ou je vais te dire ou je ne sais pas ou sais-tu C’EST QUOI ou C’EST QUI ou C’EST À QUELLE HEURE ou JE SUIS QUI ou C’EST OÙ» au lieu de dire comme tout le monde le faisait avant la fin des années 70 « je sais ou je vais te dire ou je ne sais pas ou sais-tu CE QUE C’EST ou QUI C’EST ou À QUELLE HEURE C’EST ou QUI JE SUIS ou OÙ C’EST »

Alors de par cet article je vois que non seulement on peut parler mal au Québec mais aussi penser ‘mal’. L’éternelle glorification par le bas qui fait plutôt reculer qu’avancer. Je préfère marcher en avançant.

Notre français parlé n’est certainement pas comparable à la langue de « L’Académie française » Pis ????? C’est notre culture, notre couleur. L’accent parfois assez prononcé n’est pas « mal parler », plusieurs confondent les deux. Ce qui m’irrite le plus est le français écrit, il va falloir trouver un moyen une fois pour toutes pour enseigner correctement l’écriture.

Je ne vois pas personne
Je ne sais pas où est-ce qu ‘il est parti
soixante et quatre
les argents
aréoport
ils jousent
Ce sont des fautes courantes que je voudrais ne plus entendre, ce sont de vraies fautes de français. Quant à bon matin, il est formé de deux mots tout à fait français, bon et matin; je ne vois pas pourquoi il faudrait se sentir tellement envahi par des anglicismes…

Bon matin, c’est Good morning. Trop simple de dire bonjour?
C’est comme l’avant-midi pour la matinée. Trop compliqué?

Si on peut dire bonne journée, bon après-midi, bonne soirée et bonne nuit, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas dire bon matin ;-). Les anglais disent good morning, et alors ? Si moi ça me chante de dire bon matin parce que je trouve ça mignon tout frais comme la rosée, j’ai pas le droit ?… Good night les grincheux 😉

Parler correctement (utiliser le mot juste et le prononcer de façon compréhensible) est nécessaire pour communiquer un message. Ça n’interdit pas les anglicismes, les qualificatifs religieux et les accents régionaux. Je remarque que la chronique de Mme Beaudoin-Bégin est « bien » écrite, ce qui m’a permis de comprendre son texte. Pourrais-t’on comprendre son message s’il manquait un sujet, un verbe ou encore s’il contenait des fautes d’orthographe et des ponctuations erronées ? Il est tout aussi important de bien se faire comprendre à l’oral qu’à l’écrit…

Non, nous ne parlons pas mal, notre prononciation est parfois affreuse, mais on tolère, la France aussi, la bouche molle des Français (féminiZme) qui ont éliminé en plus, par fatigue linguale?, deux voyelles nasales ou qui nous font des liaisons partout partout. Pour bien parler, nous pourrions pointer du doigt les publicités qui s’adressent à de gros colons ou nos séries québécoises qui nous parlent dans un argot de cuisine. Donc, pour bien parler, faudrait le faire la bouche molle, très molle, comme les Français… de Paris, à moins de se consoler de notre parlure et d’aller en région où les Français ne parlent ni n’écrivent mieux que nous.

L’éloge à la médiocrité me semble une stratégie encore plus incertaine que celle de reprocher aux gens de mal parler. Elle s’inscrit bien toutefois dans la culture québécois de l’humour qui racle les bas-fonds et doit peu à l’esprit.

Pourquoi « bon matin » serait-il à condamner plus que bon après-midi, bonne journée, bonne soirée?

Tout à fait d’accord; je voudrais aussi ajouter qu’il y a d’autres langues qui utilisent cette expression, pas seulement l’anglais.

Parce que, ô horreur, ça vient tout droit de « good morning »… De l’Anglais tant honni.

Pour ce qui est de l’ampleur du vocabulaire ou des tournures de phrase soignés, je suis d’accord avec l’auteure de cet article. Cependant, lorsque j’entends des Moué, Toué, Il jouze et des Icitte (comme dans l’exemple). J’avoue avoir de la difficulté à ne pas réagir. Il ne s’agit plus d’une problème avec « les néologie, les emprunts, les tournures incongrues », Il s’agit purement et simplement d’orthographe verbale. C’est pire que d’écrit au son, car même le son des mots est changé. Et ne venez pas me dire que ça vient d’accents ou de régionalismes. Je suis le premier à faire des fautes d’orthographes à l’écrit, Il doit y en avoir plusieurs dans ce texte et je le regrette. Mais quand je parle, je m’efforce de prononcer les mots correctement au moins. Il est clair que l’on ne tourne pas une phrase de la même façon au parlé qu’à l’écrit, mais peut-on au moins prononcer comme il le faut?

« Et ce français que nous parlons n’est pas tant le langage du petit peuple du XVIIe siècle que celui de la cour et de la haute société. Nos cultivateurs, nos braves habitants parlent comme parlait Louis XIV : voilà, je le sais, une proposition qui a le don d’exciter l’hilarité des contempteurs du canayen, mais qui n’est pourtant pas très éloignée de la stricte vérité. L’exagération qui s’y trouve ne dépasse pas, à mon humble avis, les bornes d’une figure de rhétorique permise. »
Lien pour l’article complet : http://www.books.fr/les-quebecois-nont-pas-daccent/

Ce n’est pas le mauvais « parler » qui me frappe, c’est l’absence de vocabulaire.

S’il n’y avait pas eu de puristes depuis le milieu du XIXe siècle, je suis convaincu que le français d’ici serait devenu une langue à part, tout comme l’islandais est à un millénaire de distance du norvégien en raison de son isolement. Et si l’islandais n,est pas en voie de disparition, c’est parce que l’Islande est un pays souverain qui cultive sa langue.

On peut parler de diversité linguistique, mais quand une langue est en régression comme c’est le cas du québécois, elle s’assimile à une espèce en voie de disparition, ce qui menace le québécois, dominé par l’anglais pour des raisons politiques essentiellement.

Bien. Cela étant, la langue est un phénomène contagieux, et on ne fera jamais disparaître les régionalismes.
Mais nous parlons une langue encore comprise sur les cinq continents. Qu’il est plaisant d’être compris à Bora Bora, là où un anglophone unilingue a du mal à s’y retrouver ! Il faut cultiver cette langue internationale, du moins c’est ce que je fais.

Ce qui manque au Québec, c’est un cours qui enseigne les écarts avec le français international, pas seulement les écarts du québécois avec le français de France, mais celui des nombreux régionalismes européens et africains, notamment, avec ce même français. Savoir qu’un Français des banlieues qui « kiffe ses gosses » n’est pas un pervers sexuel est amusant, tout comme entendre un Africain demander qu’on le torche en nous demandant de l’éclairer avec une lampe-torche. Les écarts sur le plan du vocabulaire sont fort intéressants et amusants. Personnellement je change de vocabulaire quand je change de continent, je me laisse rattraper par la contagion, et je ne m’en porte que mieux. Je trouve cela plus satisfaisant que de passer à l’anglais.

Quant aux écarts grammaticaux, ils me semblent plus préoccupants, et ceux-là méritent d’être corrigés à tout prix, à mon humble avis. Sinon, dans cent ans, nos enfants ne parleront plus français, et le québécois sera sévèrement en voie de disparition. Ce n’est pas mon idée des bienfaits de la diversité linguistique. Celle-ci doit être encouragée dans la mesure où elle renforce les langues, et non dans la perspective de leur affaiblissement au profit d’une langue unique dominante.

Nous parlons mal qui a dit cela ? Les Français ? Moi je m’attend que nos radios, télés, représentants s’expriment dans un assez bon français sans les sacres. Je ne suis pas pratiquante d’aucune religion mais je n’aime pas cette façon de sacrer, je trouve cela vulgaire et non nécessaire. Ce n’est pas de cette manière que nous apprendrons à nos jeunes à bien parler car un jour ils auront peut-être s’exprimer devant public

Je suis fier de ma langue maternelle que j’essaie de peaufiner par la lecture. Cependant ma langue parlée n’est pas parfaite. J’aime aussi améliorer ma connaissances de la langue de Shakespeare et celle de Cervantez. Apprendre une autre langue améliore la langue maternelle.

Beaucoup de Québécois…
– ne prononcent pas. Ils ont la bouche molle et parlent comme s’ils avaient une patate dans la bouche.
-ne savent pas que le mot « tout » s’accorde: « tout les femmes, tout les écoles, tout les directives… »
-ne connaissent pas le genre des mots et nous assomment de leurs » Une escalier, une grosse hôpital, un école, un heure… »

Kankon guérira des 3 points que je soulève plus haut, toutES les écoles de toutE la nation québécoise pourront se dire que toutE la mission n’est pas encore accomplie mais que toutE la population est sur la toutE bonne voie.

La langue est un moyen de communication et c’est un bon moyen si on se fait comprendre par les autres ou ne fonctionne pas si personne ne nous comprend. On peut se retrancher dans une français incorrect et châtié et ne se faire comprendre que par les membres de la « tribu » ou encore choisir de parler un français international et se faire comprendre à travers la francophonie et ça c’est un choix individuel. Ça se produit dans bien des pays et prenez par exemple Haïti où on parle le créole – on peut communiquer partout dans le pays en créole mais pas à l’international et dans ce dernier cas on peut choisir le français (l’ancienne puissance coloniale) ou l’anglais (langue plus internationale, de la nouvelle puissance coloniale, les ÉU, qui est très présente dans le pays et qui encourage l’apprentissage et l’utilisation de l’anglais). Si on a le choix entre le français et l’anglais, ce dernier est plus attrayante car il permet de communiquer avec beaucoup plus de gens sur la planète. En France on ne se gêne pas pour utiliser des mots anglais qui remplacent des mots français tout à fait appropriés ce qui peut rendre la communication difficile si l’interlocuteur ne maîtrise pas l’anglais. Donc, c’est pas grave si on parle « mal », surtout si on se fiche de communiquer avec les autres…

Je viens de lire votre essai dans l’avant-dernier numéro de l’Actualité intitule «On parle mal? Et puis après?». Je comprends votre propos qui vise le zèle de certains terminologues. Je crains toutefois que la grande majorité des lecteurs l’ait compris au premier degré, celui que suggère le titre qui est presqu’un éloge de la médiocrité.
Je veux bien convenir que la grammaire, l’orthographe et la terminologie ne sont pas des sciences exactes et qu’elles s’établissent par la coutume, la culture et par des conventions. Mais cela n’empêche pas d’apprécier la qualité de la langue ne serait-ce par la richesse du vocabulaire (combien de mots différents sont connus et utilisés) et par la qualité de la communication (construction des phrases, articulation phonétique)
Je rentre d’un séjour de trois ans en France (en conservant mon accent québécois!) et je peux vous dire que le choc est grand au retour. Je ne comprends pas votre perception à l’effet qu’on traumatise les québécois en leur disant qu’ils parlent mal. Bien au contraire on semble valoriser le langage relâché et décourager tout effort d’amélioration. Ça fait bien de parler mal, ça fait plus près du peuple. Hier encore j’entendais à Radio-Canada une journaliste expliquer que «le policier lui a demandé de se lever les mains dans les airs (sic) mais l’individu avait la main gauche qui était cachée sous lui et le policier avait pensé que sa main tenait une arme qui était cachée» C’est pas pire n’est pas?
En France j’ai dû traiter avec des avocats, des comptables, des policiers, des plombiers, des manutentionnaires et j’ai toujours été étonné de la clarté et la précision avec laquelle chacun s’exprime et explique les choses qui les concernent. L’avocat parle en avocat et le plombier comme un plombier mais chacun a une richesse de vocabulaire dans son métier et une précision dans la communication qu’on ne retrouve pas ici. Quand un québécois dit «le breaker a sauté» ce n’est pas par snobisme parisien, c’est parce qu’il ne connait pas le mot «disjoncteur» et que ceux qui connaissent le mot sont gênés de le reprendre. Quand un québécois parle «bébé» comme cette dame au bureau de poste «j’veux un ti-timbre pour mettre su ma tite enveloppe» c’est comme exprimer une humilité de mauvais escient. Quand un québécois ne recourt qu’aux termes génériques «aye chose, passe-moi donc l’affaire ronde qui traîne là, là» il doit s’aider de gestuelle pour suppléer à l’incapacité de parler normalement.
Mon frère enseigne le français au secondaire, vous imaginez le défi! Il doit demander aux élèves de faire un effort. De votre côté vous semblez à mots couverts, prétendre que si l’on demande aux jeunes de faire un effort on risque de les pousser vers l’anglais, comme si ça paraissait moins qu’on parle mal quand on parle anglais. Pour reprendre les mots de mon frère : inciter le jeunes à jouer de la musique serait brimer leur liberté de faire du bruit.
Je vous invite à changer de cible. Les linguistes ne dérangent personne au Québec, sinon d’autres linguistes. Viser plutôt les journalistes qui ne parlent pas comme le devrait un journaliste, les politiciens qui ne parlent comme le devrait un politicien. Soutenez plutôt les professeurs du secondaire qui encouragent les jeunes à l’excellence, en sciences, en sport, en art et aussi en français.

Ne « capottons pas » sur ce sujet. Je suis allé travaillé en France pour le MEQ (Ministère de l’Éducation), il y a plus de 20 ans et on était en train d’y faire une campagne pour que les Français utilisent moins d’anglicisme. Ça ne s’est pas beaucoup amélioré.! Je suis alors allé aussi en « province » pour découvrir des accents et des mots qu’on n’entendait pas à Paris. Au point où plusieurs Français m’ont dit que c’était comme au Québec : chaque région a son « patois » et il n’est pas rare d’entendre des Marseillais dire qu’ils ne comprennent pas les « gens du Nord ». Lors d’un autre voyage, personnel, nous étions dans la région du Poitou, à visiter une vieille maison (une maison privée que la dame faisait visiter, comme son petit musé, pour quelques euros), nous échangions nos impressions sur ce qu’on y découvrait : outils, accessoires de cuisine, … semblables à ceux utilisés ici au début du siècle. La dame sort de sa cuisine, toute émue, séchant une larme avec son tablier … « Mais où avez appris un SI BEAU FRANÇAIS ». Il s’en suit tout un échange sur nos « icite », « betôt », « ça l’air », « cosse t’en dit », « drette comme ça », … Elle retrouvait avec nous des mots et des expressions de « vieux français » qu’elle utilisait encore. On était loin de l’employée de l’auberge à Paris qui nous à fait répéter au moins 3 fois le numéro de notre chambre, la chambre no 10. « Dix » qu’on a répété … jusqu’à ce qu’on l’écrive … « Oh, « di » (ou quelque chose comme ça), il fallait le dire alors ». Eh oui! Ils ne font pas souvent d’effort ces Parisiens pour « interpréter » des mots ou des expressions prononcés avec un autre accent que le leur, « le bon français », le français, le vrai, celui de la noblesse et de la cour du roi.

Comment se fait-il que les enfants nés au Quebec, dont les parents sont issus de pays de la francophonie comme l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Cameroun, le Liban, Haiti, la Belgique, etc, parlent un français impeccable? (Ils vont pourtant, pour la plupart, dans les mêmes écoles que les québécois pure laine. Tous ne sont pas a Stan. ou a Marie de F..)
Parce que leurs parents ont appris un français impeccable et que chez eux, on parle un français impeccable. Ce qui ne les empêche de regarder la télé en faisant la part des choses.

Comment se fait-il que les enfants québécois de souche ne se sentent pas concernés par un français parlé impeccable?
Parce qu’au Québec, on peut faire beaucoup d’argent et avoir une entreprise florissante, un métier lucratif, un salaire rémunérateur, une reconnaissance sociale tout en parlant très mal. Donc le modèle du français parlé impeccable ne rapporte rien. Aucune raison de s’encombrer avec.

Comment se fait-il qu’un article comme celui-ci, complètement orienté, extrêmement mal argumenté, soit publié?
Parce que les journalistes en place et à venir sont incapables d’utiliser un français impeccable et qu’ils veulent justifier leur médiocrité en poussant la population à un lâcher-prise très tendance pour le 375e en flattant la fierté d’appartenance à une vraie nation qui s’est bâtie seule et ne devant rien à personne en ne parlant pas le français de France.

Comme je n’ai pas été entendu, VOICI UN EXTRAIT D’UN TRÈS BEL ARTICLE SUR LE BEAU PARLER FRANÇAIS AU CANADA :
« Ouvrons maintenant quelques vieilles grammaires françaises et voyons si réellement nos habitants parlent comme on parlait à la cour de Louis XIV.
Lorsqu’un bon Canadien de nos campagnes dit : c’est difficile à crère ; il fait fret aujourd’hui ; le chemin est étret ici ; il ne peut pas marcher dret ; j’ai failli me nèyer ; il faut netèyer cela ; que le bon Dieu soè béni ; toè et moè, on s’imagine qu’il parle horriblement mal. C’est ce que l’on appelle par dérision du canayen. Pourtant, cet habitant s’exprime absolument comme s’exprimaient ceux qui, au commencement du XVIIe siècle, se piquaient de parler le beau langage » (À LA COUR DU ROI SOLEIL) ET VOICI LE LIEN POUR L’ARTICLE AU COMPLET :
http://www.books.fr/les-quebecois-nont-pas-daccent/

Le français est une langue vivante et les québécois en ont fait une langue morte en la gelant. Ce n’est pas parce qu’on parlait comme ça en France, et par extension dans toutes les colonies françaises au XVIIe que c’est bien de parler comme ça au XXIe. Dans ce cas là, pourquoi les anglophones québécois ne parlent-ils pas l’anglais du XVIIe?
Ou alors faisons comme les haïtiens, d’autres antillais, les réunionnais, et reconnaissons le québécois parlé comme étant du créole.
Ça me rappelle un journaliste québécois, Pierre Vallières pour ne pas le nommer, qui a qualifié les québécois de nègres blancs d’Amérique.

On a jamais pensé ( vous non plus ) que le québécois était peut être une langue à part? Comme le corse n’est pas de l’italien et je pourrais multiplier les exemples. On s’est contenté de le ridiculiser en l’appelant joual…

Ben wèyon don, ouère si on parle mal icitte. C’est un fait qu’on est très coloré du point de vue langage dans la francophonie canadienne. Chaque région peut s’enorgueillir d’avoir ses propres patois et expressions locales. Mais ça ne veut pas nécessairement dire que c’est mal parlé. Pour ma part ce qui m’agace royalement ce sont les anglicismes d’outre Atlantique. On en a suffisamment sans ajouter ceux de nos chers cousins qui nous en apportent en quantité mais pas en qualité. Prenons l’exemple suivant; j’ai reçu un mail de mon pote pour aller faire du shopping pour des baskets et un pull. Ouach!! Ne trouvez-vous pas que notre version est pas mal meilleure; j’ai reçu un courriel de mon ami qui désire aller magasiner pour des souliers de sports et un gilet ou chandail. Il me semble qu’entre les deux versions le nôtre est plus française, ne trouvez-vous pas?? On dit souvent que l’utilisation du français est en diminution ici et qu’on y introduit de plus en plus anglicismes. Le pire dans tout çà c’est que beaucoup nous viennent de la France…

Un oubli important de la part de l’auteure de cet article est que ce n’est pas parce que l’anglais est si répandu qu’il est populaire, mais bien parce qu’il est le langage de l’argent, de l’internet, de la musique etc.Il domine partout depuis la fin de la deuxième guerre mondiale parce que les américains avec leur puissance et leur argent ont pris le marché mondial du divertissement (cinéma, musique etc.) Des langues disparaissent tous les jours ,est-ce un signe positif de la diversité culturelle? Il ne s’agit pas de condamner week end (quoique je préfère fin de semaine qui est plus joli et plus original) mais de condamner l’appauvrissement du vocabulaire qui affaiblit la capacité d’exprimer une pensée plus complexe .19% d’analphabètes au Québec et 49% d’analphabètes fonctionnels ,ça va beaucoup plus loin que la notion de parler bien ou mal. La langue française, comme d’autres langues est une langue riche et complexe, c’est la langue de la poésie et de l’amour, pourquoi ne pas lui rendre hommage en acceptant bien sûr certaines nouveautés mais en continuant de la défendre. il est vrai que pour défendre une langue ou autre chose il faut avoir des convictions t non pas seulement se laisser porter parce qui est à la mode u le plus facile .

Tiens…pour vous convaincre de la médiocrité de notre niveau de langage ou d’écriture, allez écouter les radios « parlées » et/ou allez lire les commentaires de gens « ordinaires »sur les articles de journaux.

Et la plupart se prétendent grands défenseurs de la langue française…en plus!

C’ est vrai que la plupart des animateurs de radio s’ expriment très mal en français et surtout utilisent sans compter des anglicismes et des phrases complètes en anglais pour faire moderne!!!

Je viens d’entendre Jasmin Roy à Médium Large dire qu’il s’en allait en France faire la promo de son livre « Esti de fif ».
C’est quoi le titre là-bas? « Pédé »

Je trouve qu’au Canada français, on mêle de plus en plus les genres…il n’est pas rare d’entendre « toute le monde » « toutes les magasins » etc.
Les animateurs de radio et télévision devraient s’efforcer davantage à utiliser un français correcte. Tant qu’aux anglisicmes, l’endroit par excellence pour en apprendre est bien en France…
Vive la langue française et son évolution…

Je crois qu’il y a une différence fondamentale entre la langue parlée et la langue écrite. Parler avec un accent, parler en utilisant des expressions particulières, qu’on n’emploierait pas à l’écrit, c’est une chose. C’est lorsque la langue parlée influence la langue écrite que ça devient problématique. Lorsque les règles de grammaire et l’orthographe en pâtissent, il faut remettre en question les standards d’enseignement, qui, effectivement, semblent être nivelés par le bas. Cependant, cette situation n’est pas du tout limitée au français. Le nombre de fautes « auditives » que certains anglophones font donne lieu à de nombreuses publications et quiproquos assez drôles (la confusion de certains entre le mot « colon » et « cologne » est particulièrement hilarante).

Je peux m’exprimer dans plusieurs niveaux de français parlé sans que mon français écrit ne se détériore. Et oui, je suis très consciente que je fais partie des gens privilégiés à qui une éducation impeccable (et une mère traductrice) ont permis d’acquérir cette facilité linguistique. Pourtant, je fais des fautes au jour le jour. Tu veux-tu qu’on en parle? Mais cette langue, cette langue qui ne respecte pas les règles très sévères du français standard, elle fait partie de mon enfance, de ma culture, de moi. Ce n’est pas parce que je dis « À soir » au lieu de « Ce soir » que je condamne le français à mourir de sa belle mort.

Et oui, lorsque je parle à ma grand-mère, je ne lui parle pas de la même façon qu’à mon patron. La beauté d’une langue, c’est sa capacité d’adaptation. On crie à tous vents que le français est d’une rigidité exaspérante. À l’écrit, c’est assez vrai, mais à l’oral, beaucoup moins. On a tort également de confiner ce problème au français : demandez à un Américain du Texas de communiquer avec un Écossais de la région du Fyfe, de niveaux d’éducation similaires. S’ils communiquent par écrit, à quelques différents ortographiques près, ils se comprendront sans problème. À l’oral, ce serait une autre histoire.

Le réel problème, dans les commentaires de cet article, est ce mépris des niveaux de langues considérés « plus bas ». Nombre de commentateurs trouvent déplorable que les jeunes ne parlent pas un bon français, ou que certaines personnes parlent surtout un seul niveau de langue, longtemps associé au peuple peu éduqué et ouvrier. Ça me rappelle le « tollé » qu’il y avait eu peu après la sortie de l’excellent « Mommy », de Xavier Dolan. Un article du Devoir avait déploré que ce patois se retrouve mis de l’avant à l’international, alors que la langue québécoise peut être tellement plus pure, tellement plus « française » que ça. Pourtant, on ne fait pas autant de cas du verlan, du moins, pas ici. On accepte le verlan comme étant un argot, une langue à part, qui s’est intégrée au quotidien de (si vous voulez mon avis, trop) nombreux Français.

C’est comme si nous, les Québécois, avions peur de notre langue! Les Américains, les Britanniques, pour ne nommer qu’eux, n’ont pas cette même gêne par rapport à leurs différents niveaux de langue. On ne remet pas en question la valeur artistique d’une oeuvre britannique parce qu’elle propose une variété d’accents de tous accabits.

Mais dès qu’un Québécois bien éduqué, bien connu, qui fait partie d’une élite artistique exclusive ose proposer une oeuvre de très haut niveau en employant un niveau de langage qui ne soit pas compris par tous les gens qui parlent français sur cette planète, c’est la crise. « De telles oeuvres renvoient une mauvaise image du Québec! » crie-t-on. Pourtant, quand j’ai lu du Michel Tremblay au secondaire, on encensait l’auteur pour son appropriation de cette langue chantante tout droit sortie des quartiers pauvres d’un Montréal presque oublié. Le geste de Michel Tremblay est perçu comme réactionnaire, radical; celui de Xavier Dolan, comme arriéré, peu importe ce qu’en aient pensé festivals et jurys.

On associe, à tort, le niveau de langage avec l’intelligence. C’est un vision, hélas, bien colonialiste du français. Il faudrait qu’on cesse d’aspirer à être plus Français de Paris et aspirer à conserver cette langue belle, avec des mots superbes, qui cache des trésors d’une richesse infinie : cette langue de chez nous. Oui, souhaitons que l’enseignement du français perdure, que sa qualité écrite ne diminue pas. C’est toutefois se voiler la face, comme on dit, que de penser que notre langue, comme toutes les autres, n’est pas condamnée à évoluer. Protégeons-la, mais pas au point de la rendre inaccessible à coup de justifications fallacieuses et élitistes. Longue vie au français québécois!

Est-ce que les Américains parlent mal l’anglais? Est-ce que les Mexicains parlent mal l’espagnol? Est-ce que les Brésiliens parlent mal le portugais? Ni les Anglais, ni les Espagnols, ni les Portugais sont portés à critiquer ouvertement la langue des autres, puisque ces pays du nouveau monde qui ont acceptés leur langue ont des populations de 6 fois, 3 fois (9 fois si on y rajoute les autre pays qui parlent espagnol) et 20 fois plus grande que leur pays d’origine. Le Québec ne représente que 12% de la population de France. Est-ce que cela veut dire que nous parlons mal puisque nous ne parlons pas comme les Français? Certes, il y a des améliorations à faire pour mieux parler et maitriser notre langue, mais ça s’applique autant pour les Français.

Trouvez pas ça bizarre vous de voir des gens défendre le « mal parler français » qui dérive directement du nivellement par le bas si caractéristique au Québec???

Moi si.

La question posée sur la langue des Québécois est intéressante mais il y a quelque chose d’autre dans le fait de bien parler ou non. Paradoxalement, le Québec est une société très égalitaire, mais au plan de la langue il y a d’énormes différences dans la langue selon les niveaux sociaux. Les visiteurs étrangers sont souvent frappés par cet écart, combien de fois nous dit-on que l’on comprend très bien les gens à l’université mais pas dans la rue.

Ici, les animateurs de télé et de radio parlent souvent une langue différente sur les ondes et à la maison, soignant la première et pas la seconde. Un américain du Texas qui va vivre à Washington va changer son accent, mais il ne reviendra pas à l’ancien par la suite. Ici, plusieurs vivent très bien avec les deux niveaux de langage entre lesquels ils oscillent. De plus, parfois certains politiciens se font une joie de parler un langage très populaire, considérant qu’il ne faut pas donner l’impression de s’éloigner du peuple.

Les films québécois s’adressent aux gens cultivés mais parlent un français québécois très populaire, plein de jurons et anglicisé, qui n’est pas parlé par la plupart de ceux qui les écoutent. Par exemple les films de Xavier Dolan, moi je ne connais personne qui parle comme ça, même les ouvriers qui font des travaux à la maison s’expriment plus correctement que ses personnages. À mon avis les gens qui ont ce type de langage à la maison préfèrent les films américains. Les Pierrafeu parlaient un langage extrêmement typé, populaire de style années 50, alors que dans aucun autre pays on n’avait donné aux personnages ce genre de langage archaïque. Allez savoir pourquoi.

Je suis d’accord avec vous sur vos commentaires sur les terminologues ont une vision particulière qui est parfois un peu rigide. Elle est liée à une bonne connaissance de la langue française mais un peu rigide et une culture parfois limitée. En gestion, on distingue l’efficacité (atteindre les résultats désirés) de l’efficience (préoccupation pour les moyens), mais les linguistes refusent le deuxième mot. Hydro Québec nous invite à l’efficacité énergétique alors qu’ils traitent d’efficience. Au Québec, on a un vérificateur général plutôt qu’un auditeur, grâce à nos linguistes rigides, même si le concept d’auditeur est né en France de gens qui allaient écouter un rapport verbal sur la gestion. C’est juste que nos linguistes ne le savent pas. Tout mot s’apparentant à l’anglais doit être rejeté, même si à l’origine l’anglais l’a calqué du français. C’est sans issue. Il existe toujours ce rejet par certains milieux du français des méchants français, comme si le traumatisme de 1759 ne pouvait pas s’effacer. C’est la perspective psychanalytique des Québécois qui autrefois s’appelaient Canadiens pour se différencier des Français, nobles et les officiers qui soupaient avec les Anglais durant la bataille de Québec le soir après les bombardements, et qui sont repartis en France après la conquête, ce que certains ici ne leur ont jamais pardonné. Au fond, le problème est plus profond que juste la langue.