OSM: une salle presque parfaite!

Avec sa nouvelle salle, l’Orchestre symphonique de Montréal se paie un auditorium de classe mondiale. Il a fallu plus de cinq ans à ses concepteurs pour en faire un joyau. Car l’acoustique est un art !

OSM : une salle presque parfaite !
Photo : C. Blais

 

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1. TROIS PARTIES ET DES COUSSINS

L’Adresse symphonique est formée de trois structures distinctes. La partie centrale, où est logé l’auditorium, flotte sur son propre nuage : elle est appuyée sur environ 175 coussins acoustiques, qui absorbent les vibrations provenant du stationnement souterrain, du métro et de la circulation extérieure. Un espace de 50 mm la sépare de la tour nord et de la tour sud. Ainsi, les légers déplacements causés par les vibrations se font sans friction.

2. PLUS INTIME

À l’ère de la haute définition et des écrans géants, le public aime se sentir au cœur de l’action. Avec ses 25 000 m2 et ses 1 900 à 2 100 places (200, réservées aux choristes, à l’arrière de la scène, seront vendues lorsque l’orches­tre ne sera pas accompagné de chœurs), la nouvelle salle est plus intime que ne l’est la salle Wilfrid-Pelletier, de la Place des Arts. Même pour les spectateurs à l’arrière, le son aura de l’impact. « Pour moi, 2 100 personnes, c’est la limite, dit Tateo Nakajima. Au-delà de ça, on commence à prendre des risques avec la qualité du son. »

3. PAS DE GASPILLAGE

Dans la salle Wilfrid-Pelletier, une partie du son se perd dans la très grande arrière-scène, qui sert à entreposer les décors des opéras, notamment. L’OSM devait descendre des murs temporaires derrière les musiciens pour faire rebondir les ondes sonores vers les spectateurs. Dans la nouvelle salle, la scène est étroitement bordée par des murs permanents, qui forment une conque acoustique parfaitement étanche.

4. LE SON À 360°

Les murs sont couverts de lambris de hêtre provenant d’une forêt de l’Outaouais. Le bois n’est pas poli uniformément. Les ondes sonores de haute fréquence qui viennent frapper cette surface irrégulière éclatent dans toutes les directions, pour envelopper le spectateur. Plusieurs autres éléments de diffusion du son sont intégrés dans la salle. Des colonnes placées à l’arrière de la scène diffusent les ondes de basse fréquence. Les frises de céramique au relief accidenté qui décorent les murs servent aussi à diffuser les ondes de fréquences intermédiaires.

5. RIDEAU !

Durant les répétitions, les murs peuvent être couverts de toiles de velours, qui retiennent une partie du son. On simule ainsi la présence de spectateurs, car le corps humain, comme le velours, absorbe les vibrations sonores.

6. BEETHOVEN OU MAHLER ?

Neuf réflecteurs acoustiques installés au-dessus de la scène et des premières rangées montent, descendent ou s’inclinent grâce à un système de poulies, pour créer différents environnements acoustiques. En optimisant leur configuration avant chaque pièce, on fait honneur autant à une sonate de Beethoven – composée à l’origine pour être jouée dans un salon privé de 30 spectateurs – qu’à une symphonie de Mahler interprétée sur scène par 100 musiciens.

7. EN DOUCEUR

L’inclinaison du parterre est très douce. Une pente trop brusque ferait obstacle aux ondes sonores.

8. AIR SILENCE

Le socle de chaque fauteuil est percé de trous, par lesquels on pousse l’air climatisé ou chauffé, à une vitesse si lente que les spectateurs ne sentent même pas un souffle sur leurs chevilles. On évite ainsi tout sifflement causé par le frottement de l’air sur le métal des fauteuils.

9. NI VU NI ENTENDU

En entrant dans la salle, il faut passer deux portes. Le sas entre les deux permet d’éviter que de la lumière ou des bruits provenant des foyers n’atteignent l’auditorium lorsqu’on ouvre pour laisser entrer un retardataire.

10. LES MEILLEURS SIÈGES EN VILLE

La mousse qui recouvre les fauteuils est plutôt dense, car les coussins très moelleux ont tendance à absorber les ondes sonores. « Ça reste très confortable, on ne veut pas que les gens souffrent pour l’art », rigole Tateo Nakajima. Le mécanisme est ultrasilencieux. Si un spectateur se lève en plein milieu du spectacle, le siège se rabat contre le dossier sans faire de bruit.

11. DEUX TOITURES, C’EST MIEUX

L’auditorium est couvert de deux toitures de béton indépendantes, séparées d’environ cinq centimètres. Si un avion passe au-dessus de la salle durant un concert, les vibrations se perdent dans la masse d’air qui les sépare.

12. TRIPLE ÉPAISSEUR

La grande paroi vitrée qui donne sur la rue Saint-Urbain, et qui permet aux passants d’observer les spectateurs qui discutent dans les foyers durant l’entracte, est équipée d’un verre de triple épaisseur pour neutraliser les bruits de l’extérieur.