Où il y a du heavy metal, il y a de la richesse

Selon une étude, le nombre de formations heavy metal par habitant est positivement lié, entre autres, à la production économique, à l’esprit d’entreprise, à la diplomation universitaire, au bien-être et au niveau de satisfaction dans la vie.

Photo: Paul Bergen/Redferns
Photo: Paul Bergen/Redferns

FouineurLa popularité du heavy metal serait liée à la prospérité économique, si l’on en croit une étude menée par Richard Florida, géographe et professeur à l’Université de Toronto.

Partant de la prémisse que la popularité d’un style de musique est influencée par le contexte social dans lequel la musique est créée, le chercheur a voulu établir le lien entre l’origine du heavy metal et une série de facteurs économiques et sociaux.

Le résultat est plus que discordant. Alors que le genre musical a pris son envol dans les années 1970 au sein des classes populaires, dans des lieux économiquement dévastés et désindustrialisés, tels que Birmingham, en Angleterre, le heavy metal se serait embourgeoisé depuis 40 ans.

En créant une carte mondiale répertoriant le nombre de groupes heavy metal par tranche de 100 000 habitants, Richard Florida a découvert qu’ils se concentrent largement dans les pays scandinaves (Norvège, Suède et Finlande), où la réputation n’est plus à faire en matière de richesse et de qualité de vie.

Il conclut que, à l’échelle des pays, le nombre de formations heavy metal par habitant est positivement lié à la production économique par habitant ; à la créativité ; à l’esprit d’entreprise ; à la diplomation universitaire ; au développement humain ; au bien-être et au niveau de satisfaction dans la vie.

Selon sa collègue, la chercheuse suédoise Charlotta Mellander, l’appétence pour le heavy metal dans cette région nordique du monde n’est pas le fruit du hasard. Elle s’expliquerait par les formations obligatoires en musique (y compris le heavy metal) qu’ont instauré les autorités des pays scandinaves dans leurs écoles.

Pour le géographe, il est tout à fait logique que le heavy metal, qu’on associe d’ordinaire à l’aliénation et au désespoir, soit en fait lié à la prospérité : «Alors que les nouvelles formes de musique sont créées par des groupes défavorisés, mécontents ou marginalisés, ce sont les sociétés les plus avancées et les plus prospères qui possèdent les entreprises médiatiques et de divertissement pour diffuser leur musique. Les jeunes consommateurs riches ont aussi le temps de les acheter.»