Pierre Lapointe seul au piano : bande de chanceux !

Un album sans artifice où les paroles sont reines et l’interprétation, souveraine.

PIERRE_LAPOINTE-6518_finalePierre Lapointe seul au piano : 15 chansons, aucune à jeter. Vous direz : c’est normal, elles ont du vécu, depuis le temps qu’il les traîne ! Vrai, elles sont passées par tous les traitements : petits ensembles, orchestre symphonique, bidouillage électronique et quoi encore. Mais c’est là, flambant nues, que l’on constate à quel point Lapointe écrit comme peu savent le faire, qu’il dit des choses graves et mûres, que ce soit sur un ton surréaliste ou intime. Et qu’il sait chanter en y mettant du théâtre et du sentiment, et ce phrasé si particulier, qui peut en agacer, mais qui révèle sa vulnérabilité. Sur l’album, parmi de très connus, trois titres, plus rares, qu’on ne veut pas lâcher : «L’amour solaire», «Maman» et  «Moi, Elsie», chanson que Richard Desjardins et lui ont écrite pour Elisapie Isaac.

Ce cadeau piano-voix me rappelle « le p’tit cul arrogant aux pieds nus » [un personnage de scène, voyons] découvert, en 2002 ou 2003 en plein air à Québec, qui m’avait fait alternativement pouffer de rire et monter les larmes aux yeux avec son bagage de chansons lancées devant un public arrivé là par hasard et qu’il avait scotché, voire hébété, en tout cas gagné.

La tonalité générale du disque est plus introspective que guillerette. Mais pour l’humour, comptez sur le livret dans lequel « le Martin Matte de la chanson » écrit : « Merci à tous ceux qui se sont déplacés pour venir aux spectacles dans la superbe Chapelle du Bon-Pasteur ; à défaut de me toucher, vous avez pu me regarder et m’écouter. Vous m’avez aimé, je l’ai senti et je vous en remercie. À tous ceux qui ont acheté ce disque ; à défaut d’assister à ma prestation sublime en direct, vous pourrez maintenant l’apprécier en différé. Bonne écoute, bande de chanceux ! Pierre Le Grand. »

• De retour de France cette semaine, Lapointe reprend sa tournée Seul au piano dans plusieurs salles du Québec et de l’Ontario.

Pierre Lapointe pour Télérama en 2008 :


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De toutes les façons inimaginables, Pierre suscitera toujours tout notre intérêt, plus on l’écoute, plus on en veut..on ne se lasse jamais. Unique, exceptionnelle,tout ce qu’il fait, est une douce mélodie pour nous ! Très bel article en passant !
Karine

Touchant…émouvant…Pierre Lapointe est de cette catégorie des « Grands » tel que Barbara en France.

Eh bien ! Je découvre, avec délice ! J’avoue que je connaissais peu cet artiste mais prendre le temps d’écouter ses paroles, sa poésie, ça vaut le coup ! Je serai désormais à l’affût de ses productions. Et en plus, c’est en français ! Dieu sait que c’est important et qu’on en a besoin. On est tellement inondé d’anglais !
Ce serait intéressant qu’il y ait également un article sur Luc DeLarochellière, c’est aussi un artiste de grand talent.
Merci pour l’article et les chansons en prime !