POÉSIE / Gaston Miron si bien rapaillé

Dites, quel parolier peut s’approcher de ça : « Chaque jour je m’enfonce dans ton corps / Et le soleil vient bruire dans mes veines / Mes bras enlacent ta nudité sans rivages / Où je déferle pareil à l’espace sans bords » (« Amour sauvage, amour », chanté par Yann Perreau) ?

Ou encore de ça : « Avec l’alcool des chaleurs nouvelles / La peau s’écarquille et tu me rends bric-à-brac / Bric-à-brac sur mon air sauvage et fou braque / Dans tous les coins et recoins de moi-même / J’ai mille animaux et plantes par la tête / Mon sang dans l’air remue comme une haleine » (« La corneille », chantée par Michel Faubert) ?

hommes-rap

Gaston Miron (1928-1996) écrit tellement bien l’amour qu’il donne envie de le faire tout de suite. Il chante aussi les luttes, les camarades, la mort (« Tu meurs à petites lampées sous les semelles » – c’est si beau qu’on en reste les yeux écarquillés).

Gaston Miron ça se chante tout seul, sa poésie est pleine de notes, mais quand Gilles Bélanger y ajoute ses musiques, paroles et sons tout d’un coup s’emmêlent comme les jambes des amants.

Sorti fin août, l’album Douze hommes rapaillés, volume 2 n’a pas encore divorcé de mon lecteur. Je repasse sans me lasser Martin Léon (« Avec toi »), Daniel Lavoie («Soir tourmente / Le vieil Ossian ») et Louis-Jean Cormier (« Au long de tes hanches »), réalisateur de l’album. Arrangements superbes.


https://www.youtube.com/watch?v=aO3GlMAmg4o

Laisser un commentaire

Touchant, de l’émotion à l’état pur, une merveille que ce 2e CD des 12 Hommes rapaillés. Merci à Gilles Bélanger et à Louis-Jean Cormier de nous avoir fait ce cadeau. Et à tous les interprètes qui sont entrés dans le coeur de l’oeuvre de Gaston Miron. Moi non plus, cet album n’a pas encore divorcé de mon lecteur depuis trois semaines.D’ailleurs, je ne vois pas le jour où il le fera.