Preservation Hall Jazz Band : les sauveurs du jazz

Le Preservation Hall Jazz Band est un groupe qui sillonne le monde pour sauver de l’oubli le jazz traditionnel — un jazz des origines qu’il distille avec talent en reprenant des standards de l’époque, et aussi des compositions originales.

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Photo : Infrogmation of New Orleans/Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0

Entre passé colonial, ségrégation raciale et catastrophes naturelles, la musique a toujours servi de bouée de sauvetage à La Nouvelle-Orléans. Une ville fantasmée, berceau de la musique noire américaine, où on se bouscule pour flirter avec l’âme vibrante qui l’anime, le temps d’un concert improvisé entre les fantômes de Louis Armstrong, Buddy Bolden ou Jelly Roll Morton.

Originaire de cette ville et de passage au Québec, le Preservation Hall Jazz Band est l’un de ses emblèmes. Le groupe sillonne le monde depuis longtemps pour sauver le jazz traditionnel de l’oubli, un jazz des origines qu’il distille avec talent en reprenant des standards de l’époque, et aussi des compositions originales.

Le charme opère vite, grâce à ses concerts contagieux en intensité et en bonne humeur. Trompettes et trombones ravageurs, tubas, batterie habitée et fortes doses de swing dictent le tempo à un public ravi, qui, très vite, ne tient plus en place. Une belle débauche d’énergie, parsemée de vocalises du mentor Charlie Gabriel, un trésor de charisme, s’époumonant délicieusement de sa voix rauque. Comme d’autres anciens avant lui, ce clarinettiste, saxophoniste et chanteur transmet son expérience aux jeunes pousses de l’équipe.

Car évidemment, en 54 ans d’histoire, la configuration du groupe a évolué, mais jamais sa conception de la transmission. Ben Jaffe, par exemple, le meneur actuel et joueur de sousaphone, n’est autre que le fils d’Allan et Sandra Jaffe, fondateurs du Preservation Hall, lieu de spectacle où le groupe est né.

Dans cet édifice colonial du Vieux Carré français, on célèbre le jazz classique depuis 1961. Ici se pressent puristes et curieux du monde entier, musiciens de légende et anonymes, à la recherche des frissons et des bouts d’histoire qui hantent encore les murs défraîchis et la scène exiguë. Mais peu importe le décor, la magie est ailleurs. Et elle sera bientôt à Montréal.

(2 avril, au Théâtre Maisonneuve)

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