PROFIL / La recette de Laurence Hélie

Elle ressemble à votre voisine de palier, timide mais piquante sous sa frange blonde, qui vient vous emprunter une épice et s’attarde sur le pas de la porte. Elle vous parle de son pulled pork, spécialité du sud des États-Unis à base de viande de porc effilée, et de son gâteau au whisky, qui a rendu ses amis pompettes.

Laurence Hélie adore cuisiner, mais sa passion principale demeure la chanson.

Au printemps dernier, à 29 ans, elle lançait un album country-folk à savourer au coin du feu. Au menu : 11 miniatures qui parlent d’amour, bien sûr, de confiance à acquérir, de déracinement. Pour les paroles, elle a requis le talent de Frédérick Baron ou de Martine Coupal, ne s’autorisant que deux textes pour le moment, mais composant toutes les musiques. Sa voix printanière fait le reste.

Enregistré en trois jours, sans artifice synthétique, l’album, qu’elle a coproduit avec son conjoint (Pascal Desjardins, technicien du son), accroche l’oreille et séduit la presse. À telle enseigne qu’une tournée se profile. Mais elle reste calme.

« J’ai vécu cinq ans avec un musicien de groupe qui avait du mal à percer. Je trouvais qu’il n’était pas raisonnable d’être deux à ne pas gagner notre vie. » Alors, elle a étudié la technique du son pour s’assurer d’un métier, puis a changé de copain et rallumé son rêve. Elle apprécie son emploi actuel — coordonnatrice des horaires des comédiens pour une entreprise de doublage cinématographique —, mais si la chanson devenait assez généreuse, elle le mettrait volontiers en veilleuse.

Laurence, qui depuis toujours baigne dans la culture américaine, a choisi le français pour son entrée en musique. « Je voulais chanter dans une langue que comprendraient mes parents. » Papa joue de la guitare en amateur, maman fredonne en faisant l’épicerie, petite sœur Éva, championne d’escalade, est choriste sur le disque. À Saint-Isidore, en Beauce, on n’est pas peu fiers de la fille qui chantait le midi à la polyvalente. La caisse populaire lui a envoyé un bouquet de fleurs pour lui souhaiter bonne chance.

L’artiste dit écrire ses chansons en marchant dans la rue, les enregistrant sur son téléphone portable. Elle habite le Mile End avec son amoureux, ses chats et ses livres de cuisine. Sur scène, elle manie la guitare et l’humour, soigne ses chansons comme des petits plats.

Le jour de notre rencontre, elle comptait préparer un souper mexicain, avec beaucoup de coriandre. « Mon chum est content, on mange rarement deux fois la même chose. » Laurence Hélie a de l’appétit, elle devrait aller loin…

En programme double avec Zaz au Coup de cœur francophone, Club Soda, à Montréal, le 5 nov., 514 790-1245 ;
Salle Sylvain-Lelièvre du cégep Limoilou,
en première partie de Tricot Machine, le 6 nov., 418 614-8722 ; Espace historique et culturel de Saint-André (-d’Argenteuil), le 11 nov., 450 537-2081 ;
Boquébière, à Sherbrooke, le 20 nov., (819) 565-5656.

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Encore un très bel article signé André Ducharme. On a le goût de la connaître davantage et d’être reçu à souper!!! Du très bon boulot!