PROFIL / Sébastien Ricard : acteur et plus

Sébastien Ricard — 38 ans, père de famille — tient à la fois de la bourrasque et de l’oiseau. C’est dire la palette de son jeu : il passe comme une lettre à la poste du classique (La dame aux camélias) au populaire (Les hauts et les bas de Sophie Paquin), voire au culte (Dédé à travers les brumes, film pour lequel il a reçu le Jutra 2010 de la meilleure interprétation — il incarnait André Fortin, âme pensante des Colocs). Voix modulable, diction sculptant chaque mot, corps en méandres ; de la présence, de la noblesse ; bref, paré pour les grands rôles.

Sebastien-Ricard


Photo : Jocelyn Michel

« Voir des gens parler entre eux sur une scène, c’est puissant et révolutionnaire. » Travailler un personnage auprès de Brigitte Haentjens équivaut à apprendre le métier de charpentier chez Joseph. « Elle crée la clarté, utilise ses collaborateurs comme des éléments créatifs. »

Depuis quelques années, la metteure en scène offre au comédien des expériences singulières qui comblent son désir d’exploration. Après Vivre, qui nous emmenait chez Virginia Woolf, et Woyzeck, de Georg Büchner, le voici, soliste halluciné, dans La nuit juste avant les forêts, de Bernard-Marie Koltès (1948-1989), l’auteur français contemporain le plus joué dans le monde. Haentjens revisite pour la deuxième fois ce texte complexe et vivant, qu’elle a monté, en 1999, avec un James Hyndman époustouflant.

La pièce. La nuit, sous la pluie, un homme cherche « quelqu’un qui soit comme un ange au milieu de ce bordel ». Un monologue sur la solitude, l’exclusion, la quête de soi, la fraternité, constellé de phrases fortes : « Qu’est-ce qu’on connaît de quelqu’un si on ne sait pas comment il respire après avoir baisé ? » Le texte sans points, telle une seule phrase de 63 pages, avance comme un train. « Au début, je me disais que ce serait déjà une fascination pour le spectateur de voir un acteur métaboliser pareil morceau. Mais bien sûr, les mots ne valent rien si on ne vibre pas dedans. »

Sébastien Ricard fait l’acteur, mais il a d’autres jouets dans son coffre : la musique, entre autres. Par amour pour la langue française et par engagement pour un Québec souverain, lui, Batlam, fonde avec Biz (Sébastien Fréchette) Loco Locass, en 1995, auquel se joindra Chafiik (Marc Tremblay). Après Manifestif, en 2000, et Amour oral, en 2005, un troisième album s’annonce enfin. Plusieurs titres déjà prêts : « Les géants », « La trahison des marchands », « Le but ». Et toujours la conscience à vif : « À presque 40 ans, on continue de parler haut et fort, de prendre position, de rester vigilant pour ne pas être l’objet des tendances et des manigances. » Un Ricard, sinon rien !

>> La nuit juste avant les forêts, au 661, rue Rose-de-Lima, à Montréal, du 16 nov. au 4 déc., 514 845-7277.

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Le Québec a la chance incroyable d’être pourvu d’acteurs hors pairs qui se méritent la reconnaissance internationale. La justesse de leur jeu est époustouflante et dépasse fréquemment celle des acteurs américains. Je me questionne toujours sur comment se fait-il que si peu de films québécois soient nominés aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger. Un des acteurs qui ressort beaucoup dernièrement est bien et bien Sébastien Ricard. Il a 38 ans mais la jeunesse qui le caractérise le rajeunit d’une dizaine d’années. Artiste multidisciplinaire on l’a vu pour la première fois sur la scène artistique avec le groupe Hip-hop Loco Locass. La fougue poétique vertigineuse qu’il emploie à l’intérieur de ses chansons est contagieuse est inspire les jeunes à maîtriser et célébrer la langue française. Il est un symbole d’accomplissement tant au niveau personnel – pour être père de famille – qu’au niveau professionnel – pour ces compositions musicales et ses nombreux rôles au cinéma et au théâtre. Il incarne cette soif intellectuelle de se cultiver et d’aimer l’art. Au grand écran, il s’est mérité le Jutra de l’année 2010 pour avoir joué le défunt chanteur du groupe les Colocs, Dédé Fortin. Sa performance de l’auteur-compositeur québécois est absolument mémorable et lui rend hommage à tous les niveaux. Il est souvent difficile d’interpréter un icone de la musique au cinéma mais Sébastien a réussi le défi avec brio. Son dernier projet artistique est la pièce de théâtre intitulé La nuit avant les justes dans laquelle il joue le personnage d’un homme faisant un monologue d’une durée de 45 minutes! Lorsque j’ai appris cela je suis tombé en bas de ma chaise. Je n’aurais jamais pu concevoir qu’un comédien puisse être en mesure de mémoriser 68 pages de textes et de les réciter l’une après l’autre. Sébastien Ricard est un artiste sans pareil qui pour ses nombreux talents se mérite d’être connu. Il est sans l’équivoque l’une des fiertés artistique du Québec.

Il me fait plaisir de commenter cet artiste. Ricard, l’artiste aux mille talents, qui je crois devrait être reconnu comme acteur au niveau international. Son rôle, Dédé a travers les brumes, un rôle grandiose incarnant le succès Dédé Fortin. Une légende du cinéma québécois qui serait personnelleent donner naissance a une série québécoise a la télé durant une saison, quand qu’on voit par exemple,les rescapés. qui attire peu l’attention. Bravo pour cet artiste multidisciplinaire. Un fan de Sébastien, Renaud