PROFIL / Simon Olivier Fecteau a 14 ans !

Auteur, comédien, réalisateur — ne lui demande­z pas de choisir —, Simon Olivier Fecteau se réclame de « parents dont la fibre artistique [m]’a donné une pulsion mégalomane ». Pulsion qui lui tombe dessus, enfant, dès sa première caméra vidéo — une Fisher Price. Il dit avoir 35 ans, on en doute quand on le regarde. « Ce que je fais aujourd’hui ressemble à ce que je faisais à 14 ans : conter ce que j’ai dans la tête. » Et ça pétille là-haut.

Plutôt que d’entrer à l’option théâtre du collège Lionel-Groulx, il intègre, en 1999, les Chick’n Swell, groupe d’humour absurd­e au sein duquel il passe quelques années, dont trois à la télé : 43 émissions plus tard, il décroche. « Je ne me faisais plus rire. » Mais il continue de s’amuser en écrivant, interprétant, réalisant, montant, voire produisan­t, des courts métrages — qui se promènent dans le monde et remportent des prix —, un long, Bluff, et une série de webtélé, En audition avec Simon, l’un des succès de TOU.TV.

Photo : Jocelyn Michel
Photo : Jocelyn Michel

Le concept va tout seul : un comédien connu vient auditionner pour un rôle fictif devant un réalisateur (Fecteau), au bas mot maladroit. À ce jour, un million et demi de clics. Et une deuxième saison en ligne, avec Michel Côté, Rémy Girard, Jay Baruchel… Les capsules se jouent des travers qu’on prête aux invités (l’arrogance de Guy A. Lepage, par exemple). Au début, quelques commentaires du public : « T’es pas fin avec nos artistes, qui travaillent si fort ! » Mais il ne se ménage pas lui-même : regardez-le solliciter de l’amour à Laurence Lebœuf ou tourner autour de la peau d’Anne Dorval. « Les gens qui ne perçoivent pas la dérision ne constituent pas mon public cible. »

« J’aurais de la matière pour une troisièm­e saison, mais je me tâte. Car ce qui m’intéresse essentiellement, c’est d’écrire des films. » Il a plusieurs scénarios en route, un long métrage en attente de financement. « On m’appelle pour différents projets, que je refuse parce que je veux concrétiser les miens. La vie va vite, il ne faut pas trop attendre. Quand je fais des trucs pour l’argen­t, ça me laisse vide. » On n’enferme pas un albatros dans une cage à serin, fût-elle dorée.

« Longtemps, le fait d’exister m’a troublé. À 16 ans, c’était un vrai souci, je me demandai­s : à quoi sert la vie ? » L’angoissé souriant a pris sa première semaine de vacances à 28 ans. Il a fallu l’ablation de sa vésicule biliaire pour le contraindre à un mois de congé. « Je me sens en retard depui­s que j’ai 20 ans. J’ai l’impression que je pourrais être rendu plus loin que ça. Xavier Dolan m’épate. »

On ose à peine lui demander s’il entretient quelque passion en dehors de son travail. « La politique. Mais je ne m’y lancerai pas tout de suite ! »

En audition avec Simon, nouvelles capsules, jusqu’au 16 déc., TOU.TV.

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