Quand le cirque Céline Dion est à la maison

Céline Dion est de passage cette semaine à Montréal dans le cadre de sa tournée Courage. Et sa prestation a plus qu’impressionné Léa Stréliski. 

Photo : La Presse canadienne

Je suis allée voir la grande dame lundi au Centre Bell. Elle qui avait dû annuler ses shows dans sa terre natale début octobre, elle était bien là hier soir, debout et toute pailletée.

J’avais eu des billets un peu par hasard. J’avais vu sur Instagram, quand elle était à Détroit, que sa prochaine date était Montréal. Et là, sur mon petit banc de la STM, je me suis dit : « Tiens, voir Céline au Centre Bell, ça doit être quelque chose. » Je me suis donné comme mission d’avoir des billets. J’ai écrit à un ami qui connaît plus de monde que la mairesse et 24 heures plus tard, bizarrement, j’avais des billets. (Je ne vous dis pas qui me les a donnés. Je ne suis pas bête. Après, vous aussi vous allez aller creuser sous cet arbre.)

Je ne suis pas la plus grande fan de Céline au monde, mais je pense qu’il est impossible d’être québécois et d’ignorer Céline. Au même titre que tu ne peux pas ignorer les Canadiens de Montréal. Je suis née au Québec en 1982, j’ai entendu autant de chansons de Céline que j’ai entendu des mots comme « enclave », « il tire », « et c’est le but ». Ça fait juste partie de notre histoire et de notre paysage auditif. Que l’on aime ou pas.

Et hier soir, c’était carrément l’éclosion de ce paysage auquel on a assisté. Elle a chanté Ziggy. Elle a chanté Pour que tu m’aimes encore. Elle a chanté All by myself, elle a terminé sur Titanic… Je revivais toute ma vie. Je l’écoutais comme on écoute notre mère chanter. Elle est là depuis si longtemps. Elle est en nous sans qu’on le sache. Elle est le Québec comme la neige.

Et c’est pour ça que je voulais la voir. À Montréal. Céline est indéniablement une star planétaire et c’est bizarre qu’elle soit d’ici. C’est bizarre quand tu vois un truc bien de chez nous devenir populaire partout. Mais ça le rend d’autant plus impressionnant quand elle rentre. Et c’est ça que je voulais voir. Je voulais la voir comme j’aurais aimé être à la game quand Saku est revenu de son cancer. C’est ce genre de moment.

Céline était à la maison. Et on l’a senti. Elle était à la maison, pas juste parce qu’ici c’est chez elle (comme dirait le grand poète Karl d’Occupation double), mais parce qu’on sentait en la voyant tout son parcours et à quel point quand tu reviens où sont tes racines, tu prends conscience de tout ton arbre. Et son arbre est fleuri et majestueux et c’est 100 % sûr qu’il est plus grand que ce qu’elle n’aurait jamais imaginé.

Elle était intime. C’est ce que j’en ai retenu et c’est ce que je voulais voir. Je voulais la voir intime parce qu’elle a toujours un peu été une bête de cirque. Elle a été happée très jeune par le show-business et rapidement été « singifiée » par son talent. La machine était forte et son talent immense, profond. Ce qui l’attendait, c’était la gloire. Mais elle, là-dedans, la connaissait-on vraiment ? Se connaissait-elle ?

Maintenant, je crois que oui. En plus d’être en pleine, pleine possession de sa voix, on sent qu’elle s’est éloignée d’une machine et qu’elle s’amuse. Plus gamine, plus vraie (plus brillante, plus belle, pour une autre étincelle), plus incarnée que jamais, on sent qu’elle a tout vécu et qu’elle n’a plus rien à perdre. On sent qu’elle est debout devant nous, humblement, presque petite. Dénudée du flafla, juste là. Et c’est impressionnant.

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Merci pour ce bel article concernant mon idole, ou plutôt l’idole au-dessus de tout les autres. J’ai 56 ans, mon corps en a 76. Mon conjoint se bat contre deux cancer à la fois «il est solide ce gars là». Nous vivons depuis le mois de mai 2019 en CPA. Nous n’avons jamais eu la chance de voir et d’entendre mon idole Céline Dion en spectacle, mais je connais son parcours, et ses chansons presque par cœur, et oui, je l’avoue, fan inconditionnel, et je pardonnes haut la main, tout ses spectacles qu’elle a dû annuler à cause de problème concernant sa voix. Elle est en partie et fait partie de notre identité culturelle, et cela nous ne devons en aucun cas l’oubliée. Bisous à Céline, XOXOXO

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