Quatre filles, trois disques : du surréalisme ; de l’iode ; une toupinade

Klô Pelgag

Ben oui, elle s’appelle  Klô Pelgag (Chloé Pelletier-Gagnon pour ses parents), mais il s’agit de la seule faute de goût de ce « projet de chanson orchestrale à tendances surréalistes ». Car le mini-album, disponible le 17 avril, est délicieux.

Du piano, des guitares, beaucoup de cordes et même de la clarinette, et surtout une originalité d’écriture, inventive et fantaisiste : « J’ai croqué ta pomme/ Ta pomme d’Adam/ Et depuis je n’ai plus faim de corridor/ Autre que ton corps. » (« Comme des rames »). Les autres paroles puisent à la même poésie hirsute : «J’ai cassé mes jambes volontairement […]/ Je les ai gardées dans mon coffre à gants. » (Les maladies de cœur ») Là-dessus : mélodies agrippantes, solide ceinture de musiciens, autorité de l’interprétation.

Née à Rivière-Ouelle, lauréate de nombreux concours, l’auteure-compositrice-interprète dit vouloir faire de ses chansons « un paysage pour les aveugles ». On n’est pas loin du compte.

Pour soutenir le lancement de son disque de quatre titres, Klô chante au Lion d’Or, à Montréal, le 19 avril [dans le cadre de Vue sur la relève]. Et à la Chapelle du Quai, à Rivière-Ouelle, le 15 juillet. D’autres dates vont sûrement s’ajouter.

 

Les sœurs Boulay

Avec un patronyme comme Boulay, pas étonnant qu’elles viennent de Gaspésie ! Mélanie et Stéphanie se disent inspirées par Gillian Welsh, Richard Desjardins, Les sœurs McGarrigle ; admirent Philémon chante, Chloé Lacasse, Lisa LeBlanc… Bref, du beau monde. Au programme : une guitare, un ukulélé, un paquet d’iode, du vent dans la face et « le cœur qui vire dessour » ! Deux voix faites pour s’entendre, des chansons sans mal de crâne, aucune prétention de réinventer le mur mitoyen. Les soeurs Boulay chantent leur country-folk-pop comme d’autres sucrent leur café. Sur le mini-album, enregistré en direct à la Médiathèque Gaëtan Dostie et réalisé par Éric Goulet, j’aime beaucoup « Lola en confiture ».

Finalistes (avec Gazoline et Francis Faubert) des Francouvertes, Les sœurs Boulay tenteront becs et ongles de remporter la grande finale le 1er mai au Club Soda, à Montréal.

 

Marie-Chantal Toupin

Sur son  site Web, on lit que « Marie-Chantal Toupin se renouvèle une fois de plus » : si on peut applaudir la chanteuse de pratiquer avec tant de zèle les règles de la nouvelle orthographe (ici, simplification des consonnes doubles), on ne la complimentera pas pour son récent album, Onze grands succès à ma manière. D’abord, c’est quoi la manière Toupin ? Reprendre sans se fouler des chansons qui ont marché ? En quoi renouvèle-t-elle les pièces qu’elle a sélectionnées ? De « Je sais je sais », de Marjo, à « Encore et encore », de Laurence Jalbert, en passant par « Seigneur », de Kevin Parent, et « Si j’étais un homme », de Diane Tell, l’entreprise sent plus le marketing que le supplément d’âme.

La chanteuse et son agent nous menacent d’une suite. Merci de ne pas trop les encourager dans ce sens.

* * *

AUSSI :
Amylie

J’ai été incapable, en écoutant « Le royaume », d’Amylie, de faire abstraction de l’album « Le fil », de Camille, auquel il semble souvent se référer. Même sur le plan des titres, où « Ça fait beau (l) » et « Ça fait beau (ll) » sonnent comme un clin d’œil aux « Janine l, ll et lll » de la Française. Cela dit, vaut mieux se réclamer de Camille que de Kathleen, mettons (c’est le premier prénom qui m’est venu). Musicalement très ornementé, réalisé par Antoine Gratton (aux piano, basses, contrebasses, guitares, tambourine, claps et pieds), l’album, fleuri, se laisse agréablement écouter, à commencer par « Les filles » (voir le clip : risques de dépendance). Sur scène, Le royaume trouvera sans doute son identité et révélera mieux la personnalité d’Amylie.

Laisser un commentaire