Quoi lire cet automne ?

La rentrée littéraire de l’automne est diversifiée et éclatée. Pour ne rien rater, voici une quinzaine de titres à surveiller.

septembre

Faire les sucres
par Fanny Britt

La dramaturge et autrice revient sur les relations amoureuses, cette fois-ci dans un roman choral qui exploite habilement l’effondrement du couple formé par Adam, un chef vedette, et Marion, une dentiste empathique. Quand un accident éclabousse psychologiquement Adam, les valeurs du couple volent en éclats. Les privilèges, les valeurs, dévoilés à travers la lorgnette de l’autrice, nous forcent à repenser nos positions personnelles. (Cheval d’août, 344 p.)

octobre

Pleurer au fond des mascottes
par Simon Boulerice

Pour sa collection III, Québec Amérique demande à des auteurs d’ici de nous raconter trois récits inventés (ou pas). De belles plumes, comme Léa Clermont-Dion et Marc Séguin, ont tenté l’aventure dans les dernières années ; cet automne, c’est Simon Boulerice qui s’y met, et le résultat a bien des chances de vous plaire. On y croise un Simon enfant, mais aussi un Simon ado puis jeune adulte qui devient comédien en théâtre jeunesse. Sa voix perce, claire et chantante. Un beau moment de lecture. (Québec Amérique, 192 p.)

septembre

Aliss
par Jeik Dion et Patrick Senécal

Pour célébrer les 20 ans de ce classique de Patrick Senécal, Alire publie, en coédition avec Front Froid, une adaptation graphique qui fera frissonner d’angoisse les fans de la plume bien sanglante du maître de l’horreur au Québec. Aliss, c’est une jeune fille de 18 ans qui débarque à Montréal pour y découvrir un monde glauque et tordu. L’auteur revisite Alice au pays des merveilles avec brio dans ce roman qui mélange l’horreur, le fantastique et l’érotisme. (Alire et Front Froid, 288 p.)

septembre

L’Avenir
par Catherine Leroux

À Fort Detroit, les maisons meurent. Certaines sont incendiées, d’autres sont désertées. Dans ce décor en partie inspiré de la ville de Detroit, Gloria s’installe dans l’une de ces maisons. Sa fille y est récemment décédée et, depuis sa mort, ses deux petites-filles manquent à l’appel. Pour les retrouver, Gloria peut compter sur une curieuse communauté, où les amitiés se tissent autour d’un potager. Et les fillettes ? Elles découvrent un monde parallèle, où les enfants sont rois. Y trouveront-elles leur place ? Des zones d’ombres et de la lumière, par endroits, voilà le combo parfait ! (Alto, 380 p.)

septembre

Pour réussir un poulet
par Fabien Cloutier et Paul Bordeleau

Quelle excellente idée de transformer cette pièce de théâtre, lauréate du prix du Gouverneur général, en un roman graphique percutant ! Carl et Steven vivent de jobine en jobine, jusqu’à ce que leurs magouilles les prennent en otage, les forçant à faire des choix cruels. Les fans de Cloutier y retrouveront un franc-parler décapant, mais une misère bien humaine à laquelle le regard ne peut échapper. (La Pastèque, 130 p.)

septembre

Rayonnements
par Ying Chen

On retrouve dans ce livre l’écriture toute en douceur de cette autrice appréciée pour ses romans courts et percutants. Cette fois-ci, elle réussit l’improbable pari de relater la vie de Marie Curie et de sa fille, Irène, qui fut son assistante de laboratoire, et ce, sans jamais les nommer, en esquissant brillamment leurs destins, leurs luttes. Un roman du soir, qui se déguste une page à la fois. (Leméac, 104 p.)

septembre

La dernière fois qu’on l’a vu, c’est au Perrette
par Claude Champagne

Envie d’un roman qui fleure bon la nostalgie ? Voici l’histoire d’une gang de gars, fin primaire, qui enfile mauvais coups et réflexions malhabiles sur l’avenir quand un des élèves de leur classe disparaît. Quarante ans plus tard, les enfants devenus adultes se retrouvent aux funérailles du jeune disparu, dont on a retrouvé le corps. Les souvenirs des années 1970 sont doux-amers, un peu comme les Mr Freeze bleus. (Stanké, 216 p.)

octobre

La garçonnière
par Mylène Bouchard

Ce roman publié une première fois en 2009 a déjà connu une réédition, quelques années après sa parution. Pour une troisième fois, l’autrice retourne auprès de son ouvrage charnière pour repenser une bonne vingtaine de pages, ajoutant de la chair autour de l’histoire passionnelle entre Mara et Hubert, des amis-amoureux, à la fois fusionnels et douloureusement éloignés. L’écriture poétique, la présence de la nature, les déchirements de l’amour, tout y est encore. À (re)découvrir. (La Peuplade, 232 p.)

octobre

Ci-gît Margot
par Marielle Giguère

Raconter un deuil périnatal est toujours délicat. Dans ce roman qui entremêle la fiction et le récit, l’autrice raconte ses deux fausses couches, les juxtaposant aux accouchements des femmes de sa famille, qui, à d’autres époques, ont vécu d’autres grossesses et d’autres naissances. La justesse des émotions frappe le lecteur: on côtoie la tristesse, mais aussi une colère bien réelle, que l’autrice ne tente pas de cacher. (L’Instant Même, 140 p.)

octobre

Les fruits de l’exil
par Jacques Orhon

Un premier roman assez sympathique pour l’homme de vins Jacques Orhon, qui a publié de nombreux livres à saveur viticole depuis presque trois décennies maintenant. Il ne s’éloigne pas très loin de ses passions, en nouant l’intrigue autour d’un photographe à la recherche de ses origines qui accompagne un journaliste spécialisé en vins parti en reportage. L’ouvrage regorge de faits intéressants sur le vin: une lecture plaisante pour tout œnophile amateur. (Éditions de l’Homme, 340 p.)

octobre

Né pour être vivant
par Yann Fortier

Antoine Ferrandez, c’est l’artiste derrière le hit (fictif) des années 80 Born to Be, or Not to Be (Born). Dans cette succulente fausse biographie, on retrace le parcours d’un artiste bien de son temps, scandales et vie de luxe inclus. Un brillant retour à cette période prénumérique, où la célébrité est relatée à travers la présence médiatique de la star, notamment à Apostrophes, l’émission phare de Bernard Pivot. (Marchand de feuilles, 400 p.)

octobre

Filibuste
par Frédérique Côté

Les premiers romans vous intéressent ? Celui de cette autrice suscite la curiosité. Trois filles et leur mère, qui leur sert, à chaque souper, de la soupe. Et un père qui fera les faits divers… Drôle de recette pour un roman dont on en sait très peu, mais qui intrigue déjà ! (Cheval d’août, 128 p.)

octobre

La course de Rose
par Dawn Dumont

Depuis 10 ans, la maison d’édition Hannenorak, située au cœur de la communauté autochtone de Wendake, fait entendre de nouvelles voix. Cette fois-ci, c’est la jeune autrice saskatchewanaise Dawn Dumont, qui nous fait découvrir Rose, mère de deux filles intenses, qui décide de courir le marathon de sa réserve après avoir perdu son emploi… et son mari. La traduction de Daniel Grenier vaut le détour ! (Éditions Hannenorak, 488 p.)

octobre

Le printemps des traîtres
par Christian Giguère

Christian Giguère a déjà remporté le prix Jacques-Meyer du premier polar, alors, impossible de ne pas lorgner son second livre campé dans les bas-fonds de Longueuil avec un réalisme étonnant. Michaël, petit revendeur de fentanyl de la rive sud de Montréal, rêve d’un meilleur avenir pour sa blonde et sa fille. Sous l’emprise d’un clan du crime organisé, arrivera-t-il à échapper à leurs griffes acérées ? Un récit efficace d’un auteur à découvrir. (Héliotrope noir, 248 p.)

septembre

Rougarou
par Cherie Dimaline

Le rougarou est une créature mi-homme mi-loup qui rôde dans l’imaginaire métis. Est-ce lui qui a capturé le mari de Joan, le soir de leur première dispute ? Déterminée à connaître la vérité, celle-ci traquera son mari, accompagnée d’un ado et d’une dame âgée. L’autrice étant connue pour son ouvrage jeunesse Les pilleurs de rêves, on attend beaucoup de ce roman qui mêle les légendes à une réalité parfois bien crue. (Boréal, 392 p.)​

Le deuil d’une mère, sous deux plumes

Il était impossible de parler de l’un sans aborder l’autre. En septembre, Catherine Mavrikakis propose L’absente de tous les bouquets, un hommage à une mère disparue dans lequel on parle autant de fleurs que de Derek Jarman, un cinéaste mordu de jardinage. Un mois plus tard, on surveillera la sortie de Quand il fait triste Bertha chante, où Rodney St-Éloi raconte sa mère, récemment décédée, dans un récit touchant et humain. (L’absente de tous les bouquets, Héliotrope, 168 p. ; Quand il fait triste Bertha chante, Québec Amérique, 304 p.)​

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