Raconte-moi un auteur: Denis Côté

L’auteur de Dessine-moi un Martien déteste la rectitude politique, la pensée unique.

Quel est votre rituel d’écriture? Quels sont vos rêves les plus fous? L’actualité a demandé aux finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général de parler de leur métier. Toutes les entrevues de la série «Raconte-moi un auteur» sont accessibles ici.

Archives personnelles
Archives personnelles

Denis Côté est l’un des cinq finalistes aux Prix littéraires du Gouverneur général, catégorie Jeunesse (texte), pour son roman Dessine-moi un Martien, publié chez Soulières Éditeur.

L’étincelle

Comment est né votre désir d’écrire, de créer? Des souvenirs d’enfance précis?

J’ai commencé à dessiner très tôt dans ma vie — comme la plupart des enfants, je suppose —, ce qui m’a amené très vite à créer des bandes dessinées sans paroles. Aussitôt que j’ai su écrire, j’ai mis des mots dans mes bulles.

Plus tard, après avoir lu quelques romans pour la jeunesse, j’ai éprouvé l’envie irrésistible d’en écrire à mon tour. Mes «œuvres» que j’appelais «romans» ne dépassaient jamais 10 ou 15 pages! N’importe quelle œuvre de fiction devenait un stimulant pour moi: les séries télévisées, les bandes dessinées, les longs métrages, les romans…

Le rituel

Où et quand vous installez-vous pour écrire, pour créer? À quoi ressemble votre espace de travail? Thé, café, boissons, objets fétiches?

Depuis que je suis un professionnel, j’ai toujours écrit à la maison, dans un espace aménagé en bureau. Dès 1984, année de l’apparition des premiers Mac, j’ai utilisé un ordinateur pour écrire mes histoires.

Mes idées ne mijotent pas très bien quand je me trouve dans mon bureau. Il vaut mieux que je sorte pour faire une promenade, que j’aille m’asseoir dans un café avec du papier pour prendre des notes.

Je bois du café quand j’écris, jamais rien d’autre, et sans en abuser.

L’ouvrage

Quel est le livre qui vous a marqué, qui a changé votre vie? Pourquoi?

Si on veut parler du livre ou des livres qui ont fait naître en moi l’envie de devenir un écrivain, alors là il faut remonter aux aventures de Tintin ainsi qu’à celles de Bob Morane.

Mais si on me demande quelles sont les œuvres littéraires que je considère comme des réussites renversantes, il me faut nommer 1984, de George Orwell, par exemple. Quelques romans de Romain Gary aussi. Don Quichotte. Des souris et des hommes. Quelques romans d’Alexandre Dumas et de Victor Hugo. J’en nommerais encore des dizaines et des dizaines…

Le projet

Quel est votre prochain projet littéraire? Le ou les thèmes que vous prévoyez aborder?

En tant qu’écrivain pour la jeunesse, j’aime créer des atmosphères, développer des situations, aborder des réalités dérangeantes. En d’autres mots, je déteste la rectitude politique, la pensée unique, quel que soit le nom que l’on donne à cette chose.

Contrairement à beaucoup d’adultes, je ne crois pas que les enfants soient de petits anges dont il faut à tout prix protéger la supposée innocence. Je pense, comme Bettelheim, que la littérature jeunesse doit s’adresser aux peurs, aux hésitations, aux inquiétudes des enfants.

Sur ce plan, j’admire le romancier Neil Gaiman et le bédéiste Ted Naifeh, qui n’hésitent pas dans leurs œuvres à faire le contraire de ce que la société attend généralement d’un écrivain pour la jeunesse. Mon prochain roman aura cette coloration un peu rebelle.

Le rêve

Vos rêves les plus fous! Pour le monde de la littérature (l’avenir du livre, par exemple), pour la société, pour votre entourage, pour les arts…

Bien entendu, je rêve à un monde meilleur, plus juste, sans pauvreté, sans guerre, sans tyrannie, sans réchauffement climatique, un monde où les femmes seraient partout traitées comme de véritables êtres humains.

Mais dans ma sphère professionnelle, je rêve d’un Québec (souverain, bien sûr) où l’on trouvera normal que les écrivains gagnent honorablement leur vie en exerçant leur métier, comme on trouve normal qu’un acteur, un musicien, un humoriste, un peintre, un chanteur, un danseur gagne sa vie en pratiquant son art.

Toutes les entrevues de la série «Raconte-moi un auteur» sont accessibles ici.


Les Prix littéraires du Gouverneur général sont administrés et financés par le Conseil des arts du Canada.

 

Laisser un commentaire