Raconte-moi un auteur : Étienne Lepage

Quel est votre rituel d’écriture ? Avec quel auteur prendriez-vous le thé ? Quel est l’ouvrage qui vous a marqué ? L’actualité a demandé aux finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général de parler de leur métier… et de ce qui les inspire. Étienne Lepage, finaliste dans la catégorie «Théâtre», s’est prêté à l’exercice.

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Étienne Lepage est finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général 2014 dans la catégorie «Théâtre» pour Histoires pour faire des cauchemars (Dramaturges Éditeurs).

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Comment est né le désir d’écrire chez vous ?

Aussi étrange que cela puisse paraître, à l’adolescence, j’ai soudainement eu l’impression qu’il n’était pas possible d’être plus hot que d’être écrivain. J’ai voulu être Balzac comme d’autres rêvent d’être Bieber.

Quel est votre rituel d’écriture ?

J’écris pour le théâtre. Mon écriture est destinée à se faire réécrire dessus. Je dirais que mon rituel consiste à éviter d’avoir un rituel. Essayer que le processus d’écriture se moule sur les événements qui entourent la production, les autres artistes, les contraintes de mise en scène.

Un ouvrage particulièrement marquant pour vous ?

Koltès, Quai Ouest, mais tout ce qu’il a fait. C’est l’œuvre que j’aurais aimé écrire, et depuis, je suis obligé de faire autre chose.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Les erreurs et les mensonges.

Deux auteurs (québécois et étranger) avec qui vous prendriez le thé ?

Hubert Aquin, parce que je me demande encore comment il a fait pour écrire Prochain épisode.

Rodrigo Garcia, pour voir s’il est aussi drôle et méchant que ses pièces.

D’après vous, quelle est l’idée la plus fausse qu’on puisse se faire au sujet d’un écrivain ?

Qu’il est inspiré. C’est un mécanicien comme les autres.

Qu’est-ce que cela vous fait de voir votre travail remarqué par les Prix littéraires du Gouverneur général ?

Plaisir.

Un thème à aborder dans une prochaine œuvre ?

Le bouc émissaire.

Quel est l’avenir du théâtre, selon vous ?

Il y a de moins en moins de financement. L’avenir annonce l’approfondissement de ce merveilleux concept d’austérité. Par conséquent, d’un point de vue purement institutionnel, le théâtre ne va pas bien. Mais le théâtre comme possible n’a pas besoin d’aller bien. Il sera dans les interstices.

Votre relation avec vos lecteurs ?

Sans doute la chose qui a le plus de sens, surtout au théâtre. On ne comprend sa pièce qu’une fois assis dans le public, à aimer ou à détester avec eux.

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Les Prix littéraires du Gouverneur général sont administrés et financés par le Conseil des arts du Canada.

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