Raconte-moi un auteur : Isabelle Arsenault

Quel est votre rituel de création ? Avec quel auteur prendriez-vous le thé ? Quel est l’ouvrage qui vous a marqué ? L’actualité a demandé aux lauréats des Prix littéraires du Gouverneur général, édition 2013, de parler de leur métier… et de ce qui les inspire. Isabelle Arsenault, gagnante dans la catégorie «Jeunesse – Illustration», s’est prêtée à l’exercice.

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Isabelle Arsenault (photo : Dominique Lafond)

Isabelle Arsenault a remporté le Prix littéraire du Gouverneur général 2013 dans la catégorie «Jeunesse – Illustration» pour Jane, le renard & moi (La Pastèque).

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Comment est né le désir de créer chez vous ?

Lorsque j’ai eu des enfants, je me suis intéressée davantage à la littérature jeunesse. Certains livres m’ont donné le goût d’en faire à mon tour. C’est à ce moment-là qu’est véritablement née ma passion pour les livres illustrés. J’en achetais un pour mes enfants et deux pour moi…

Quel est votre rituel de création ?

Je travaille en solitaire. J’aime m’isoler pour créer, réfléchir, essayer des choses, recommencer… puis, lorsque je crois avoir atteint un état de satisfaction, je montre à mon conjoint. Son regard m’aide à voir si je suis dans la bonne direction. Ça tombe bien, parce que c’est aussi mon éditeur.

Un ouvrage particulièrement marquant pour vous ?

Des romans graphiques, tels que Souvenir d’une journée parfaite ou Faire semblant c’est mentir, de Dominique Goblet, et Cinq mille kilomètres par seconde, de Manuele Fior, sont des livres marquants pour moi, parce qu’ils m’ont montré qu’il est possible de faire de la bande dessinée d’une manière très personnelle, dans un style distinctif, propre à chaque illustrateur. De la bande dessinée d’auteur, en quelque sorte. Ça m’a décomplexée un peu et donné le goût d’essayer.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Les mots. Quand je lis un manuscrit, un tas d’images apparaissent dans ma tête, des idées, des concepts. J’aime partir de cette matière première pour créer. La poésie m’inspire. La nature aussi. Mes enfants.

Deux auteurs (québécois et étranger) avec qui vous prendriez le thé ?

Réjean Ducharme. J’aimerais bien illustrer un de ses textes…

Kitty Crowther. Je serais curieuse d’en apprendre sur sa démarche et son parcours.

D’après vous, quelle est l’idée la plus fausse qu’on puisse se faire au sujet d’un créateur ?

Que ce sont des «pelleteux de nuages»… Comme si le travail du créateur ne servait à rien de concret. Alors qu’il est, à mes yeux, au cœur même du fondement d’une société. Sans culture, qui serions-nous ?

Comment avez-vous réagi en recevant le Prix littéraire du Gouverneur général ?

Très peu de reconnaissances de ce type existent pour récompenser et souligner le travail — des illustrateurs, en particulier — dans le monde littéraire. Il s’agit d’un bel et rare honneur dont on entend parler longtemps après l’avoir reçu. 

Un thème à aborder dans une prochaine œuvre ?

Mon prochain livre avec l’auteure Fanny Britt portera sur le courage. Un thème actuel et inspirant tant pour moi que pour, souhaitons-le, nos jeunes lecteurs.

Quel est l’avenir du livre, selon vous ? 

J’aimerais voir davantage de livres imprimés au Québec, quitte à les adapter, à les simplifier, à nous limiter dans nos ambitions techniques. Il faudra le faire un jour ou l’autre, par nécessité ou par choix.

Les Prix littéraires du Gouverneur général sont administrés et financés par le Conseil des arts du Canada.

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