Raconte-moi un auteur : Isabelle Malenfant

Quel est votre rituel d’écriture ? Avec quel auteur prendriez-vous le thé ? Quel est l’ouvrage qui vous a marqué ? L’actualité a demandé aux finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général de parler de leur métier… et de ce qui les inspire. Isabelle Malenfant, finaliste dans la catégorie «Littérature jeunesse – Illustrations», s’est prêtée à l’exercice.

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Isabelle Malenfant

Isabelle Malenfant est finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général 2014 dans la catégorie «Littérature jeunesse – Illustrations» pour Pablo trouve un trésor, texte d’Andrée Poulin (Éditions Les 400 Coups).

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Comment est né le désir de créer chez vous ?

Petite, j’avais toujours le nez collé sur les illustrations dans les albums. J’aimais regarder tous les petits détails et les traits de couleurs. J’écrivais de petites histoires et je dessinais les personnages.

À l’époque, je ne me rappelle pas qu’on mentionnait souvent le nom des auteurs et illustrateurs aux enfants. Les livres étaient là, beaux, inspirants, mais je n’avais pas conscience qu’il y avait des gens qui en faisaient leur métier.

Quel est votre rituel de création ?

Un gros café au lait et de la bonne musique toute la journée. Le choix de cette musique est très important et varie selon l’inspiration du livre que j’illustre.

Après être allée reconduire les enfants à l’école, je ne sors à peu près pas de mon bureau (à la maison). Je suis une personne plutôt disciplinée.

Comme je suis le filtre entre le texte et l’image, je travaille chaque livre de façon unique, tout dépendant de comment je me sens à ce moment et de ce que m’inspire le texte. Par contre, il y a certaines choses qui ne changent pas : je fais toujours mes esquisses et la couleur à la main (c’est important, pour moi, d’avoir un contact avec le papier et le médium ; j’aime avoir les doigts sales !), et je finis avec quelques retouches à l’ordinateur. C’est un moment que j’aime bien, parce que je me sens plus relaxe ; le gros du travail est fait et il ne reste qu’à le peaufiner à mon goût.

Malgré tout, vient toujours LE moment où je remets tout le livre en question ; je doute et je reprendrais tout depuis le début….

Un ouvrage particulièrement marquant pour vous ?

C’est difficile à dire : il y en a beaucoup, et ce, pour plusieurs raisons différentes, mais si je dois en choisir un, je pense aux œuvres de l’illustratrice Rébecca Dautremer. C’est avec ses œuvres que j’ai vraiment eu le déclic pour le métier d’illustrateur. Je trouve qu’il y a beaucoup de douceur, de finesse et de délicatesse dans ses illustrations, et elle maîtrise la lumière à la perfection. Chaque page est une œuvre en soi.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Les gens. J’adore regarder et analyser les mimiques, les physionomies, les styles vestimentaires, les caractères, etc.

La musique est aussi une source d’inspiration. Elle suit mes états d’âme et m’enligne dans mes directions de création.

Deux auteurs (québécois et étranger) avec qui vous prendriez le thé ?

Je prendrais bien le thé avec Ginette Anfousse. J’aimerais lui dire combien sa série des Rosalie m’a marquée, plus jeune. Ma première vraie histoire d’amour littéraire.

Si j’allais faire un tour à Paris, je prendrais le thé avec ma grande amie, l’illustratrice Marion Arbona, qui vient d’y déménager, mais j’inviterais aussi l’auteur-illustrateur Benjamin Chaud à se joindre à nous. Je suis complètement fan de son travail et je suis certaine qu’il est très sympathique !

D’après vous, quelle est l’idée la plus fausse qu’on puisse se faire au sujet d’un créateur ?

Qu’on passe nos journées en linge mou, à gribouiller des «tits-bonhommes». Oui, il y a du linge mou, parfois, et des bonhommes, mais c’est bien plus que ça. C’est un peu réducteur : c’est comme dire d’un comptable qu’il ne fait que mettre un veston-cravate et compter !

Qu’est-ce que cela vous fait de voir votre travail remarqué par les Prix littéraires du Gouverneur général ?

C’est vraiment un grand honneur. Encore plus grand d’être en lice avec tous ces gens de talent. C’est le moment de me dire que j’ai bien fait mon travail.

Un thème à aborder dans une prochaine œuvre ?

Je viens d’écrire un texte sur la timidité qui sera publié vers 2016. J’ai bien hâte de l’illustrer !

Quel est l’avenir du livre, selon vous ?

Je suis incapable d’imaginer un avenir sans livres et je ne peux me résoudre à lire une histoire à mes enfants sur un écran ! Ce sont des temps très difficiles pour les illustrateurs, auteurs, libraires et éditeurs, mais j’ose espérer que le grand survivant de tout ça sera le livre.

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Les Prix littéraires du Gouverneur général sont administrés et financés par le Conseil des arts du Canada.

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