Raconte-moi un auteur: Jacques Cayouette

Coauteur de l’essai Curieuses histoires de plantes du Canada, il a pour passion: le territoire et le patrimoine québécois.

Quel est votre rituel d’écriture? Quels sont vos rêves les plus fous? L’actualité a demandé aux finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général de parler de leur métier. Toutes les entrevues de la série «Raconte-moi un auteur» sont accessibles ici.

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Jacques Cayouette (Photo : Nick Wojtas)

Jacques Cayouette est l’un des finalistes aux Prix littéraires du Gouverneur général 2015, catégorie Essais, pour Curieuses histoires de plantes du Canada, écrit en collaboration avec Alain Asselin et Jacques Mathieu, et publié au Septentrion.

L’étincelle

Comment est né votre désir d’écrire, de créer? Des souvenirs d’enfance précis?

J’ai toujours fait des sciences naturelles, d’abord avec mon père, botaniste, puis dans d’autres domaines au sein de clubs de sciences naturelles (Collège de Lévis) et des camps d’été du même ordre.

La compilation de notes prises sur le terrain était essentielle pour documenter les observations, autrement les informations se seraient perdues. Le passage de l’écriture de notes de terrain aux écrits publiés s’est fait au moyen de comptes rendus des activités des clubs-sciences dans l’Écho du Collège de Lévis. Et la suite s’est enchaînée avec des articles scientifiques ou de vulgarisation, des chapitres de livres, puis des livres.

Le rituel

Où et quand vous installez-vous pour écrire, pour créer? À quoi ressemble votre espace de travail? Thé, café, boissons, objets fétiches?

La salle de séjour du sous-sol est transformée en bibliothèque comprenant surtout des récits d’exploration des territoires nordiques de l’Amérique du Nord. Une table en L me permet d’écrire un premier jet sur papier avec un crayon de plomb (mine 0,9) et d’être entouré des piles de documents divers qui servent à l’écriture.

Partout sur le plancher reposent d’autres piles de documents de toutes sortes, pas trop bien classés. L’avantage (!) du désordre est qu’il permet d’avoir à passer à travers plusieurs piles pour trouver non seulement ce qu’on cherche, mais également ce qui pourrait servir à un autre moment.

La musique baroque fait intégralement partie du décor et les moments les plus productifs se situent entre 16 h et 22 h.

L’ouvrage

Quel est le livre qui vous a marqué, qui a changé votre vie? Pourquoi?

La lecture des récits d’explorations nordiques des botanistes québécois Lepage, Dutilly et Jacques Rousseau m’a fasciné à l’adolescence et a attisé mes désirs d’explorer le Nord d’ici, ce qui s’est finalement concrétisé.

La compilation de ces récits a débouché récemment sur une synthèse de toutes ces expéditions héroïques où l’on retrouve non seulement l’aspect scientifique avec le compte rendu des découvertes, mais également l’aspect humain par la narration des difficultés rencontrées dans ces régions éloignées et les échanges fructueux avec les communautés autochtones.

Le projet

Quel est votre prochain projet littéraire? Le ou les thèmes que vous prévoyez aborder?

La suite du tome 1 de Curieuses histoires de plantes du Canada paraîtra au Septentrion en novembre 2015 (tome 2). J’ai proposé qu’on poursuive la quête botanique de nos ancêtres en couvrant le premier siècle du régime anglais au Canada. Je documente cette période depuis plus de 30 ans et il y a plusieurs «oubliés» qui ont récolté des plantes ici et qu’il faudrait faire connaître.

Le rêve

Vos rêves les plus fous! Pour le monde de la littérature (l’avenir du livre, par exemple), pour la société, pour votre entourage, pour les arts…

L’histoire des connaissances des sciences naturelles au Québec est encore très fragmentaire et des centaines de personnes demeurent encore d’illustres inconnus. Je souhaiterais pouvoir un jour compléter l’histoire de la botanique du Québec. Une fois complétées les périodes comprenant la Nouvelle France et les années jusqu’à la Confédération, il restera 150 ans à couvrir jusqu’à aujourd’hui.

Je possède la documentation, mais cela nécessiterait une collaboration importante ainsi qu’une certaine longévité. En espérant que cela puisse intéresser d’autres à prendre la relève dans ce domaine et dans d’autres sphères des sciences naturelles.

Le Québec est très vaste et très diversifié en ce qui touche les sciences naturelles; c’est notre territoire et notre patrimoine et personne d’autre ne l’étudiera à notre place.


Les Prix littéraires du Gouverneur général sont administrés et financés par le Conseil des arts du Canada.

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