Raconte-moi un auteur: Mireille Levert

L’état créatif n’arrête jamais chez Mireille Levert. «Je possède une vraie fanfare endiablée dans ma tête», dit-elle. 

Quel est votre rituel d’écriture? Quels sont vos rêves les plus fous? L’actualité a demandé aux finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général de parler de leur métier. Toutes les entrevues de la série «Raconte-moi un auteur» sont accessibles ici.

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Mireille Levert (Photo : Arsénio Corôa)

Mireille Levert est l’une des finalistes aux Prix littéraires du Gouverneur général pour son livre jeunesse illustré Quand j’écris avec mon cœur, publié aux Éditions de la Bagnole.

L’étincelle

Comment est né votre désir d’écrire, de créer? Des souvenirs d’enfance précis?

Le besoin viscéral de créer, de laisser une trace, de transformer la matière, de griffonner avec de la couleur remonte à ma petite enfance. Vers sept, huit ans il y a eu un moment intense d’éblouissement. Je me tiens debout face à un immense tableau au Musée des beaux-arts de Montréal et je suis subjuguée. Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau. La suite vient tout naturellement, je vais étudier le dessin, la peinture, habitée par ce sentiment extraordinaire.

Pour l’écriture, j’attendais une attaque massive de merveilleux, l’éclair de génie. Je n’attends plus ce cataclysme littéraire spectaculaire. Je découvre que la simplicité me va mieux. Chaque jour dans l’attention que je porte au monde, si je laisse les mots faire leur travail, au bout de mon crayon, jaillit parfois l’étincelle.

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Illustration tirée de Quand j’écris avec mon cœur

Le rituel

Où et quand vous installez-vous pour écrire, pour créer? À quoi ressemble votre espace de travail? Thé, café, boissons, objets fétiches?

Chez moi, l’état créatif n’arrête jamais, je possède une vraie fanfare endiablée dans ma tête. Alors, il me faut du blanc. Des feuilles blanches, une pièce lumineuse, idéalement une fenêtre, beaucoup de silence, des crayons de mine de plomb et des pinceaux pour réussir à apprivoiser cette musique intérieure.

L’ouvrage

Quel est le livre qui vous a marqué, qui a changé votre vie? Pourquoi?

Je frissonne chaque fois que je relis des extraits de Bâtons à messages, de Joséphine Bacon, publié à Mémoire d’encrier. Avec une économie de mots, cette poète innue réussit à nous parler d’elle, de son peuple, de blessures profondes et à nous toucher le cœur tout en ouvrant un chemin de lumière. Bouleversant!

Le projet

Quel est votre prochain projet littéraire? Le ou les thèmes que vous prévoyez aborder?

Plusieurs projets papillonnent autour de moi et restent à développer. Une chose est certaine, je souhaite poursuivre une démarche en poésie textes et images autant pour les enfants que les adultes. La poésie constitue pour moi beaucoup plus qu’un style littéraire; c’est surtout une façon d’être ouvert et en état d’éveil.

Le rêve

Vos rêves les plus fous! Pour le monde de la littérature (l’avenir du livre, par exemple), pour la société, pour votre entourage, pour les arts…

Certains jours où le monde me semble particulièrement fou et chaotique, j’aimerais avoir le pouvoir d’arrêter la machine cinq minutes. Je pourrais enfin dire très fort «Arrêtez le massacre, la cacophonie. Respirez. Calmez-vous le pompon destructeur!» avant de remettre la machine en marche.

De façon plus réaliste j’aime l’idée de participer concrètement et activement à construire un monde meilleur en utilisant les arts et les bienfaits de l’acte créateur.

Toutes les entrevues de la série «Raconte-moi un auteur» sont accessibles ici.


Les Prix littéraires du Gouverneur général sont administrés et financés par le Conseil des arts du Canada.

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