Raconte-moi un auteur: Olivier Sylvestre

Moby Dick est le roman le plus long et le plus terrible qu’il ait jamais lu.

Quel est votre rituel d’écriture? Quels sont vos rêves les plus fous? L’actualité a demandé aux finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général de parler de leur métier. Toutes les entrevues de la série «Raconte-moi un auteur» sont accessibles ici.

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Olivier Sylvestre (Photo : Patrick Palmer)

Olivier Sylvestre est l’un des cinq finalistes aux Prix littéraires du Gouverneur général, catégorie Théâtre, pour sa pièce La beauté du monde, publiée chez Leméac Éditeur.

L’étincelle

Comment est né votre désir d’écrire, de créer? Des souvenirs d’enfance précis?

Du plus loin que je me souvienne, je créais des histoires avec mes bonshommes. Entre deux batailles, ils se parlaient de leurs supers pouvoirs, de la mission qu’ils devaient accomplir… Après, mon imaginaire a été façonné par le Nintendo et les jeux d’ordi. Je suis de cette génération d’enfants. Je vivais beaucoup dans ma tête: ce monde-là était moins insupportable que l’autre, le vrai.

Je ne sais plus comment, mais un jour je suis tombé sur l’histoire de la comtesse Elizabeth Bathory, réputée pour avoir tué et s’être baignée dans le sang de centaines de jeunes femmes. J’ai réécrit cette histoire dans un premier roman, L’index de monsieur Aupick. Évidemment, vous ne le lirez jamais. Puis un deuxième roman, inachevé, celui-là se passe dans le désert, une des images qui n’ont jamais cessé de m’obséder.

Le théâtre est arrivé bien plus tard, à l’université. La première pièce que j’ai écrite raconte… l’histoire d’un enfant qui fait parler ses deux bonshommes, un clown et un pirate.

Le rituel

Où et quand vous installez-vous pour écrire, pour créer? À quoi ressemble votre espace de travail? Thé, café, boissons, objets fétiches?

J’ai décidé, cette année, d’assumer mon statut d’auteur: j’ai placé mon bureau en plein centre de mon appartement. Mon bureau est assez mal rangé, je perds tout le temps mes papiers. Je ne peux rien faire sans café. Je m’arrache souvent des cheveux en écrivant (littéralement). Je hurle, je ris. Je suis sur le shift de jour; le soir, la nuit, très rarement, sauf en cas d’illumination.

L’ouvrage

Quel est le livre qui vous a marqué, qui a changé votre vie? Pourquoi?

Moby Dick. C’est le roman le plus long et le plus terrible que j’aie jamais lu (je suis un lecteur épouvantablement lent). Peu d’autres livres décrivent aussi bien la quête désespérée et funeste d’un homme, et l’obsession qu’on poursuit sans toujours savoir pourquoi.

Le projet

Quel est votre prochain projet littéraire? Le ou les thèmes que vous prévoyez aborder?

Je suis en train de terminer deux pièces: une pièce qui raconte l’histoire d’amitié incroyable entre deux adolescents dont le genre (masculin/féminin) refuse de se conformer à ce que leur société attend d’eux, et une pièce pour adultes qui met en parallèle une rupture amoureuse avec la fin du monde. Et ensuite… ce sera ma trilogie lavalloise, que j’irai commencer ce printemps dans un séjour en résidence de trois mois en France.

Le rêve

Vos rêves les plus fous! Pour le monde de la littérature (l’avenir du livre, par exemple), pour la société, pour votre entourage, pour les arts…

Je nous souhaite à tous d’être un peu plus curieux. Je nous souhaite à tous d’être un peu plus ouverts. Je nous souhaite de garder les yeux rivés sur ce qui est beau dans ce monde, parce que la laideur fraie son chemin si facilement. De toujours croire en l’amour, même si par bouts, ce n’est pas facile. Et quant à l’avenir du livre… les romantiques ne le laisseront jamais tomber.

Toutes les entrevues de la série «Raconte-moi un auteur» sont accessibles ici.


Les Prix littéraires du Gouverneur général sont administrés et financés par le Conseil des arts du Canada.

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