Raconte-moi un auteur: Rachel Martinez

Son amour pour la traduction est né à l’école, dans ses cours de latin. Mais elle prenait beaucoup de liberté dans ses versions…

Photo: François Couture
Photo: François Couture

Quel est votre rituel d’écriture? Quels sont vos rêves les plus fous? L’actualité a demandé aux finalistes des Prix littéraires du Gouverneur Général de parler de leur métier. Toutes les entrevues de la série «Raconte-moi un auteur» sont accessibles ici.

Rachel Martinez est finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général pour Ma vie (racontée malgré moi) par Henry K. Larsen (La Courte Échelle), traduction de The Reluctant Journal of Henry K. Larsen, de Susin Nielsen (Tundra Books).

L’étincelle

Comment est né votre désir d’écrire, de créer? Des souvenirs d’enfance précis?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un livre à la main. Je lisais de tout, n’importe quand. Mon amour pour la traduction est né en 1re secondaire, à 11 ans, dans les cours de latin (offerts beaucoup plus couramment à l’époque!). J’éprouvais énormément de plaisir à faire les versions. À l’époque, je ne comprenais pas encore le rôle de la traductrice et je prenais un peu trop de liberté avec mes versions…

Le rituel

Où et quand vous installez-vous pour écrire, pour créer? À quoi ressemble votre espace de travail? Thé, café, boissons, objets fétiches

Mon rituel… c’est l’absence totale de rituel! Je m’installe dehors quand il fait trop beau et à la bibliothèque quand j’ai envie de sortir de mon sous-sol; je travaille jusque très tard le soir quand je suis sur mon erre d’aller ou je mets tout de côté et je vais marcher quand l’inspiration n’est pas au rendez-vous; j’écoute de la musique ou non; je bois du thé ou du café (et même un verre de vin parfois pour m’encourager).

L’ouvrage

Quel est le livre qui vous a marqué, qui a changé votre vie ? Pourquoi ?

Il y en a eu plusieurs, à différentes époques de ma vie. En vrac et sans ordre chronologique: Rue Deschambault, de Gabrielle Roy, Belle du Seigneur, d’Albert Cohen, tout Armistead Maupin et Paul Auster, la poésie de Leonard Cohen, plusieurs œuvres de Jonathan Safran Foer, Mavis Gallant, Irène Némirovski…

Le projet

Quel est votre prochain projet littéraire? Le ou les thèmes que vous prévoyez aborder?

Le projet qui me tient le plus à cœur pour le moment est la traduction française du roman Practical Jean, de Trevor Cole. J’ai eu l’occasion de rencontrer cet auteur et de travailler avec lui en juin dernier au Centre international de traduction littéraire de Banff. Nous serons bientôt prêts à solliciter des éditeurs francophones pour leur présenter des échantillons de traduction.

Le rêve

Vos rêves les plus fous! Pour le monde de la littérature (l’avenir du livre, par exemple), pour la société, pour votre entourage, pour les arts…

Je me permets ici de prêcher pour ma paroisse, pour l’avenir de ma profession: je rêve que les éditeurs français, qui sont nombreux à acheter les droits de traduction des œuvres d’auteurs canadiens-anglais, acceptent d’en confier la traduction aux langagiers d’ici. Ou encore, que les éditeurs d’ici aient les moyens d’acquérir les droits de traduction de nos auteurs et de diffuser ensuite leurs publications (et nos traductions) à l’étranger.

Toutes les entrevues de la série «Raconte-moi un auteur» sont accessibles ici.


Les Prix littéraires du Gouverneur général sont administrés et financés par le Conseil des arts du Canada.