Raconte-moi un auteur: Ying Chen

«J’écris à haute voix et, par pudeur, je ne veux pas qu’on m’entende», dit l’auteure de l’essai La lenteur des montagnes.

Quel est votre rituel d’écriture? Quels sont vos rêves les plus fous? L’actualité a demandé aux finalistes des Prix littéraires du Gouverneur Général de parler de leur métier. Toutes les entrevues de la série «Raconte-moi un auteur» sont accessibles ici.

Ying Chen est l’un des cinq finalistes aux Prix littéraires du Gouverneur général, catégorie Essais, pour La lenteur des montagnes, publiée aux Éditions du Boréal.

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Ying Chen

L’étincelle

Comment est né votre désir d’écrire, de créer? Des souvenirs d’enfance précis?

Je lisais énormément, tout et n’importe quoi, y compris les dictionnaires. L’envie d’écrire vient de la lecture d’abord. On entre dans un monde qui n’est pas tout à fait celui des paroles ni de la réalité évidente. C’est ce qui est merveilleux: le monde des livres est hors de l’ordinaire, c’est un lieu où les morts et les vivants peuvent cohabiter, où les rêves et les faits peuvent se trouver sur un même plan.

Le rituel

Où et quand vous installez-vous pour écrire, pour créer? À quoi ressemble votre espace de travail? Thé, café, boissons, objets fétiches?

Il me suffit d’une pièce vide, où je suis seule. J’écris à haute voix, et par pudeur je ne veux pas qu’on m’entende, surtout pas qu’on n’entende pas des phrases en train de se faire, en train de naître. L’isolement mental est aussi ou même plus important.

L’ouvrage

Quel est le livre qui vous a marqué, qui a changé votre vie? Pourquoi?

Beaucoup de livres font ce que je suis, il est impossible d’en indiquer un. Je lisais de la poésie ancienne chinoise quand j’étais très jeune, même sans bien la comprendre. C’était de la musique pour moi. Et le contenu, souvent taoïste et cosmique, m’a attirée.

Le projet

Quel est votre prochain projet littéraire? Le ou les thèmes que vous prévoyez aborder?

Je pense écrire sur la grandeur humaine, après m’être exposée, comme beaucoup de mes contemporains, à énormément de livres sur la petitesse de l’homme. Ce ne sera pas une tâche facile, car notre espèce aime gratter encore et encore ses propres plaies, et notre époque est très cynique. Je voudrais croire que le dépassement est possible.

Le rêve

Vos rêves les plus fous! Pour le monde de la littérature (l’avenir du livre, par exemple), pour la société, pour votre entourage, pour les arts…

Que les librairies puissent demeurer, côte à côte avec des boutiques de vêtements, des épiceries, des immeubles de condos, car les livres sont aussi parure, nourriture et abri.

Toutes les entrevues de la série «Raconte-moi un auteur» sont accessibles ici.


Les Prix littéraires du Gouverneur général sont administrés et financés par le Conseil des arts du Canada.

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