Rémi-Pierre Paquin : l’homme de la rue

Photo : Jocelyn Michel
Photo : Jocelyn Michel

Vous connaissez le comédien (Les invincibles, Mauvais karma), peut-être même le chanteur et guitariste (avec Balboa) et, qui sait, l’animateur à ses heures (Rock’n’Road), mais sans doute ignorez-vous que Rémi-Pierre Paquin est l’un des fondateurs du Festival de théâtre de rue de Lachine, qui atteint, toutes proportions d’affluence gardées, la renommée de celui d’Aurillac, en France. Le codirecteur artistique nous reçoit à une table de piquenique dans le parc Saint-Louis, à Lachine, où se tiendra, du 15 au 17 août, la manifestation à ciel ouvert qu’il a créée en 1997 — à Shawinigan — avec Yves Dolbec et Philippe Gauthier. Une fête populaire, ni racoleuse ni trop pointue, qui accroche autant les passionnés que les médusés, les fidèles suivant méticuleusement le programme (theatrederue.com) que les curieux zappant d’un spectacle à l’autre.

Un festival de théâtre de rue, et pourquoi donc?

Parce qu’il n’y en avait pas au Québec, à part un peu de théâtre in situ, et qu’on voulait s’adresser au spectateur dans l’espace public pour lui apporter des propositions singulières en théâtre, arts visuels, cirque, humour, performance, etc. Il s’agit d’un festival de culture vivante, inscrite à même la ville et sa population, intégrant des éléments du paysage urbain ou naturel. En 1997, nous étions des kids, maintenant, on requiert notre expertise ici et à l’étranger. Grâce à nous, beaucoup d’artistes présentent aujourd’hui des créations pensées pour la rue.

Après 10 ans à Shawinigan, pourquoi avoir déménagé votre festival à Lachine, un arrondissement de Montréal?

On s’est « pognés » avec les [anciennes] autorités municipales sur des questions d’argent et d’orientation artistique. On a fait un an de relâche, puis on a « magasiné » les villes qui avaient le goût de nous voir. On a choisi Lachine : une magnifique municipalité en bordure du lac Saint-Louis, avec un patrimoine architectural et un passé industriel et culturel. L’an dernier, le festival a attiré 28 000 personnes.

De la programmation, quel spectacle ne doit-on pas rater?

Bien sûr, j’aime chacune des 21 productions à l’affiche, mais s’il faut n’en recommander qu’une seule, je dirais Essat, un spectacle à grand déploiement de la compagnie française La Salamandre. Plus que de la pyrotechnie, c’est de la poésie, une démonstration de « l’art de jouer avec le feu ».

Vous avez déjà dit que ce qui vous caractérise comme acteur, c’est que vous jouez des rôles de bon diable et que vous montrez souvent vos fesses. Autre chose à déclarer?

Je ne montre plus mes fesses, mais je joue encore le « bon yâbe » ; dans Mauvais karma, j’étais une méchante mitaine ! Cependant, j’interprète volontiers des personnages plus vicieux : un requin des magazines dans Rumeurs, ou un pédophile dans la série Web Manigances.

Formé en théâtre à l’UQAM, vous ne saturez pas les scènes de votre présence. Manque de temps, de disposition?

Au théâtre, il faut des propositions, et comme je n’ai pas de famille théâtrale… Reste que je vais étrenner [au Zoofest les 8, 10 et 11 juill.] On est tous des pompiers, une comédie pimentée sur la vie de tournée, coécrite avec les quatre autres acteurs de la distribution, et, cet automne, j’embarque dans Party de bureau, une pièce à la Ladies Night appelée à se promener au Québec.

Sans compter que vous répétez un nouveau rôle: propriétaire de bar?

Des amis de Trois-Rivières et moi ouvrirons à l’automne, dans Hochelaga-Maisonneuve, un pub irlandais, Le Trèfle, pour lequel je m’investis aussi physiquement, car j’arrache des murs présentement ! J’ai besoin d’action, sinon je deviens fou. Ma blonde vous dirait que je ne suis pas une bonne personne quand je suis oisif.

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