Renée, Monique, Pauline, Diane : le carré d’or des interprètes québécoises

En préambule de Coup de cœur francophone, du 7 au 17 nov. (avec entre autres Catherine Major, Louis-Jean Cormier, Karim Ouellet, Yves Desrosiers, Keith Kouna, Les Sœurs Boulay…), voici un rappel de quatre interprètes remarquables qui – et ce n’est pas de la nostalgie de vieux ringard – n’ont pas été égalées. Souvenirs, souvenirs de femmes qui m’ont initié à la chanson d’expression française, dont je ne suis d’ailleurs toujours pas revenu.

Renée Claude, c’était la mienne : les quatre murs de ma chambre d’ado lui rendaient hommage. Même en chantant en playback lors de sa première émission en France en 1966, introduite par la chanteuse Cora Vaucaire pas foutue d’apprendre son nom par cœur, Renée Claude démontrait qu’une interprète, c’est d’abord et avant tout l’intériorité. Les chansons de Renée Claude ont sous-titré ma vie. Celle-ci, entre autres : « De mémoire », de Stéphane Venne et François Dompierre.
https://www.youtube.com/watch?v=XjunTSrHAk8

 

Monique Leyrac, c’était l’élégance, l’intelligence, la présence, cette lumière qui est donnée à très peu. Récemment (et enfin !) récompensée, par le gouvernement québécois, du prix Denise-Pelletier, la chanteuse-comédienne, 85 ans aujourd’hui, est restée aussi vive et lucide. Dans le clip, au milieu du public et collée sur Guy Béart, papa d’Emmanuelle et de « L’eau vive », elle chante « Ce n’est pas parce que », et c’est une merveille.

 

Pauline Julien ne tombait pas toujours sur la note, mais elle visait juste et touchait vrai à tout coup. Passionnée, engagée, avec du chien et de la tendresse, se dépensant sans compter sur scène, elle a chanté Boris Vian, Bertolt Brecht, Gilbert Langevin, Michel Tremblay, Anne Sylvestre, ses propres chansons. Atteinte d’aphasie dégénérative, elle s’est suicidée en octobre 1998. Elle chante ici « Le rendez-vous », de Gilles Vigneault et Claude Léveillée.

 

Enfin, Diane Dufresne et sa voix déraisonnable. En 1967, installée à Paris depuis 18 mois, elle participe à sa première émission de télévision française. Présentée par Félix Leclerc, puis par un animateur (Roger Lanzac) dégoulinant de mépris. Malgré son inexpérience, Diane Dufresne ne se laisse pas faire. Regardez ses yeux, vous y verrez ce qu’ils pensent du bonhomme à qui Diane semble déjà annoncer « Tiens-toé ben j’arrive ! » Dans les années 1970, elle récrira les tables de loi du showbiz, activera le côté créatif du spectateur, mettra le feu aux scènes. Ce jour-là, elle interprétait « La marquise coton », de Jean-Pierre Ferland.
https://www.youtube.com/watch?v=UEyWr0ohO8M

Paraît demain (5 nov.) l’album témoin de son spectacle Fusion avec Les Violons du Roy. L’entendre chanter « Madame rêve », de Bashung, et « Je suis un homme », de Zazie, montre de quel bois somptueux Diane Dufresne se chauffe encore.

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Merci mille fois M Ducharme pour ces minutes de bonheur. Ces 4 femmes j’ai eu le plaisir de les voir en spectacles quelques fois mais je n’avais jamais vu Diane Dufresne à ces débuts. Merci!

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