RÉSERVEZ VOS PLACES / Emmanuelle Béart joue Camus

Emmanuelle Béart a encore la plastique pour faire la couverture du Elle, dénudée, mais les lèvres qu’elle s’est achetées – trop gonflées pour être crédibles – ont avalé une bonne partie de son expressivité faciale. Cela dit, les babines de Mlle Béart n’occultent pas la pièce d’Albert Camus, Les justes.

Emmanuelle Béart a encore la plastique pour faire la couverture du Elle, dénudée, mais les lèvres qu’elle s’est achetées – trop gonflées pour être crédibles – ont avalé une bonne partie de son expressivité faciale. Cela dit, les babines de Mlle Béart n’occultent pas la pièce d’Albert Camus, Les justes.

Moscou, 1905. Une cellule terroriste organise un attentat contre l’oncle du tsar. Mais Kaliayev, qui doit lancer la bombe sur la calèche du grand duc, découvre que celui-ci est accompagné d’enfants. Il refuse de mettre son plan à exécution.

On ne pourra entendre la pièce, créée en 1949, sans s’interroger sur les événements de notre temps. Jusqu’où peut-on aller pour défendre ce que l’on croit juste ? Vouloir améliorer le monde légitime-t-il la violence ? Un théâtre d’idées, mais pas seulement.

À la mise en scène : Stanislas Nordey, fils du réalisateur Jean-Pierre Mocky, fécond (parfois deux films par an) et désordonné, et de la comédienne Véronique Nordey. Maman joue d’ailleurs dans la pièce, auprès d’Emmanuelle Béart donc, qui a épaté la critique française dans le rôle de Dora, et de Wajdi Mouawad dans la peau de Stepan, personnage exalté qui prône une action révolutionnaire sans limites, fût-ce au prix de la mort d’enfants.

Nordey et Mouawad : complices depuis quelques années. Stanislas a monté Incendies, de Wajdi, et joué dans Ciels, dirigé par Wajdi. Normal que Wajdi joue dans une pièce montée par son ami Stanislas, quoique pour nous il reste meilleur auteur et metteur en scène qu’acteur. Exceller dans deux domaines le place déjà nettement au-dessus de la moyenne des ours.

Question pour finir : y a-t-il eu négociations auprès de théâtres montréalais pour que la production vienne se faire voir dans la métropole ? Il est étonnant qu’elle ne soit montrée qu’au Centre national des Arts (où, rappelons-le, Mouawad assure la direction artistique du théâtre français).  Allez, faites vite, il y a peu de représentations et les billets devraient s’envoler rapidement.

Les justes, en exclusivité nord-américaine au Centre national des Arts, à Ottawa, du 28 sept. au 2 oct., 613 755-1111.

[Pour entendre Albert Camus parler de théâtre, un document rare de la Télévision suisse romande]



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