Silence, on tourne… en 360 degrés!

Si le bidule existe depuis déjà quelques années, son influence sur le monde de l’audiovisuel ne fait que commencer. 

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Si le bidule existe depuis déjà quelques années, son influence sur le monde de l’audiovisuel ne fait que commencer. La caméra à 360 degrés, qui permet de tourner des images non seulement selon un angle défini mais bien tous azimuts, a d’abord été utilisée par les adeptes de chute libre et autres sports extrêmes souhaitant témoigner de leur expérience. Voilà que s’y mettent les artisans du documentaire et du cinéma, qui y voient une façon de renouveler leur langage et de faire vivre au spectateur des sensations nouvelles.

Imaginez : vous regardez un film d’aventure et pouvez bouger la tête pour suivre l’action qui se déroule devant vous, mais aussi derrière, de côté, au-dessus ou au-dessous. Évidemment, un équipement approprié est nécessaire, lunettes de vision virtuelle ou écran sphérique — les initiés parleront de dôme, ou de « cinémasphère » —, mais la tendance est nette et on peut prédire que ce type d’équipement deviendra de plus en plus accessible au cours des prochains mois.

Une technologie qui exige des créateurs qu’ils envisagent différemment le tournage de leur film, comme le souligne la metteure en scène et cinéaste québécoise Brigitte Poupart, qui travaille depuis trois ans à un film de fiction tourné avec des caméras à 360 degrés. « Les explorations de type immersif sont de plus en plus fréquentes, mais rares sont ceux qui proposent, avec ces outils, un contenu narratif qui place le spectateur à l’épicentre d’une véritable histoire. Le but est de présenter une fiction qui fait vivre aux spectateurs une expérience à la fois physique, émotive et intellectuelle. »

On sait encore peu de choses de cette production, dont le titre de travail est Ma réserve, sinon que Brigitte Poupart, assistée au texte par le dramaturge Fabien Cloutier, promet d’articuler une histoire assez forte pour faire oublier la technologie. « Le récit sera transmis par un seul personnage, interprété par Robert Morin, et créera, par son côté très humain, un contraste fort avec l’univers technologique exploité tout au long de la représentation. »