Déprime olympique

Pauvre journaliste resté à la maison, j’ai senti la déprime m’envahir. Je me suis mis à maudire ma toilette, soudainement trop solitaire. 

Tout a commencé deux jours avant les Jeux olympiques.

Au Téléjournal, même la météo semblait être faite en direct de Sotchi. À Radio-Canada, il ne reste à peu près que le gars dans la guérite du stationnement qui n’ait pas été envoyé en Russie. Si Pauline Marois déclenchait des élections demain matin, il faudrait qu’elle le fasse avec une paire de patins aux pieds pour espérer être du Téléjournal.

Pauvre journaliste resté à la maison, j’ai senti la déprime m’envahir.

Je me suis mis à maudire ma toilette, soudainement trop solitaire. Pourquoi n’en avais-je pas deux, contiguës, que j’aurais pu photographier et montrer au monde, comme tout bon journaliste qui se respecte?

J’étais mis de côté, rejeté comme le t de «Sochi» dans le logo officiel. Et les Jeux n’étaient même pas encore officiellement ouverts!

À l’heure qu’il est, vous avez certainement vu la performance des sœurs Dufour-Lapointe en ski. Avec leurs médailles d’or et d’argent, Justine et Chloé viennent de mettre de la pression sur toutes les familles du Québec, des sœurs Boulay jusqu’aux frères trappistes.

Je ne sais pas pour vous, mais la dernière pente que j’ai dévalée avec ma sœur, c’était en crazy carpet et j’avais huit ans. Pas de quoi éblouir la planète.

Le dévouement des athlètes envers l’excellence fait du bien, dans une société où «À quand une charte pour protéger les contribuables ?» est adopté sérieusement comme slogan par un parti politique. Il fait du bien, oui ; il inspire, bien sûr, mais il déprime aussi.

Je les regarde aller et je me dis que si la vie était le logo olympique, je serais sans doute l’astérisque au bout des quatre anneaux.

olympigif
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