Dany Placard : folk et famille

Je vous remercie à l’avance d’écouter Démon vert, le nouvel album de Dany Placard, qui ouvre des tiroirs secrets, pousse des portes dérobées, fait circuler la vie. Placard chante tout doucement (fragilement) sur la plupart des titres, du moins mes préférés, comme s’il ne voulait pas nous faire de mal. La langue drue, rugueusement poétique, met ses doigts là où ça palpite ; les mélodies semblent ténues, et pourtant elles tiennent au corps. Ceinturé d’un band attentif, l’auteur-compositeur-interprète, aux guitares et à l’harmonica, offre un album de folk-rock à écouter en parcourant « les chemins de gravelle dans un pick-up su’l dash duquel on a collé la photo de sa blonde ».

Photo : Sarah Marcotte-Boislard

Intime, minimaliste, droit dans les yeux, l’album révèle quelques morceaux dédiés à sa petite famille : « Robin », pour le fils ainsi prénommé, vous serre le cœur et vous achève quand s’amène l’harmonica. Placard en a écrit une superbe aussi, « Lucky Luke », pour son autre garçon, Jules ; une pour sa femme (« Sarah ») et une pour sa « Matante Line », « la plus fine, la première à lui faire boire du gin ».

« Robin » :

Démon vert paraît aujourd’hui (28 août) sous étiquette Simone Records. La pochette, modérément attrayante, réserve des fantaisies orthographiques (trombonne, appuie financier) et un accord de verbe en attente (« les arrangements sont fait »). Rien de grave : un comédon sur l’aile du nez.

Pour voir Placard sur scène, chahuteur, vulnérable et marrant, consultez le calendrier de spectacles.

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