[Sotchi] Caroline Calvé : la planchiste qui plantait des arbres

Au tournant des années 2000, Caroline Calvé gagnait sa vie à planter des arbres dans l’Ouest canadien et le nord de l’Ontario. Après quelques étés à bûcher fort, la jeune femme a découvert ce qu’elle aimait : la nature, le grand air et, surtout, la compétition.

 

Photo : FIS / Oliver Kraus
Photo : FIS / Oliver Kraus

Au tournant des années 2000, Caroline Calvé gagnait sa vie à planter des arbres dans l’Ouest canadien et le nord de l’Ontario. Après quelques étés à bûcher fort, cette jeune femme d’origine algonquine, alors au début de la vingtaine, a découvert ce qu’elle aimait : la nature, le grand air et, surtout, la compétition.

« Je voulais toujours planter le plus d’arbres dans le moins de temps possible », se souvient-elle. À sa dernière saison, elle gagne la prime remise à celui qui en a planté le plus, et part en voyage pendant un an. À son retour, un ami lui propose d’essayer la planche à neige. Une graine vient d’être semée.

Malgré son âge avancé — 22 ans ! —, Caroline Calvé se met dès lors à rêver des Jeux olympiques. Elle se rend vite compte que le chemin sera long, mais elle s’accroche. En 2010, elle vit sa première expérience olympique, à Vancouver. « Je n’avais jamais imaginé à quel point c’était stressant, je n’étais vraiment pas prête », reconnaît-elle.

À l’approche de Sotchi, l’athlète de 35 ans, spécialiste du surf des neiges alpin, se trouve dans une forme resplendissante. Elle s’est classée troisième sur le circuit mondial en 2013 et peut se targuer d’avoir été la première Canadienne à remporter une épreuve de la Coupe du monde dans sa discipline, en 2011.

Depuis deux ans, Caroline Calvé suit un programme d’entraînement psychologique. Elle s’imagine dévaler la pente à pleine vitesse. Elle entend le bruit de sa planche dans les virages serrés. Elle visualise sa course sur une belle neige poudreuse… ou quand « il pleut des cordes ou qu’il fait 15 °C avec un beau gros soleil », dit-elle.

En réalité, l’athlète aura descendu la piste de Sotchi six fois seulement avant les Jeux. « L’important, c’est que mon cerveau soit prêt à toute éventualité. Pour le reste, mon corps suivra dès que je m’élancerai. »

 

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Les coqs des bosses

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Photo : Matthew Stockman / Getty Images

Alexandre Bilodeau (à droite sur la photo) a déjà sa place dans les livres d’histoire : à Vancouver, en 2010, il a donné au Canada sa toute première médaille d’or en sol canadien. Mais ce skieur acrobatique a à peine eu le temps de savourer sa victoire qu’un autre jeune Québécois lui disputait son titre de roi des bosses.

Mikaël Kingsbury (à gauche), de Sainte-Agathe-des-Monts, avait 18 ans quand il a remporté sa première victoire en Coupe du monde, fin 2010. Depuis lors, il règne en maître sur ce circuit. À 22 ans, il ne lui manque que le titre olympique.

Par Jonathan Trudel