Souvenir de «Purple Rain»

Assis dans les «rouges» au Centre Bell, j’ai vu Prince, un sacré joueur étoile à sa façon.

Photo: Jordan Strauss/WireImage
Photo: Jordan Strauss/WireImage

Chez les personnes âgées de quoi? 35 ans et moins, le chanteur Prince, mort la semaine dernière à l’âge de 57 ans, n’avait pas toujours l’écho émotif que provoquaient un Bowie ou un Michael Jackson. Ces deux derniers sont, à mon avis, davantage intégrés que Prince dans notre patrimoine culturel collectif, dans ces références que l’on a sans trop savoir pourquoi. Prince n’en était pas moins un grand musicien, un créateur unique et farouche, excentrique.

En 2011, lors de l’un de ses nombreux passages à Montréal, je m’étais frotté pour la première fois à la mégastar du funk, de la soul et de la pop, assis dans les sièges de tissu rouge du Centre Bell. Avant le concert, l’amateur de hockey en moi s’imaginait devant le Tricolore, sur ses bancs, à une si belle distance de la surface plane. Mais après le passage de la tornade Prince, les patineurs étaient loin dans mon esprit.

Cinq ans plus tard, il me reste en tête «Purple Rain», chanson pendant laquelle des canons crachaient des confettis scintillants. Il me reste le souvenir de cette attitude avec laquelle il empoignait sa guitare, cette assurance cool, avec un brin de prétention, mais avec le talent qu’il faut pour se le permettre. Ce soir-là, Prince déambulait sur une scène format géant, installée au centre de la patinoire, et qui avait la forme de son célèbre logo. Il me reste aussi en tête la présence de ses musiciens, que le chanteur mettait en évidence, leur donnant beaucoup de temps de glace, si je peux poursuivre l’analogie.

Je me rappelle également sa phobie des vidéos et des photos prises par le public. Il était bien interdit de dégainer son téléphone cellulaire, et les agents de sécurité veillaient au grain. À la première offense on mettait un X noir sur votre billet, et à la seconde on vous escortait à la porte. Pas très Instagram tout ça, on s’entend.

Prince avait aussi l’habitude d’étirer la sauce un brin, offrant des versions «plus» de ses pièces, prolongeant les solos, prenant son temps, faisant des concerts qui s’étiraient sur plusieurs heures. Pour moi, c’était davantage un irritant qu’une plus-value.

Mais Prince, c’était ça; il allait exactement là où il le voulait, il faisait à sa tête, jouait son jeu à sa façon. En cela, il était un sacré joueur étoile.

 

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La perte de Prince m’attriste, depuis longtemps ce musicien génial fait parti de mon univers musical et comme la musique est importante pour moi, de ma vie. A 57 ans il était encore là, toujours inspiré et loin d’être fini, quel dommage.