Stéphane Gladyszewski à corps ouvert

Photo : Jocelyn Michel• Corps noir, Théâtre La Chapelle, à Montréal, du 2 au 4 novembre, 514 843-7738.

Commençons par ce qu’il ne réussit pas : la vinaigrette. « J’ai tendance à mettre trop d’ingrédients. » Pour le reste, Stéphane Gladyszewski se débrouille plutôt bien : photographe, vidéaste, danseur, chorégraphe, sculpteur, scénographe, inventeur d’objets inter­actifs, d’outils technologiques, d’installations optiques. Ne lui manque que la musique, peut-être par timidité à l’égard de ses parents, tous deux musiciens.

C’est en participant à un rave, à 22 ans et sous ecstasy, que Stéphane se découvre « jouisseur de la peau ». Il développe sa physicalité, d’abord par la pratique de la danse contact, puis de la danse tout court, se mouvant nu dans la trilogie du chorégraphe Daniel Léveillé. « Enfant, j’étais pudique au point de coller du ruban adhésif sur l’ouverture de mon pyjama, de peur d’une surprise devant la gardienne pour laquelle j’avais le béguin ! »

Commençons par ce qu’il ne réussit pas : la vinaigrette. « J’ai tendance à mettre trop d’ingrédients. » Pour le reste, Stéphane Gladyszewski se débrouille plutôt bien : photographe, vidéaste, danseur, chorégraphe, sculpteur, scénographe, inventeur d’objets inter­actifs, d’outils technologiques, d’installations optiques. Ne lui manque que la musique, peut-être par timidité à l’égard de ses parents, tous deux musiciens.

C’est en participant à un rave, à 22 ans et sous ecstasy, que Stéphane se découvre « jouisseur de la peau ». Il développe sa physicalité, d’abord par la pratique de la danse contact, puis de la danse tout court, se mouvant nu dans la trilogie du chorégraphe Daniel Léveillé. « Enfant, j’étais pudique au point de coller du ruban adhésif sur l’ouverture de mon pyjama, de peur d’une surprise devant la gardienne pour laquelle j’avais le béguin ! »

Photo : Jocelyn Michel

Après un certificat en arts de l’UQAM et un bac en arts interdisciplinaires de l’Université Concordia, il affirme son identité avec In Side (2003) et Aura (2005), spectacles dans lesquels le corps, l’image et la lumière s’emmêlent comme les jambes des amants. « Le rôle de l’artiste est de chercher à poser un regard neuf sur un fonds commun. »

Repris début novembre, Corps noir, créé en 2008, est un autoportrait centré sur la figure du père. Grâce à une caméra vidéo à imagerie thermique et à un ingénieux dispositif de projection, augmenté d’effets stroboscopiques, le corps de Stéphane devient littéralement une peau de lumière vivante. « Je ne veux pas que la quincaillerie occulte l’émotion. » Aucune crainte : ici, la technologie la plus aiguë exacerbe le charme infiniment charnel de l’interprète, qui vogue entre réalité et virtualité, textures et objets divers.

Au nombre des projets de l’artiste : un centre d’explorations sensorielles doublé d’un spa ; un cabaret-bar érotique, où des numéros de créateurs allumeraient les sens ; un prochain spectacle (Empreinte, titre de travail), dont la première mouture, prévue pour l’été prochain, s’adresserait à quatre spectateurs-acteurs. « Je veux amener les gens dans des états de conscience modifiée. » Pour ce faire, il se familiarise avec le battement binau­ral et s’entoure d’instruments qui coûtent une fortune (la caméra thermique vaut 20 000 dollars). Gladyszewski assume une partie des frais liés à ses créations. « Je fais partie des privilégiés qui ont hérité d’un historique familial », dit-il sobrement, avant de s’interroger sérieusement sur le moyen d’abolir les distances entre Montréal et la Suède, où vit son amoureuse. Il trouvera…

• Corps noir, Théâtre La Chapelle, à Montréal, du 2 au 4 novembre, 514 843-7738.