Survivre au progrès: l’apocalypse à nos portes

Nostradamus, le calendrier maya et des gourous de tous horizons ont annoncé, et annoncent encore,  la fin du monde sur une base régulière. Des prédictions farfelues tout juste bonnes pour faire frémir les adolescents en manque de sensations fortes.

En revanche, les avertissements sans équivoque servis par les scientifiques en vedette dans le documentaire Survivre au progrès n’ont rien des sornettes nouvel-âgeuses. Selon eux, l’humanité se dirige droit vers un mur. Pis encore, elle y va au pas de course!

Ce film coup de poing signé Mathieu Roy et Harold Crooks démontre, chiffres à l’appui, que si l’humanité continue d’exploiter la planète au rythme actuel, si la science continue à prolonger la vie humaine, si la consommation poursuit sa croissance, bref, si le progrès ne ralentit pas, l’humain est condamné, à plus ou moins brève échéance, à disparaître.

Rarement aura-t-on assisté à une analyse aussi noire de l’avenir de l’Homme. Survivre au progrès est, en quelque sorte, un concentré d’opinions allant toutes dans le même sens, et dont le message clignote en grosses lettres écarlates: réveillez-vous, bande de caves!

Tout y passe : la croissance économique, la destruction de l’environnement, l’exploitation extrême des ressources naturelles, le réchauffement climatique, la création de la vie artificielle, et ainsi de suite.

Une chose est sûre, le film atteint sa cible : il ébranle, fait réfléchir et laisse le spectateur inquiet.

Les commentaires-chocs sont servis avec la précision d’un métronome : «si la population continue à croître à ce rythme, il faudra coloniser une nouvelle planète», «on doit réduire la population humaine des deux tiers», «l’expérience technologique et économique dans laquelle nous sommes plongés a atteint sa limite», «l’homme se prend pour Dieu», etc.

La où tout ça peut devenir agaçant, c’est que les pistes de solution demeurent floues. Ramener la population à deux milliards d’individus? Fort bien. Mais on fait ça comment au juste? Le capitalisme a atteint sa limite? On le remplace par quoi? La civilisation est un échec et il faut reprendre le contrôle de sa destinée? D’accord, on commence par où?

Vous l’aurez compris, Survivre au progrès est un collage de faits et d’opinions. C’est une oeuvre qui constate. Qui lance des solutions assez extrêmes merci, mais sans fournir le mode d’emploi.

Cela dit, en nous donnant froid dans le dos comme il le fait, ce documentaire a le mérite d’éveiller les consciences. À l’humain, maintenant, de s’organiser pour survivre…

Laisser un commentaire