Sylvain Bélanger dans l’enclos de l’éléphant…

L’enclos de l’éléphant, Espace Libre, à Montréal, du 4 au 8 juin, 514 844-3822.
Voici un homme de bonne composition : réfléchi, résolu, aventureux. Sylvain Bélanger, 39 ans, titulaire d’un bac interdisciplinaire en arts de l’Université du Québec à Chicoutimi et d’un diplôme en interprétation de l’École nationale de théâtre du Canada. Directeur artistique du Théâtre du Grand Jour depuis 1998, il affirme « un théâtre de responsabilité sociale », une cohérence dans la ligne éditoriale et des spectacles de belle tenue.

Voici un homme de bonne composition : réfléchi, résolu, aventureux. Sylvain Bélanger, 39 ans, titulaire d’un bac interdisciplinaire en arts de l’Université du Québec à Chicoutimi et d’un diplôme en interprétation de l’École nationale de théâtre du Canada. Directeur artistique du Théâtre du Grand Jour depuis 1998, il affirme « un théâtre de responsabilité sociale », une cohérence dans la ligne éditoriale et des spectacles de belle tenue.

Photo : Jocelyn Michel

Toujours comédien (on l’a vu dans Annie et ses hommes) et de plus en plus metteur en scène, Bélanger se fait remarquer dès son galop d’essai, en 2004, en dirigeant Sophie Cadieux dans Cette fille-là, succès partout dans la province et jusqu’à Paris. Ont suivi, pour sa compagnie ou pour La Manufacture et La Banquette arrière : Moi, chien créole, Félicité, Yellow Moon et, en janvier dernier, Les mutants, « un état des lieux des trentenaires ». Son travail rallie un jeune public autour de questions comme « La révolte est-elle encore possible ? », « En quoi notre civilisation affranchie est-elle libre ? », « L’itinérance est-elle si marginale ? »

Tous ses spectacles et interventions sociothéâtrales sont présentés dans des formes et des lieux qui déjouent les conventions : Mai 02 se déroulait dans un taxi ; Les grands responsables se tenaient au domicile de spectateurs.

« Je n’oublie jamais que la mise en scène est un métier inventé et que je ne dois pas me mettre dans le chemin entre l’auteur et le spectateur, sinon pour faciliter leur rencontre. » Entremetteur engagé, le passeur ne veut rien dicter, surtout pas de morale.

Inquiété par les courants de conformisme et de conservatisme, il demandait récemment à l’auteur Fabien Cloutier de s’interroger sur « Qu’est-ce qui nous fait reculer au Québec, qu’est-ce qu’on nous cache ? » Cela a donné Billy, texte livré début mai au Festival du Jamais Lu. Quant à L’enclos de l’éléphant, d’Étienne Lepage (Rouge gueule), programmé au Festival TransAmériques,
il est né d’une réflexion sur l’insécurité. « J’ai l’impression qu’on vit encore dans les cendres des tours de New York, qu’on a peur, peur de ce qu’on ne sait pas. »

Argument de la pièce : le temps d’une averse, un inconnu (Paul Ahmarani) trouve refuge chez un médecin (Denis Gravereaux). L’intrus promet de rester dans l’entrée, mais finit par s’incruster. S’ensuit un duel social et philosophique. « Plutôt que de regarder un spectacle, je souhaite que le public vive une expérience. » C’est la marotte du metteur en scène : mettre le spectateur à l’œuvre.

Dans un dispositif architectural rappelant la prison panoptique — quelque 80 cabines individuelles, munies d’un écran et d’une microcaméra —, chaque spectateur participe de la démonstration de l’obsession de la surveillance. « On dit que je fais un théâtre duquel on ne peut pas s’échapper. » Mais qui veut s’échapper ?

L’enclos de l’éléphant, Espace Libre, à Montréal, du 4 au 8 juin, 514 844-3822.

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