THÉÂTRE / Encore une semaine de carnage

Il vous reste jusqu’au 18 déc. pour invoquer Le dieu du carnage, de Yasmina Reza.

Photo : Yves Renaud
Photo : Yves Renaud

Sous prétexte de régler un différend ayant opposé, à l’école, leurs fils respectifs, deux couples de parents se rencontrent. Propres sur eux, policés (mais on sent d’entrée de jeu le vernis prêt à s’écailler), ils mangent du clafoutis et pas mal de leur prochain, avant de commencer à se dévorer entre eux.

Dans Le Nouvel Observateur (numéro du 14 au 20 févr. 2008), l’auteure disait : « J’écris un théâtre de nerfs, parce que nous sommes gouvernés par les nerfs. Les personnages sont des gens bien élevés qui se promettent de bien se tenir », et qui ne tiennent absolument pas leurs promesses ! Ici, ça va jusqu’à boire au goulot, à vomir – littéralement – sur des livres d’art, à s’invectiver avec un entrain contagieux. Et le public rit, mais avec des morceaux de vitre dans la bouche.

Entre comédie de mœurs et jeu de massacre, Le dieu du carnage s’en prend à la tartufferie du mariage, à la bonne conscience humanitaire, à l’éducation des enfants, à l’immaturité de leurs géniteurs, à l’impudence de l’industrie pharmaceutique.

La pièce est française – merci, merci de ne pas en avoir fait une adaptation québécoise –, le contexte, français, la langue, superbe, et la bêtise… universelle.

Plane sur le spectacle une menace de cabotinage que les quatre comédiens – fabuleux Anne-Marie Cadieux, James Hyndman, Guy Nadon et Christiane Pasquier – s’emploient à tenir à distance. Mise en scène de Lorraine Pintal.

Le dieu du carnage, Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal, jusqu’au 18 déc., 514 866-8668.

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