Titres en anglais pour livres en français: Why ?

Comment expliquer la nouvelle tendance, chez les éditeurs parisiens, à conserver les titres anglais des livres qui sont traduits en français?

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City on Fire, par Garth Risk Hallberg, Plon, 960 p.

On peut parfaitement comprendre qu’un auteur d’expression française ressente parfois le besoin de donner un titre en langue étrangère à une œuvre: Gilles Leroy a bien gagné le Goncourt en 2007 avec Alabama Song, et on imagine mal les romans des Kim Thuy et Aki Shimazaki sans leurs titres en vietnamien ou en japonais… À la rigueur, on accepte de voir l’anglais utilisé en couverture d’un livre québécois quand le texte le justifie, comme dans le cas du Volkswagen Blues de Jacques Poulin ou, plus récemment, du In Between de Marie Demers.

Les dents se mettent à grincer, toutefois, quand on aperçoit, dans la section «traductions» d’une librairie francophone, les titres non traduits City on Fire sur la nouveauté de Garth Risk Hallberg, ou Boy Snow Bird sur celle de Helen Oyeyemi, alors que Une ville en feu ou Garçon Neige Oiseau auraient été tout aussi vendeurs. Quelle clientèle essaie-t-on d’attirer ainsi, au juste? Des lecteurs qui, par snobisme, veulent donner l’illusion à leurs voisins de lire en anglais quand ils ouvrent un livre dans le métro?

Si le but est d’être concis ou de «faire moderne», force est de constater que le résultat va à l’encontre de l’objectif visé. En effet, les titres en anglais portent à confusion, et les éditeurs sont obligés d’ajouter bandeaux explicatifs ou sous-titres très longs pour indiquer aux acheteurs que le contenu du livre est bien en français. Des exemples? Hunter Killer, la guerre des drones par ceux qui la font, de Mark McCurley. Winter is Coming, stopper Vladimir Poutine et les ennemis du monde libre, par Gary Kasparov. Flash Boys, au cœur du trading haute fréquence, de Michael Lewis.

En France, la loi Toubon oblige les publicitaires à fournir la traduction des termes anglais qu’ils utilisent. À quand une loi semblable pour les éditeurs?

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4 commentaires
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Faut vraiment être obsédé pour s’insurger devant quelques mots d’Anglais sur une couverture de livre.

Un autre mélodrame préfabriqué de style « pastagate »…

Vous devriez plutôt être fière que les gens achètent ce livre et le LISENT! Qu’importe le titre.

On a très peu le lecteurs (des VRAIS…pas des liseux du J de M!) au Québec, alors tenter de les culpabiliser parce qu’ils achètent un livre avec un titre anglophone est totalement contre-productif. Que voudriez-vous qu’ils fassent? Boycotter l’éditeur et ainsi se priver du plaisir de lire un bon livre et le priver d’un revenu qu’il a tant besoin? De plus, conserver le titre anglophone d’un livre populaire aide les ventes et permet à plusieurs lecteurs francophones de faire connaissance avec un nouvel auteur, qu’ils soit anglo ou autre.

Quand je veux lire un livre en anglais, je chercherais un livre avec un titire en anglais. Quand je cherche un livre en francais, je cherche un titre en francais (et meme quand je cherche un livre en espagnol ou mes parents cherchent un livre en Yugoslave). C’est LOGIQUE!! Je comprends que, en temps en temps, on ne traduise pas les titres en autre langue parce qu’une traduction peut creer des difficultes, mais il faut qu’ils sont les exceptions. Si quelqu’un choisi d’ecrire un livre en francais, il faut qu’ils utilisent les titres en francais.

Voyez-vous, le problème ici si je ne m’abuse, c’est que le livre a d’abord été écrit en ANGLAIS et qu’il a ensuite été traduit en Français…

De mon côté, tris petits mots en Anglais sur une couverture de livre originalement écrit par l’auteur en Anglais ne me scandalise pas du tout contrairement à l’auteur de cet article.

J’accours à la défense de Martine Desjardins qui le mérite bien ici. «Obsédée»? Pas du tout à mon avis. Ce sont plutôt nos cousins de l’Hexagone qui le sont. Ce sont bien plus que 2-3 mots en anglais de temps en temps. Si vous écoutez et lisez le moindrement les médias français, (comme moi, ce qui n’est pas sûrement pas le cas de Jean Valjean), vous constatez sûrement ce «je ne sais pas quoi exactement» qui les pousse à truffer leurs propos de termes anglais pour faire branché, snob ou plus percutant… Les exemples pullulent. C’est encore plus ridicule (sic) quand on utilise l’anglais au lieu de termes français très courants. Dans les titres de livres et de films, les noms de revues ou d’émissions de télé et dans moult articles. Regardez «Libération» par exemple. C’est d’autant plus ridicule que des enquêtes montrent que les Français sont parmi les moins «fluents» (oups!) dans la langue de Shakespeare. Bravo Martine Desjardins!