Un livre sous chaque parasol

Polars, fresques historiques, romans d’amour : Pierre Cayouette et Martine Desjardins proposent quelques bons livres à savourer sous le soleil.

Cet été, partez à l’aventure dans les archives de L’actualité pour (re)découvrir les grands classiques estivaux du Québec.

Noblesse oblige

P.D. James, la baronne du roman policier anglais, est unefervente admiratrice des œuvres de Jane Austen et, à l’aube de sa 91e année, elle a décidé de se faire plaisir eninventant une suite au grand classique Orgueil et préjugés – mais à sa manière. La mort s’invite à Pemberley voit le hautain Mr. Darcy et son épouse, Elizabeth, jouer aux détectives lorsqu’un homme est assassiné dans la forêt de leur domaine du Derbyshire et que tout accuse leur beau-frère. Dix-neuvième siècle oblige, ils n’ont ni inspecteur Dalgliesh ni expert médicolégal pour les aider. (Fayard, 400 p., 32,95 $) (MD)

Cirque infernal

Dans un État policier du futur, une secte de tueurs à gages formés par des moines et déguisés en clowns exécute des commandes d’assassinats motivés par la soif de vengeance. Les armes uti­lisées? : un «ligoteur», un «démembreur» et une canne en or dissimulant un poignard. Ces Clowns vengeurs (en lire des extraits >>) sont les héros d’une nouvelle série dont chaque volet est écrit par un auteur québécois différent et qui compte déjà quatre titres. C’est glauque, c’est sanglant, mais comme Guy Bergeron, Michel J. Lévesque, Mathieu Fortin et Jonathan Reynolds ne se prennent pas trop au sérieux, c’est aussi sympathique et fort divertissant. (Porte-bonheur, env. 150 p. chacun, 8,95 $) M.D.

Nouvelle Norvège

Que serait l’été sans un polar scandinave?? Le Norvégien Kjell Ola Dahl examine un cas de con­flit d’intérêts lorsque son héros, l’inspecteur Frank Frølich, enquête sur un ami d’enfance soup­çonné d’avoir tué sa fiancée et qu’il s’éprend de l’une des témoins. L’affaire s’embrouille davantage quand elle se déplace dans le monde marginal d’Oslo?: celui des receleurs, des pornographes et des immigrants. Rien n’est ce qu’il paraît dans Faux-semblants – surtout pas les policiers, plus perturbés que les criminels. (Gallimard, 368 p., 32,95 $) M.D.

Révolution de palais

Le pittoresque village d’Edgecombe St. Mary n’est plus ce qu’il était depuis l’arrivée des nouveaux riches de la ville. Et voilà que, comble de chamboulement, le dépanneur est repris par une femme d’origine pakistanaise?! Qu’importe si la charmante Mme Ali est née au Royaume-Uni?: les dames patronnesses la considèrent comme une étrangère et leur fibre conservatrice est hérissée de la voir invitée au bal annuel par un veuf tout ce qu’il y a de plus british. Derrière son humour pince-sans-rire, La dernière conquête du major Pettigrew, de Helen Simonson, est une étude de mœurs grinçante qui met à nu les pré­jugés sommeillant sous le paternalisme mielleux à l’égard des immigrants. (NiL, 496 p., 29,95 $) M.D.

Sur les traces de Bach

Alors qu’il était critique de musique pop, au début des années 2000, Eric Siblin a eu un véritable coup de foudre pour les célèbres Suites pour violoncelle seul de Bach lors d’un concert à Toronto. Il a eu du coup l’idée de consacrer un livre à ce chef-d’œuvre de la musique baroque. Au terme de sept années de recherche, Siblin a publié ce formidable récit documentaire, qui s’intéresse tout autant au compositeur des six Suites, Jean-Sébastien Bach, qu’à leur plus célè­bre interprète, Pablo Casals. L’auteur a poussé l’audace jusqu’à se mettre lui-même à l’apprentissage du violoncelle. Ce document passion­nant a de quoi rassasier à la fois les mélomanes accomplis et les novices. (Les Suites pour violoncelle seul?: En quête d’un chef-d’œuvre baroque, Fides, 376 p., 29,95 $) P.C.

Manhattan, mode d’emploi

Cocktails au Rainbow Room, soirées au 21 Club, nuits dans les suites du Plaza Hotel… En 1938, une modeste mais ambitieuse dactylo de Brooklyn réussit à se hisser jusqu’aux penthouses de la haute société new-yorkaise. Dans Les règles du jeu, Amor Towles ne raconte pas que cette vertigineuse ascension?: il recrée à la perfection la période Art déco et nous initie aux conventions tacites qui régissent le monde des riches et sans les­quelles ceux qui ont réussi peuvent tomber de haut. Car «le vent tourne vite à New York City – dans le bon ou dans le mau­vais sens». (Albin Michel, 512 p., 31,95 $) M.D.

L’amour avec un grand «B»

Connue pour ses interventions parfois incendiaires dans les grands débats publics et ses essais souvent retentissants, lajournaliste et romancière Denise Bombardier plonge cette fois dans la sphère de l’intime pour raconter, sans pudeur, le grand amour qui l’unit depuis 10 ans à son mari, un universitaire anglais qu’elle a rencontré à l’occasion d’un colloque à Belfast. Le grand amour est un mystère, rappelle la romancière. Et il n’a pas d’âge. (L’Anglais, Robert Laffont, 186 p., 24,95 $) P.C.

Maître espion

William Boyd vient d’être choisi pour écrire le prochain James Bond, et il n’est pas
difficile de comprendre pourquoi quand on lit L’attente de l’aube, qui réunit tous les éléments essentiels du roman d’espion­nage britannique. Ce qui débute par une cure psychanalytique à Vienne en 1913 se transforme en scandaleuse affaire de mœurs, puis en mission à Genève pour décrypter un code secret, et enfin en chasse à la taupe dans les coulisses londoniennes du ministère de la Guerre. Boyd a visiblement appris autant de Graham Greene et de John le Carré que d’Ian Fleming, et il maîtrise si bien les conventions du genre qu’il peut désormais passer dans la cour des grands. (Seuil, 416 p., 32,95 $) M.D.

La révolte des Patriotes

Après avoir exploré l’univers des sages-femmes dans sa série Les accoucheuses, la romancière et historienne Anne-Marie Sicotte entreprend une tétralogie consacrée à la révolte des Patriotes et à la rébellion de 1837-1838. Le premier tome de cette saga raconte les débuts de la colère contre l’autorité anglaise du gouverneur Dalhousie, à travers le destin de deux adolescents d’une famille de potiers de Saint-Denis-sur-Richelieu. Dans la plus pure tradition d’un genre très populaire au Québec, Anne-Marie Sicotte marie savamment la réalité historique et la fiction. (Le pays insoumis?: Les chevaliers de la croix, VLB, 586 p., 29,95 $) P.C.

Donjons et dragons

Attention, le texte qui suit contient des révélations sur l’intrigue?! Lorsque s’ouvre Le bûcher d’un roi, 13e tome de la série-culte Le trône de fer, de George R.R. Martin, le bâtard Jon Snow a pris le commandement du Mur de glace et le nain Tyrion, qui a fini par assassiner son père, est en route vers l’Orient, où il va s’allier à la reine exilée Daenerys et ses trois dragons. Comme le savent déjà les 15 millions de mordus de la série (et de l’excellente adaptation télé), l’hiver est arrivé au royaume des Sept couronnes – et même ceux qui ne sont pas lecteurs de fantasy ne voudront pas le manquer. (Pygmalion, 474 p., 29,95 $) M.D.

Catacombes romaines

Qui détient les plus grandes archives criminelles du monde?? Donato Carrisi prétend que ce n’est ni le FBI ni Interpol, mais bien la Pénitencerie apostolique du Vatican, où sont consignées depuis 1 000 ans les confessions des péchés mortels – ceux dont l’absolution ne peut être donnée que par les plus hautes instances religieuses. Dans son deuxième roman, Le tribunal des âmes, le nouveau maître du suspense italien nous présente un prêtre qui, à force d’étudier ces confessions, a acquis une véritable expertise de profileur. Lorsqu’il tente de retrouver une jeune fille enlevée par un tueur en série, il découvre qu’un confrère puise dans les archives pour venger les crimes impunis. L’intrigue, qui nous entraîne dans les endroits les plus mystérieux de Rome, a plus de ramifications que le Saint-Siège lui-même – et elle est presque aussi machiavélique que lui. Mais ce qui éblouit encore plus chez Carrisi, c’est son habileté à éclairer les ténébreuses catacombes de l’âme humaine. (Calmann-Lévy, 462 p., 32,95 $) M.D.

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