Une fête pour l’œil et l’oreille

VIVALDI : ERCOLE SU’L TERMODONTE. ZACHARY STAINS (ERCOLE), LAURA CHERICI (MARTESIA), RANDALL SCOTTING (TESEO), ETC. / IL COMPLESSO BAROCCO. DIRECTION MUSICALE : ALAN CURTIS. MISE EN SCÈNE : JOE PASCO. DYNAMIC DVD 33525.

On nous annonce un opéra de Vivaldi, Ercole su’l Termodonte (1723). Mais les images qui défilent à l’écran sont surprenantes : aurait-on mêlé la trame sonore d’un opéra baroque avec un film XXX ? Il fallait l’audace des Amazones, qui n’avaient peur de rien, pour oser proposer un Hercule nu semblant sortir d’un musée d’antiquités. Mais la statue peut-elle chanter ? Non seulement Zachary Stains, dans le rôle-titre, affiche un corps splendide, mais sa voix, extraordinaire, insuffle à ces airs une bravoure virile qui justifie le choix du chanteur et des costumes (ou leur absence).

De plus, la Martesia de Laura Cherici est éblouissante de virtuosité et d’humour, et le Thésée de Randall Scotting est d’autant plus troublant qu’il allie un corps athlétique à une voix de haute-contre parfaitement contrôlée. Si l’imagerie phallique est parfois envahissante, la testostérone est contrebalancée par l’œstrogène des Amazones aux seins nus. Cette production, la première d’Ercole depuis presque trois siècles, rend fort bien justice au compositeur des Quatre saisons.