Une génération à réinventer

Ce portrait un peu navrant de la génération Y aidera sûrement ses aînés à mieux la comprendre — ou achèvera de les désespérer.

Nouvel onglet, par Guillaume Morissette, Boréal, 256 p.
Nouvel onglet, par Guillaume Morissette, Boréal, 256 p.

Vous n’avez peut-être pas vu passer le phénomène de la littérature « alternative », puisqu’il a filé à la vitesse du débit par fibre optique. Apparu fin 2010, l’Alt lit n’était pas vraiment un courant, mais plutôt un ensemble de jeunes auteurs si passionnés par la culture numérique (blogues, vidéos, statuts Facebook, captures d’écran, tweets, etc.) qu’ils en avaient fait leur source d’inspiration, leur forme d’expression, leur mode de diffusion et de promotion.

Aujourd’hui, cette collectivité est dispersée et ses auteurs ont migré vers de nouvelles plateformes ou sont retournés à l’édition papier traditionnelle. C’est le cas du Québécois Guillaume Morissette, qui a cofondé la maison d’édition indépendante Metatron pour accueillir de jeunes auteurs anglophones hors normes. Il a aussi publié un premier roman en anglais, dont la traduction vient de paraître au Boréal.

Largement inspiré de sa propre expérience, Nouvel onglet raconte l’histoire de Thomas, 26 ans, francophone né à Jonquière, qui déménage à Montréal avec l’intention de passer à l’anglais comme langue principale — langue qu’il a apprise en regardant la comédie The Simpsons, et dont le traducteur Daniel Grenier rend admirablement toutes les idiosyncrasies. Ce choix ne reflète aucune conviction politique, mais plutôt un désir de se réinventer, comme on ouvre un nouvel onglet dans son navigateur de recherche.

Thomas ne réussit, malheureusement, qu’à changer le mal de place. Rongé par l’anxiété, blasé par son emploi dans un studio de jeux vidéos, déconnecté de sa bande de colocs anglophones, il vit par procuration sur les réseaux sociaux et, entre deux trips d’ecstasy, songe à retourner aux études en création littéraire. Ses questions existentielles se résument à se demander : « Comment je vais faire pour aller sur Internet quand je serai mort ? » Ce portrait un peu navrant de la génération Y aidera sûrement ses aînés à mieux la comprendre — ou achèvera de les désespérer.

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Une génération manqué, s’il en est une. Une génération qui ont tout eu gratuitement, et qui se retrouvent aujourd’hui avec rien. Une génération qui refusent la réalité du capitalisme, de l’argent, du travail. Une génération même pas foutu de respecter ses origines francophones et de dur labeur. …

Sans vouloir vous donner raison, ni tort, voici une petite nuance. Quand on dresse un chien à attaquer et être méchant, à qui faut-il s’en prendre quand un malheur arrive ? Au chien ou à son maître ? Il en est de même pour les enfants, nos rejetons. Ce n’est pas de leur faute si nous leur avons tout donner sans rien exiger en retour. Les mollassons la dedans ne sont pas ceux que l’on pense.
Mais, tout n’est pas perdu, un balancier, ça revient…

Les jeunes de la génération Y que je connais est loin de ressembler au portrait décrit dans ce texte.

Excusez mon erreur. Il faut lire: Les jeunes de la génération Y que je connais sont loin de ressembler au portrait décrit dans cet article.

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