Une pianiste controversée ne pourra pas jouer dans une église torontoise

TORONTO – Une pianiste d’origine ukrainienne dont la participation à un concert avec l’Orchestre symphonique de Toronto avait été annulée n’a pas obtenu la permission de se produire dans une église du nord de Toronto, vendredi soir.

Valentina Lisitsa avait écrit sur Twitter, jeudi, qu’elle offrirait un concert gratuit à l’Église communautaire de Lawrence Park.

Le pasteur John Suk a cependant rétorqué que l’endroit n’avait pas été réservé pour la pianiste et qu’il allait vérifier si quelqu’un d’autre lui avait donné la permission de s’y produire sans l’en aviser.

M. Suk a indiqué dans un courriel transmis tard, jeudi, à La Presse Canadienne que si la réservation avait été faite sans l’approbation des dirigeants de l’église, elle serait immédiatement annulée.

L’Orchestre symphonique de Toronto avait annulé la participation de Valentina Lisitsa à ses concerts de mercredi et jeudi en raison de gazouillis jugés «choquants» que la musicienne avait publié sur Twitter.

La pianiste, une Russe née en Ukraine mais qui vit maintenant aux États-Unis, affirme avoir été accusée par l’orchestre d’«incitation à la haine» sur Twitter en raison de ses commentaires sur le conflit dans son pays d’origine.

«Nous ne somme pas intéressés à nous associer aux positions qu’elle a adoptées publiquement», a écrit le pasteur John Suk.

«Nos valeurs ne nous permettraient jamais de nous associer au type de commentaires que Mme Lisitsa semble avoir émis.»

Malgré la controverse, la pianiste est toujours au programme d’un concert avec l’Orchestre philharmonique de Calgary, prévu en juin.

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Valentina Lisitsa n’est pas à proprement parler une « Russe » née en Ukraine, comme cet article tendancieux tendrait à nous dire. C’est à toute fin pratique une ukrainienne née à Kiev qui a vécu et passé toute sa jeunesse à Kiev et qui a étudié à Kiev. Qui est une ukrainienne à part entière et non une « Russe » comme si être russe ou avoir des origines russes devait être considéré actuellement comme une sorte de « maladie honteuse ».

Madame Lisitsa est une femme, une mère de famille qui est indignée par les multiples exactions qui ont été commises avec la bénédiction d’une partie de la communauté internationale à l’encontre d’une partie de la population d’Ukraine et ce depuis la « révolution » de Maidan. Pour laquelle Madame Lisitsa était initialement favorable.

Elle estime que c’est son devoir de femme, de mère de dénoncer souvent avec un sensible pointe d’humour, cette violence inutile et gratuite, elle s’exprime pour la paix et rejoint les cœurs de nombres de personnes qui comme elles élèvent leur voix contre ceux qui justifient cette violence infondée par la raison d’État.

Ce que je trouve choquant, c’est cette appellation pour ses mots de « gazouillis » produite par ses détracteurs ; ce qui relève purement et simplement du sexisme, véhiculant le stéréotype de la femme esseulée avec un cervelle de « petit oiseau ».

Ce qu’on reproche à la pianiste, c’est de s’exprimer librement, et on voudrait qu’elle réprime cette liberté en raison de sa profession. Ses propos qui peuvent être lus par tous, sur sa page Facebook tout comme sur son compte Twitter. Madame Lisitsa, invite d’ailleurs toutes celles et ceux que cela intéresse à prendre connaissance par eux-mêmes de ses écrits et de se faire leur propre idée.

Étonnement, les personnes les plus offusquées, qui accusent la pianiste « d’incitation à la haine » ; ce sont précisément celles qui se sont les plus engagées dans le soutien de la répression infligée à la population civile du Donbass. On réprime et on tue je suppose par amour ! C’est assez choquant en effet de constater que ces ukrainiens canadiens choqués, souhaitent rester anonymes et en même temps à la fois juges et parti.

Actuellement, l’opinion publique ukrainienne est tiraillée en raison de cette politique guerrière instrumentée au plus haut niveau. Même les partisans d’« Euromaidan » qui attendaient de cette « révolution » qu’elle mette un terme à la corruption et aux oligarchies qui se sont appropriées le pouvoir dans ce pays depuis la fin de l’Union soviétique, finissent-ils aussi par être déçus. La plupart des ukrainiens veulent vivre dans la paix, un point c’est tout.

Ce qui embarrasse ici, c’est de voir qu’un petit groupe de canadiens d’origines ukrainiennes, influents dans les cercles conservateurs, — lesquels ne sont pas représentatifs de tous les canadiens d’origines ukrainiennes -, qu’ils puissent avoir assez de poids pour contraindre la direction de l’Orchestre symphonique d’empêcher la musicienne de se produire malgré l’invitation et un contrat en bonne et due forme.

Ce qui interpelle plutôt, c’est que jusqu’à présent, madame Lisitsa, donne des concerts dans le monde entier, elle était à Paris voici peu (un concert triomphal) et personne ne s’objecte à ce qu’elle se produise où que ce soit seule ou avec plusieurs orchestres de calibre international.

De la même façon, si une mince partie du public ukrainien d’origine qui vit à Toronto, ne souhaitait pas assister aux représentations données par la pianiste, c’était un choix qui leur appartient. Pourquoi tout le public torontois, qui désire essentiellement entendre les concertos pour piano de Sergueï Rachmaninov, devait-il être privé de cette prestation en raison de ces pressions extérieures indues ?

Cette manière de faire est arbitraire, elle offusque la plupart des mélomanes partout dans le monde. Ce n’est pas un hasard si la presse de plusieurs pays, trouve pareils usages extrêmement déconcertants. Ce qui contribue une fois de plus à ternir l’image de marque du Canada qui pendant longtemps était très apprécié pour son ouverture, le respect de la libre expression et sa modération.