Vacances tout en suspenses

Des pages et des pages de quêtes et d’enquêtes, de fuites et de poursuites, à dévorer avidement pour passer un été vraiment trépidant.


Meurtre dans un jardin indien
Vikas Swarup
Belfond, 481 p., 29,95 $

Son premier roman nous a donné le film Slumdo­g Millionaire, son second est encore plus ingénieux. Six fois plus, en fait. Car l’écrivain indien Vikas Swarup, diplomate de son état, propose avec Meurtre dans un jardin indien six histoires parallèles – en l’occurrence, celles des suspects dans l’affaire du meurtre de Vicky Rai, play-boy immoral qui, disons-le, n’a pas volé sa peine capitale. Tous avaient un excellent motif de s’en débarrasser, tous en ont eu l’occasion lors d’une grande réception, tous ont contre eux des preuves accablantes. Dans la grande tradition bollywoodienne, certaines aventures sont tragiques, d’autres, complètement loufoques. Elles offrent, en prime, un panorama de l’Inde moderne avec ses conflits de classes et de religions, ses nouveaux riches aux goûts kitsch, ses ministres provinciaux rompus au gangstérisme, ses petits voleurs à la tire venus des bidonvilles. Les dialogues sont drôles, intelligents et, chose encore plus merveilleuse, le dénouement est à l’avenant. Absolument imprévisible.

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L’horizon
Patrick Modiano
Gallimard, 176 p., 29,95 $

Il y a des gens à qui on n’a rien demandé et qui, pourtant, prennent un malin plaisir à nous empoisonner l’existence. Ces trouble-fêtes « qui vous cachent l’horizon », selon les mots de Patrick Modiano, causent un tort irréparable aux deux victimes de son roman, justement intitulé L’horizon. Comme tous les amants, Bosmans et Margaret aimeraient se promener tranquillement dans Paris, sans être constamment sur le qui-vive. Mais le jeune libraire craint de croiser sa mère, harpie aux cheveux rouges qui lui réclame sans cesse de l’argent. Et la timide gouvernante est terrorisée à l’idée d’être repérée par Boyaval, un type violent à la peau grêlée qui fait une fixation sur elle et la poursuit avec son couteau depuis Annecy. Coincée, Margaret n’a d’autre choix que de disparaître, laissant à Bosmans bien peu d’indices pour la retrouver. Modiano retrace sa quête avec une hypersensibilité à fleur d’épiderme.


Orages ordinaires
William Boyd
Seuil, 560 p., 34,95 $

Essais cliniques dangereux, études trafiquées, corruption des médecins et de la presse scientifique… Tout ce qu’on reproche à l’industrie pharmaceutique est exposé noir sur blanc dans Orages ordinaires. Pour rendre l’amère pilule plus facile à avaler, William Boyd l’a enrobée dans un thriller qui, sans renouveler le genre, est un remède infaillible à l’ennui. Tout commence quand le directeur de recherche pour un nouveau médicament contre l’asthme est assassiné à Londres. Le seul témoin du meurtre, Adam Kindred, s’enfuit en état de panique, emportant avec lui des documents prouvant que le médicament a causé la mort d’enfants. Pourchassé par la police, traqué par le tueur de la société pharmaceutique, Adam trouve refuge sur les bords de la Tamise, survit en mangeant de la mouette, se fond dans l’anonymat des sans-abri. Et derrière le masque d’une nouvelle identité, se prépare à anéantir l’entreprise…


Le deuxième gant
Natasha Beaulieu
Alire, 548 p., 29,95 $

De toutes les déviances sexuelles, le fétichisme est sans doute la plus tolérée. En faire un roman exige néanmoins un certain courage. Natasha Beaulieu, de toute évidence, ne craint pas la controverse, car Le deuxième gant effleure par-dessus le marché l’inceste, le travestisme et même le culte de l’uniforme nazi ! Ce roman policier déguisé en conte érotique lance son héroïne un peu naïve, beaucoup maso, sur les traces d’une femme mystérieuse qui a perdu un gant de cuir rouge dans le métro. Elle devient bientôt vendeuse dans une ganterie de luxe de la rue Sherbrooke, dont les clients aux mains lestes font partie d’une société secrète de fétichistes du gant. Aussi fascinée que terrifiée par cet univers troublant, elle aboutit dans un château anglais appartenant à un ancien espion, où elle sera initiée à une série de jeux interdits et retrouvera de surcroît les meurtriers de son père et de son mari. Un roman à lire avec des gants blancs !

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Anges
Julie Grelley
Albin Michel, 192 p., 23,95 $

Aux empoisonneuses, veuves noires, prostitué­es vengeresses et infirmières de la mort qui constituent la panopli­e des tueuses en série, il faudra maintenan­t ajouter l’ex-mannequin assassin. Découverte à 14 ans, Colline a défilé sur tous les podiums, fait la couverture des grands magazines. Écœurée d’être « aimée pour de mauvaises raisons », elle a fui le jet-set internationa­l et réintégré le fond de sa Normandie natale. Elle s’est défiguré­e elle-même, elle est devenue obèse, et elle a fait de la prison après avoir séquestré un garçon. Depuis sa sortie, elle en a tué 12 autres, en essayant de les castrer pour les transformer en anges « sans péché, sans désir, sans sexe ». Homme­s sensibles, s’abstenir, car Julie Grelley ne recule devant aucune cruauté dans ses descriptions. Mais c’est pour mieux faire d’Anges une brutale mise en garde : à force de valorise­r la beauté, une société peut finir par engendrer des monstres.


Le corps de La Deneuve
Maxime Catellier
Coups de tête, 120 p., 14,95 $

À la faveur de la nuit, trois compères s’introduisent dans le cimetière de Montparnasse et déterrent le corps d’une actrice célèbre afin de le livrer à une bande de nécrophiles réunis dans un château de Transylvanie. Malheureusement, leur zeppelin fait fausse route et ils aboutissent à Montréal. Non, Maxime Catellier ne manque pas d’imagination, comme William Beckford ou Lautréamont avant lui. Il cède aux mêmes délires frénétiques quand il envoie ses héros dans une fumerie d’opium du quartier chinois, puis chez deux frères fanatiques d’oranges et de La Bolduc, où ils récupéreront un diamant « parfaitement taillé, d’un bleu sidérant », chaton de la reine des fées, qui leur servira de carburant pour le chemin du retour. Avec ses chevauchées dans un Paris assiégé, sa vision d’une femme abritant dans son sein une hirondelle et son hallucinante scène de résurrection, Le corps de La Deneuve est digne de figurer au rayon béni des livres maudits.


Invisible
Paul Auster
Actes Sud/Leméac, 304 p., 29,95 $

Ceux qui doutent encore du génie de Paul Auster voudront ravaler leurs paroles en lisant Invisible. Par un exploit vraiment pas mince, le maître de Brooklyn a réussi à transposer, en fiction, le paradoxe de celui qui dit « Je suis un menteur » : il ne ment pas s’il est menteur, mais il ment s’il ne l’est pas… Au lecteur de se retrouver dans le dédale de fausses vérités et d’exactes faussetés que confesse Adam Walker à propos de ses turbulentes années d’apprentissage. Sa relation incestueuse avec sa sœur aînée. Sa liaison avec Margot, la maîtresse de l’inquiétant professeur Rudolf Born, militariste enragé qu’Adam soupçonne d’être aussi un meurtrier. Son plan pour empoisonne­r la vie de Born et lui faire payer son crime quand il le retrouve à Paris… Juste comme on commence à départager le vrai du faux, l’introductio­n d’un nouvel élément laisse suggérer que les confessions d’Adam étaient, en fait, bien en deçà de la vérité. Et de la pure fiction.


Sans laisser de trace
Joseph Finder
Albin Michel, 480 p., 31,95 $

L’Américain Joseph Finder s’est spécialisé dans le thriller financier. Cette fois, il prend pour cible les sociétés militaires privées qui en auraient lourd sur la conscience – s’ils en avaient une. Sans laisser de trace met à leurs trousses Nick Heller, vétéran des forces spéciales en Irak, dont le frère, un génie de la finance, a disparu après avoir découvert des documents incriminant le Pentagone. Nick est maintenant enquêteur dans une agence de renseignement et il a délaissé les armes classiques pour l’ordinateu­r, le portable et le BlackBerry. Il devra cependant repolir ses tactiques de commando et mener une guérilla dans les rues de Washington ainsi que dans les coulisse­s du pouvoir s’il veut vaincre ces puissants ennemis-là.

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13 heures
Deon Meyer
Seuil, 464 p., 39,95 $

Le Cap, qui sera l’un des endroits qui accueilleront la Coupe du monde de soccer cet été, est aussi la ville la plus visitée d’Afrique du Sud. On comprend dès lors la catastrophe que pourrait représenter, pour les autorités, la disparition d’une touriste américaine. C’est ce qui arrive dans 13 heures, le nouveau thriller de Deon Meyer. De l’aube jusqu’au crépuscule, la journée sera dure pour l’inspecteur Benny Griessel, qui non seulement doit sauver la jeune touriste, mais aussi résoudre le meurtre d’un directeur de maison de disques, superviser la formation de cinq jeunes policiers, ménager les susceptibilités entre Zoulous, Afrikaners et Xhosas de son département, rester sur la voie de la sobriété et cacher à son épouse qu’il l’a trompée la veille. Étendant ses ramifications jusqu’aux réseaux de trafic humain, le roman maintient, tout au long de ses 13 chapitres, un rythme si haletant qu’on en oublie de respirer !

 

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