Vie et mort des petits festivals

Les festivals de musique en région ont un charme certain. Toutefois, il s’agit d’un écosystème bien fragile.

Le Festif !, à Baie-Saint-Paul. (Photo : Francis Gagnon)

La tornade des grands rassemblements musicaux, c’est bien, c’est flamboyant, c’est enivrant. Mais il suffit d’avoir mis les pieds dans un petit festival pour saisir le plaisir immense de vivre une expérience à hauteur d’homme. L’écosystème de ces plus modestes célébrations est toutefois fragile et l’on assiste à des disparitions autant qu’à des nouveautés ou des alliances.

Par exemple, cette année, le Saguenay–Lac-Saint-Jean aura vu un festival naître et un autre mourir. À Chicoutimi, dans la zone portuaire, a été inauguré le 8 juillet La Noce, qui le temps d’un soir a réuni sur scène huit vedettes ou groupes alternatifs, dont Klô Pelgag, Philippe Brach, Gazoline et Les Hôtesses d’Hilaire. Mais à Saint-Prime (entre Roberval et Saint-Félicien), Le Coup de grâce, qui insufflait depuis huit ans une bonne dose de musique à la petite ville pendant la longue fin de semaine de l’Action de grâce, a déclaré forfait, faute d’investissement public digne de ce nom.

Saint-Siméon, dans la région de Charlevoix, a vu disparaître, en 2016, sa ChantEauFête, où l’« affluence honnête n’était pas suffisante pour combler un manque flagrant de financement », selon l’organisation. Par contre, Le Festif !, à Baie-Saint-Paul, se hisse depuis quelque temps comme un festival musical incontournable, audacieux et bouillant, ancré dans sa collectivité.

Et quand les choses vacillent, il y a toujours les ententes stratégiques comme solution. Le Festival en chanson de Petite-Vallée, en Gaspésie, et celui de Tadoussac, de l’autre côté du Saint-Laurent, se sont formé des affinités, ont rapproché leurs dates et partagent une partie de leur programmation — donc de leurs frais. L’union fait la force.

Même qu’en Abitibi-Témiscamingue, quatre des principaux festivals de Rouyn-Noranda, dont le Festival des guitares du monde et le Festival de musique émergente, ont décidé de mener une campagne de promotion commune à Montréal pour conquérir un nouveau public. Quand le vent souffle fort, on se serre les coudes.

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9 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Je ne sais pas vous, mais moi, les festivals au Québec me sortent par les oreilles. Il y en a trop!

Qu’il y en ait quelques-uns (pas assez à mon goût) qui culbutent me laisse froid.

C’est pratiquement rendu que chaque petit hameau québécois a son propre petit festival de quelque chose, bien sûr subventionné en grande partie par les deniers publics, venant d’un des endroits les plus endettés au monde.

Trouvez pas ça un peu bizarre? Moi, si.

Au contraire! Vive la diversité! Dans l’article susmentionné, je constate que des intervenants en région prennent le taureau par les cornes plutôt que de gémir dans l’anonymat et je m’en réjouis.

En outre, ce n’est pas parce que les gens habitent en région qu’ils doivent se priver de tenir des festivals, d’autant que de nombreux acteurs locaux s’y investissent aussi. N’oubliez pas que les « grands » festivals (notamment ceux organisés à Montréal) touchent également des subventions. Il y va de la vitalité de notre industrie touristique, dans un contexte où la faiblesse du dollar canadien peut se révéler avantageuse.

Sachez que la plupart de ces festivals de petite ou moyen envergure ne sont pas ou très peu subventionnés. Ils subsistent majoritairement grâce à des commandites privés.

@ Yann:

À Montréal, c’est surtout le festival des cônes oranges qui bat son plein…

Chaque festival (incluant ceux de Montréal) devrait s’autofinancer. Point!

Je ne vois pas de logique dans le fait qu’un endroit comme le Québec qui est l’un des endroits les plus endettés de la planète continue de subventionner (en s’endettant davantage!) de quelque manière que ce soit des activités qui ne procurent que des bienfaits artificiels temporaires et saisonniers tout en aggravant notre problème financier.

Et surtout, SURTOUT ne venez pas me parler des « retombées économiques » des festivals qui ne sont en fait qu’un déplacement d’argent (i.e.: l’argent de NOS impôts qui sert à subventionner ces festivals ne peut être dépensé ailleurs comme auprès de nos élèves en difficultés, nos malades, etc…).

Y’a pas de quoi fêter pantoutte!!!

@ François 1 (12 juillet 2017, 4 h 49 min.)

Le « festival des cônes oranges » auquel vous faites ironiquement allusion résulte du sous-financement des infrastructures publiques qui a sévi pendant des décennies. Raison de plus pour ne pas se priver d’une source supplémentaire et substantielle de revenus comme celle découlant du tourisme.

Libre à vous de bouder dans votre coin. Cela dit, quand les touristes (locaux, nationaux ou internationaux) visitent le Québec et prennent part aux divers festivals, ils génèrent effectivement des retombées financières appréciables, dont bénéficient plusieurs intervenants économiques connexes du même milieu (restauration; hébergement; réserves naturelles; musées; etc.). Nombreux sont ceux qui, en région urbaine ou rurale, l’ont parfaitement compris. D’où l’utilité de proposer aux touristes des activités; quel touriste aurait envie de visiter un endroit où il n’y a rien à faire?

De plus, comme le souligne JC ci-dessus, l’État n’est pas le seul acteur en matière de financement : le secteur privé joue également un rôle. Il en va de même dans les autres pays, provinces ou états qui souhaitent légitimement tirer parti de cette intéressante manne.

Bref, le tourisme est une excellente source de revenus et c’est grâce (entre autres) à la tenue de festivals que les touristes ont le goût de revenir nous rendre visite ultérieurement.

@ Yann:

L’État déjà surendetté ne devrait pas subventionner des festivals alors que tant d’autres endroits souffrent de sous-financement. On ne peinture pas le pont d’un navire alors qu’il coule!

Les festivals devraient s’auto-financer à 100%!!! sans l’aide étatique.

Voici un petit quelque chose qui vous fera prendre conscience de ce que veut RÉELLEMENT dire le sophisme hyper-galvaudé des « retombées économiques ». Il y a ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophisme_de_la_vitre_cass%C3%A9e

Bonne lecture.

@ François 1 (17 juillet…)

L’hyperlien suggéré est intéressant, mais ne s’applique pas forcément à la tenue de festivals au Québec : ceux-ci n’occasionnent pas de destruction mais permettent plutôt une mise en valeur du capital humain et naturel de l’endroit où ils se déroulent. Je respecte votre point de vue, mais je maintiens le mien. Au plaisir de débattre de nouveau avec vous et, surtout, tâchez de profiter au maximum de la belle saison!

@ Yann:

Si l’argent dépensé par l’État dans les festivals était laissé dans les poches des citoyens, ces derniers le dépenseraient ailleurs, selon LEUR bon vouloir et cette dépense LIBRE et ASSUMÉE créerait une » mise en valeur du capital humain et naturel de l’endroit où cette dépense se ferait ». SAUF que cette dite dépense se ferait de façon LIBRE et CONSENTANTE sans les contraintes et les dépenses supplémentaires qu’entraînent forcément la centralisation du contrôle étatique.

Bon été…

Garder sa couleur, sa texture permet d’attirer des partenaires. Vouloir trop plaire aux gros commanditaires rend beige et ne permet plus d’être aussi distinctif. Difficile équilibre qui demande de la vision, une direction artistique cohérente et des communications qui suivent…