Vivaldi – Farnace

Le chef Diego Fasolis met le feu à ce chef-d’œuvre, qui retrouve un éclat digne de Venise et où, en prime, dans ce cortège de splendeur, Karina Gauvin fait ruisseler sa féminité sensuelle. Le Prêtre roux n’aura jamais autant flamboyé.

par Georges Nicholson

Le film Farinelli, de Corbiau, nous a montré à quels excès la quête de l’absolu pouvait mener : émasculer un homme pour que triomphe la beauté ! L’apprentissage écrasant (si on ose dire) auquel étaient soumis ces artistes nous répugne et nous fascine à la fois, et imaginer cette voix freak demeure un fantasme. Et pourtant, le miracle existe et s’appelle Max Emanuel Cencic.

C’est la première fois que j’ai l’impression d’entendre un véritable castrat, par l’étendue, la virtuosité et la force confondante qui déferlent sur nous. Cencic nous ramène à cette androgynie troublante où le féminin se confond avec le masculin et vice versa. Le chef Diego Fasolis met le feu à ce chef-d’œuvre, qui retrouve un éclat digne de Venise et où, en prime, dans ce cortège de splendeur, Karina Gauvin fait ruisseler sa féminité sensuelle. Le Prêtre roux n’aura jamais autant flamboyé.

VIVALDI – FARNACE. Cencic, etc., I Barocchisti, dir. Fasolis. Trois CD, Virgin, 50999 0709142 1.

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