Encore un acte pour Charlotte

En 2018, un lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) a presque emporté Charlotte. Aujourd’hui, grâce aux thérapies cellulaires, cette grande amoureuse de la vie profite de chaque instant de son quotidien sans lymphome.

Promenade sur la propriété de Markham, en Ontario, avec son partenaire, Colin, et ses fils, Ori et Matthew.

À 64 ans, Charlotte Grad était plus en forme que jamais. Grande voyageuse, grand-maman dévouée, passionnée de théâtre et adepte de l’exercice physique, elle était habituellement au gym ou en train de parcourir, à pied ou à vélo, les nombreux sentiers près de Markham, en Ontario. Tout comme Colin, son conjoint depuis 23 ans, elle était du genre à profiter de chaque instant.

C’était en 2017. Charlotte se préparait à partir en Inde, une escapade dont elle avait longtemps rêvé, quand elle a commencé à ressentir une douleur persistante près de l’aine. Puisqu’elle connaissait bien son corps, elle s’est dit que ce n’était pas une raison suffisante pour changer ses plans de voyage. Or, une fois arrivée à destination, elle a vu son état s’empirer. « Nous avons passé deux semaines en Inde, et j’ai pris des anti-inflammatoires et de l’ibuprofène du début à la fin », se souvient Charlotte. « J’ai commencé à penser que j’avais sûrement besoin d’une prothèse de hanche. Je me disais qu’à 64 ans, après une vingtaine d’années à faire énormément d’exercice, c’était logique. »

Charlotte garde un excellent souvenir de son voyage à Delhi, Varanasi et Jaipur, mais elle admet qu’elle pressentait déjà que le problème était grave. « Quand je suis revenue au Canada, mon médecin m’a fait passer une scintigraphie osseuse qui a révélé une anomalie », confie-t-elle. « C’est vraiment là que tout s’est mis en branle. »

Charlotte se remémorant ses voyages en feuilletant un beau livre sur l’Inde.

Thérapie cellulaire à l’œuvre

À l’origine, l’équipe médicale de Charlotte croyait que la masse était peut-être un sarcome, mais une biopsie a permis de déterminer qu’il s’agissait d’un lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB), la forme la plus courante de lymphome non hodgkinien (LNH). « Au début, quand j’ai reçu mon diagnostic, ils m’ont dit que j’étais chanceuse parce que le taux de survie du LNH est meilleur que celui du sarcome des tissus mous », explique Charlotte. « Ce qu’ils ne savaient pas encore, c’est que mon cancer était particulier et qu’il comptait deux mutations qui le rendaient encore plus agressif et résistant aux traitements contre les tumeurs. Ils ne savaient pas non plus qu’il en était déjà au stade quatre. »

Après deux cycles de chimiothérapie et deux essais cliniques, le cancer de Charlotte avait doublé au lieu de régresser. Charlotte n’était donc plus une candidate admissible à la greffe de cellules souches. « C’est là qu’on a vraiment vu les probabilités se transformer », indique l’oncologue de Charlotte, le Dr John Kuruvilla du Centre de cancérologie Princess Margaret. « L’heure était grave : nous avions épuisé toutes les possibilités de traitements autorisés à la vente au Canada. Il nous restait les options expérimentales. »

« Ils m’ont renvoyée à la maison », se souvient Charlotte. « Ils m’ont dit qu’il me restait de 6 à 12 mois à vivre. »

Des efforts concertés

En cette période de lourdes incertitudes, Charlotte et sa fille aînée, Melanie, se sont évertuées à explorer toutes les options de traitement offertes aux patients atteints d’un LDGCB récidivant ou réfractaire. Leurs recherches et leurs consultations suivies auprès du Dr Kuruvilla leur ont permis de cerner un type de traitement de pointe : la thérapie immunocellulaire CAR T-cell (CAR pour Chimeric Antigen Receptor). « L’objectif de la thérapie CAR T-Cell est de prélever des cellules immunitaires du patient et de les modifier génétiquement afin qu’elles ciblent un marqueur spécifique des cellules cancéreuses et qu’elles puissent détruire celles-ci lorsqu’elles les rencontrent », explique le DKuruvilla. « Une fois qu’elles ont été modifiées génétiquement, les cellules sont réintroduites dans le sang du patient. »

Charlotte s’est vu proposer l’option de suivre le traitement CAR T-Cell aux États-Unis, mais elle a choisi de se faire traiter plus près de chez elle — une avenue qui eut été impossible sans les efforts et le soutien du Dr Kuruvilla et de son équipe. En août 2018, Charlotte a enfin subi les nombreux examens physiques de préparation au prélèvement de cellules immunitaires. Ces dernières ont ensuite été envoyées dans un laboratoire afin d’être modifiées.

En septembre, les cellules modifiées génétiquement ont été renvoyées à Toronto, prêtes à être réintroduites dans le sang de Charlotte. Au terme de longues semaines d’attente et d’angoisse, il suffisait maintenant d’une petite intervention d’une heure. Charlotte fut ensuite immédiatement admise à l’hôpital et surveillée de près pendant deux semaines au cas où il y aurait des effets secondaires. « Tout au long de mon séjour à l’hôpital, Colin et mes enfants se sont relayés à mon chevet afin que je ne passe pas une minute toute seule », raconte-t-elle. « Je me rappelle m’être dit que je devais m’en sortir. Pour eux. »

L’oncologue de Charlotte, le Dr John Kuruvilla du Centre de cancérologie Princess Margaret

Trouver sa voix

Deux ans plus tard, Charlotte est toujours en rémission, et elle remercie son équipe soignante pour chaque randonnée, voyage, anniversaire et visite (à distance raisonnable) avec son petit-fils. Si elle n’avait pas eu accès à la thérapie CAR T-Cell par l’entremise d’un essai clinique, elle ne serait sans doute pas des nôtres aujourd’hui. Et malheureusement, certains patients attendent toujours d’accéder à de telles thérapies. « Seul un petit nombre de centres sont en mesure d’offrir le traitement au Canada », explique le DKuruvilla. « Il y a une inégalité en matière d’accès en ce moment dans tout le pays, et nous souhaitons ardemment que la situation se règle. »

Aujourd’hui, près de deux ans plus tard, Charlotte continue de tenir à cœur la notion d’espoir et la défense de la cause. C’est pourquoi elle est si heureuse de pouvoir livrer ce témoignage. « Je veux que les gens sachent qu’il est possible de vivre en ayant le cancer », explique-t-elle. « Le cancer peut être fatal, ou pas, mais on peut continuer à vivre entre-temps. Quand j’ai reçu mon diagnostic initial, je ne savais pas que c’était possible. Si je peux inspirer une seule personne à ne pas abandonner et à continuer à se renseigner et à se faire l’apôtre de sa propre santé, je serai très heureuse. »

Au début de 2020, Charlotte a suivi un cours de théâtre à l’Université Ryerson, s’aventurant de son propre aveu en terrain très inconnu. Elle a aussi repris ses randonnées avec Colin, sortant parfois jusqu’à cinq fois par semaine. Des activités qui eurent été impensables il y a de cela quelques années.

« Aujourd’hui, je me sens très bien », affirme Charlotte, dont la joie de vivre caractéristique n’a d’égale que la teinte écarlate de sa monture de lunettes. « J’ai recommencé à planifier ma vie. Pendant deux ans, je n’ai pas pu planifier quoi que ce soit plus d’un mois à l’avance. Maintenant, mon avenir est aussi ouvert que celui des autres. Je savoure réellement chaque journée qui passe. Je ne veux pas en perdre une minute. Je reconnais aujourd’hui la beauté qui émane de partout. »

Lymphome Canada se donne pour mission de s’assurer que tous les patients atteints d’un lymphome au Canada aient accès à l’information la plus précise et la plus récente sur leur maladie, au soutien dont ils ont besoin et aux soins et traitements optimaux pour leur type de lymphome particulier. Consultez lymphoma.ca/fr pour des ressources, du soutien ou de plus amples renseignements.

Communiquez avec nous:
Facebook: 
@LymphomaCanada
Twitter: @LymphomaCanada
Instagram: @lymphomacanada

Commandité par un membre de Médicaments novateurs Canada.


Ce contenu a été produit par l’annonceur. Les journalistes de L’actualité n’ont pas été impliqués dans la production de ce contenu.

Laisser un commentaire