Des villes en santé

La démocratie se remet de la pandémie

La pandémie a complexifié les deux plus grands défis de la démocratie municipale – la participation citoyenne et le recrutement de candidat·es – tout en accélérant le virage numérique des municipalités québécoises. Un an après les dernières élections dans nos villes et villages, voici un bilan de santé de nos pouvoirs de proximité.

« Étant donné que tout l’espace médiatique était occupé par la crise en cours et que le pouvoir était concentré entre les mains du premier ministre et de la Santé publique, la démocratie a été en difficulté pendant la pandémie », expose Jonathan Durand Folco, professeur adjoint à l’École d’innovation sociale de l’Université Saint-Paul.

Quand on compare les données du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation sur les élections municipales de 2021 avec celles de 2017, des constats s’imposent. « Le taux de participation est passé de 44,8 % à 38,7 %, ce qui n’est pas un bon signe de santé démocratique », souligne l’expert dont les recherches portent sur la démocratie participative. Autre donnée inquiétante : le pourcentage d’élus par acclamation (sans opposition), qui est passé de 56,3 % à 62,7 %.

Un renouveau est en cours, caractérisé par des candidats plus « verts » soutenus par des initiatives comme Vague écologiste, au municipal, ainsi que par un meilleur équilibre hommes-femmes grâce à des organismes comme le groupe Femmes, politique et démocratie. Le taux de candidates a d’ailleurs augmenté, grimpant de 31,3 % à 35,5 %.

Surtout, de nouveaux outils ont le potentiel de revitaliser la démocratie municipale.

Échanges virtuels et budgets participatifs

Si la tenue de conseils municipaux en ligne a suscité bon nombre de moments cocasses dont l’émission Infoman a fait ses choux gras, elle a aussi ouvert de nouvelles voies d’échange avec les citoyens. Plusieurs villes ont refait leurs sites Web et modernisé leurs moyens de communication.

Ce rattrapage numérique forcé par la pandémie n’a pas les mêmes effets sur la création de liens que peuvent avoir des discussions en personne, prévient toutefois Jonathan Durand Folco. Mais avoir accès à une plus grande quantité d’information (exacte) et multiplier les d’interactions (respectueuses) est tout de même une bonne chose.

Autre avenue prometteuse : les budgets participatifs. Ce dispositif de gestion hybride fait en sorte qu’une portion du budget de fonctionnement ou du budget triennal d’une ville est consacrée à des projets citoyens, sélectionnés par un comité mixte et réalisés par la municipalité. Il connaît une popularité grandissante au Québec depuis les dernières années.

Le Centre d’écologie urbaine de Montréal accompagne des dizaines de villes partout au Québec et répertorie des projets inspirants, comme des jardins fruitiers à Matane, une initiative de revitalisation urbaine à Drummondville et un parc linéaire sur le site d’un ancien chemin de fer à Chicoutimi.

Ces projets ne sont toutefois qu’une infime partie de tout ce qui se fait en matière d’initiatives participatives. Pour attiser d’autres étincelles, il ne manque qu’une structure fédératrice qui unirait tous les endroits où les citoyens peuvent réellement contribuer à changer les choses.


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