Les troubles cognitifs, une histoire de cœur?

Des chercheurs de l’Institut de Cardiologie de Montréal et son centre de coordination mènent actuellement une étude d’envergure visant à établir l’efficacité d’un traitement pour prévenir le déclin cognitif chez les personnes atteintes de fibrillation auriculaire, le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent au monde. L’instigatrice du projet, la Dre Lena Rivard, nous parle de cette avenue thérapeutique aussi innovatrice que prometteuse.

En 2015, quand la Dre Lena Rivard et ses collègues de l’Institut de Cardiologie de Montréal ont lancé la phase préliminaire de l’étude BRAIN-AF, un premier constat s’est dégagé : parmi les 500 participants de moins de 62 ans atteints de fibrillation auriculaire, plusieurs présentaient déjà des signes de déclin cognitif en dépit de leur jeune âge. L’importance de trouver un médicament qui permettrait de traiter le cœur et d’aider le cerveau s’est ainsi imposée.

Explorer le lien entre cœur et cerveau

Touchant environ 200 000 personnes au Canada, la fibrillation auriculaire est une maladie cardiovasculaire qui affecte les oreillettes – les deux cavités supérieures du cœur – et a comme conséquence de réduire l’efficacité de celui-ci à pomper le sang.

« Notre étude est la première à s’attarder aux effets de ce trouble sur le déclin cognitif de jeunes patients. Nous pensons que des microcaillots d’origine cardiaque endommagent le cerveau des gens touchés par la fibrillation auriculaire », affirme la Dre Lena Rivard, qui ajoute que cette maladie peut se traduire par des palpitations et d’autres malaises, mais peut aussi passer totalement inaperçue. Quand c’est le cas, elle est souvent détectée trop tard, après la survenue d’un accident vasculaire cérébral.

Le manque d’études sur les jeunes patients atteints de ce trouble a toutefois un impact négatif sur leur prise en charge. « Selon les recommandations actuelles, c’est à partir de 65 ans ou en présence d’un facteur de risque comme l’hypertension, le diabète ou une maladie cardiaque qu’un patient se voit prescrire un médicament anticoagulant. Une personne dans la cinquantaine atteinte de fibrillation auriculaire sans autre facteur de risque n’a pas accès à cette médication puisqu’aucune étude randomisée n’a étudié cette population. Le taux d’accidents vasculaires cérébraux est faible dans cette catégorie de population et un anticoagulant est associé à une augmentation du risque de saignements. Notre étude, en prenant en compte non seulement le risque d’accident vasculaire cérébral, mais aussi le risque de déclin cognitif, cherche à savoir si cette catégorie de jeunes patients pourrait en bénéficier. »

Freiner la progression des dommages

Les observations cliniques ont ainsi poussé la Dre Rivard et ses collègues, les Drs Denis Roy et Paul Khairy, à mettre sur pied l’étude BRAIN-AF qui est déployée dans 44 centres au Canada, dont près de la moitié se trouvent au Québec. Près de 40 % des 2180 patients nécessaires à l’étude ont déjà été recrutés. La recherche vient d’ailleurs de recevoir une subvention de 1,4 million $ de la part des Instituts de recherche en santé du Canada. Ce coup de pouce permettra d’accélérer, à distance, le recrutement de participants dans le but de valider le potentiel d’un anticoagulant, nommé rivaroxaban, pour traiter la fibrillation auriculaire et réduire de 30 % les risques de troubles cognitifs chez les 30 à 65 ans ou, du moins, ralentir leur progression.

La démarche pourrait mener à une percée médicale majeure, car il s’agirait d’une nouvelle approche pour prévenir les troubles cognitifs ainsi que la démence, une maladie qui touche plus de 747 000 Canadiens.

Pour en savoir plus sur l’étude et y participer :

fondationicm.org/brain-af/


Ce contenu a été produit par Mishmash Studio de marques en collaboration avec l’annonceur. Les journalistes de L’actualité n’ont pas été impliqués dans la production de ce contenu.

Laisser un commentaire

Je crois avoir un trouble cognitif qui augmente
Graduellement.J’ai déjà consulter un neuropsychologue il y a deux ans. Il me confirme que ce n’est pas un signe avant coureur d’Alzheimer Je constate que ma mémoire est déficiente et que j’ai parfois de la difficulté à résoudre des problèmes . J’ai 77 ans et encore en forme physiquement. Est-ce trop tard pour participer à l’essai.

Répondre

Ma mère a 91 ans. Depuis le début de la Covid elle a un déclin cognitif impressionnant.
Elle prend de la médication pour la haute pression. Est-ce qu’elle pourrait faire partie de l’étude?

Répondre

Mon conjoint a été diagnostiqué avec une fibrillation auriculaire en 2013. On lui a installé un appareil permanent. Il avait commencé à avoir des problèmes d’orientation et cognitifs. Tout a dégénéré après 2015 (diagnostique de l’Alzheimer). Il est décédé en janvier 2019. Il était reconnu dans sa famille pour avoir une mémoire de tout, mais après son problème cardiaque, tout s’est dégradé.

Répondre