11 bonnes nouvelles pour la biodiversité

Avec l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre et de la déforestation, la « relance verte » est loin d’être acquise. Mais en ce Jour de la Terre, célébrons plusieurs avancées qui ravivent l’espoir pour les animaux et la végétation.

Wikimedia Commons ; Unsplash / Montage L'actualité
Le retour des tortues 

Près de 70 tortues luths sont nées depuis janvier sur des plages de l’Équateur, après une incubation artificielle. Ces expériences réussies laissent entrevoir la possibilité de sauver cette espèce de grande tortue marine en danger critique de disparition dans le Pacifique Est. 

Aux Galápagos, les autorités viennent de relâcher dans la nature les 15 tortues géantes d’Española, dernières survivantes de leur espèce, qui avaient été placées en captivité il y a 55 ans pour leur préservation. Depuis, ces 15 tortues ont donné naissance à plus de 2 000 bébés qui ont grandi dans leur habitat naturel au fil des ans. L’espèce est toujours sous étroite surveillance, mais elle est considérée comme sauvée. Les chercheurs ont aussi découvert que les abords d’un volcan des Galápagos hébergeaient des milliers d’individus d’une autre espèce de tortue géante, Chelonoidis vandenberghi, que l’on croyait en mauvaise posture. Cette population en pleine santé aurait largement profité d’un programme instauré en 2006 qui a permis d’éradiquer les ânes et les chèvres de l’île, ces derniers prenant trop de place là où vivaient ces tortues.

Halte à la pêche illégale

Les initiatives pour lutter contre la pêche illégale se multiplient dans le monde. Pêches et Océans Canada, par exemple, a lancé en février 2021 un programme de surveillance par satellite des « navires sombres », lequel va aider de petits États insulaires à repérer les bateaux dont les dispositifs de localisation sont éteints. Aux États-Unis, les défenseurs des océans réclament depuis longtemps des mesures plus ambitieuses pour contrer ce fléau. Un premier rapport de la US International Trade Commission a estimé en mars que le pays avait importé, en 2019, pour environ 2,4 milliards de dollars de produits de la mer obtenus illégalement. Cela priverait l’industrie américaine de plus de 60 millions de dollars de revenus par année.

Les Chinois veulent moins d’ivoire

Depuis que le commerce de l’ivoire a été interdit en Chine, en 2017, le World Wildlife Fund sonde tous les ans des consommateurs dans 16 villes chinoises afin de déterminer s’ils sont plus ou moins enclins à renoncer aux produits contenant de l’ivoire, qui continuent d’être vendus illégalement. Les statistiques montrent que les acheteurs convaincus sont de moins en moins nombreux, puisqu’ils ne représentent plus que 8 % des personnes interrogées, contre 19 % en 2017. Autre signe encourageant : c’est dans la tranche d’âge des 18-30 ans que les plus grands progrès ont été observés.

Une journée mondiale du réensauvagement

Les Nations unies viennent d’instaurer une journée mondiale du réensauvagement — le 20 mars — pour célébrer les initiatives qui visent à restaurer des espaces naturels de manière à ce qu’ils retrouvent leur biodiversité, plutôt que de simplement protéger des territoires. La Global Rewilding Alliance regroupe déjà 120 organisations, actives dans 70 pays, qui travaillent au réensauvagement de 100 millions d’hectares. Ainsi, au Canada, par exemple, Parcs Canada a réintroduit des bisons dans le parc national de Banff en 2018, plus d’un siècle après leur disparition. La harde compte 36 individus, suivis par colliers émetteurs depuis octobre dernier, et les chercheurs voient déjà ses bienfaits sur le territoire, puisque la présence des bisons profite aussi bien aux oiseaux qu’aux loups, aux ours ou aux grenouilles, en remodelant le territoire avec leur piétinement et leurs déjections, par exemple. Suivant le même principe, l’Argentine vient de commencer à réintroduire des jaguars dans l’immense parc Iberá, à la frontière avec le Paraguay, d’où ils étaient disparus depuis 70 ans.

Un bon coup de pouce à la Grande Muraille verte de l’Afrique

Lancé en 2007, ce projet vise à implanter d’ici 2030 une barrière de forêt de quelque 15 km de largeur sur plus de 8 000 km de longueur, traversant 11 pays de Djibouti au Sénégal. Objectif : lutter contre les changements climatiques et leur impact, bloquer la progression du Sahara et améliorer les conditions de vie locales. Jusqu’à présent, seulement 16 % de la superficie de la Grande Muraille verte a été reboisée, mais la Banque mondiale, l’Union africaine et le gouvernement français viennent de s’engager à accroître leur financement de 14 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années. 

De l’espoir pour les coraux

La moitié des récifs coralliens ont disparu au cours des 20 dernières années, et la perte de ces habitats essentiels pour bien des animaux marins risque de s’accentuer à mesure que les océans vont se réchauffer et s’acidifier. Mais des découvertes récentes laissent penser qu’on peut agir sur ce phénomène. En 2019, une vaste revue de la littérature scientifique par l’Académie des sciences américaine a relevé 23 manières différentes de favoriser la résilience des coraux, et celles-ci semblent donner des résultats. En Australie, par exemple, des chercheurs ont démontré qu’on pouvait « planter » des coraux pour freiner leur disparition, et ils étudient comment simplifier cette tâche pour qu’elle puisse être confiée en partie aux touristes qui visitent les récifs.

Le déclin des marées noires

Dans les années 1970, il y avait en moyenne 24,5 marées noires par an, causées par des déversements pétroliers majeurs en mer. Dans la décennie 2010, il y en a eu 1,7 par an. La quantité de pétrole brut transporté par bateau a pourtant augmenté de 50 % durant cette période.

Rendre l’Amazonie aux Autochtones

La Cour suprême du Brésil vient d’accepter de rouvrir le dossier d’annulation de la restitution de terres ancestrales à la communauté guaranie, malgré la ferme opposition du président Bolsonaro. Une victoire pourrait avoir beaucoup d’impact sur la planète : selon un nouveau rapport de la Food and Agriculture Organization (FAO), 45 % de la forêt primaire restante en Amérique latine et aux Caraïbes est en territoire autochtone. Entre 2003 et 2016, la quantité de carbone stocké dans les forêts sous gouvernance autochtone a diminué de 0,3 %, contre 0,6 % dans les territoires protégés, et 3,6 % dans le reste des forêts de cette région.

Une amélioration pour des animaux quasi disparus

Plusieurs animaux en danger critique d’extinction se portent mieux sur la planète. Au Vietnam, par exemple, le langur de Delacour, un singe dont il ne restait qu’une quarantaine d’individus en 2000, a vu sa population quadrupler, grâce à une lutte musclée contre le braconnage et pour la protection de son territoire. En Afrique, la population de gorilles des montagnes, estimée à 350 individus à la fin des années 1980, dépasse aujourd’hui les 1 000 individus, même si l’espèce demeure très menacée. En 2010, il n’y avait plus que 3 200 tigres dans toute l’Asie, mais un programme du World Wildlife Fund visant à doubler le nombre de tigres sauvages d’ici 2022 est sur le point de réussir. En Inde, par exemple, leur population a déjà plus que doublé, et l’espèce a nettement pris du mieux dans plusieurs régions de la Chine, de la Russie et du Bhoutan.

Plus d’aires protégées que jamais

La superficie des aires protégées augmente à mesure que les pays tentent de respecter leurs engagements envers la sauvegarde de la biodiversité. Actuellement, 15,4 % de la surface terrestre et 17,8 % des eaux territoriales sont protégées dans le monde, contre 14,7 % et 10,2 % en 2016. Après 17 ans de négociations, le World Wildlife Fund a convaincu la Russie de protéger une immense zone de 300 000 hectares de forêt boréale dans la région d’Arkhangelsk. Il s’agit de la plus grande forêt encore intacte d’Europe.

Contrer la déforestation importée

La Belgique vient de se joindre à plusieurs États d’Europe qui se sont engagés à ne plus importer de biocarburants tirés de l’huile de palme dès 2022. Les plantations de palmiers à huile sont une des causes majeures de destruction des forêts primaires dans plusieurs pays. En 2020, la consommation de ces produits par la Belgique correspondait à l’exploitation d’un territoire grand comme 100 000 terrains de soccer. Neuf pays européens ont déjà signé l’Amsterdam Declarations Partnership, par lequel ils ont promis de mettre fin à la déforestation importée en éliminant, d’ici 2025, l’importation de tous les produits agricoles de base qui y contribuent.

Les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas ici ! Demain, lisez notre article sur les espoirs dans le domaine de l’énergie et de la qualité de l’air.

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Très encourageant les initiative à travers le monde pour améliorer la biodiversité.
Mais décourageant que l’article soit truffé de publicité pour les VUS!

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Merci de nous partager ces bonnes nouvelles. En ce jour de la terre, elles sont réconfortantes et encourageantes. Bravo pour notre résilience environnementale au quotidien. Continuons d’y croire et d’agir pour la sauvegarde et le bien-être de notre petite planète bleue car c’est la seule que nous ayons.

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Je suis bien content d’avoir quelques bonnes nouvelles sur le front environnemental mais quand je vois le titre « Une amélioration pour des animaux quasi disparus » je tique un peu, content de voir qu’on fait des efforts en Afrique et en Asie mais quand je pense par exemple à la chouette tachetée qui est sur le bord de l’extinction au Canada et que son seul habitat dans le sud de la Colombie-Britannique est en train d’être détruit par les forestières sous l’œil bienveillant du gouvernement néodémocrate de cette province, je trouve ça pathétique qu’au Canada on laisse faire. Ça c’est sans parler du caribou des bois en Abitibi qu’on protège en mettant les rares survivants dans un enclos pendant que les forestières détruisent son habitat… Faudrait surtout pas sacrifier des jobs pour des caribous n’est-ce pas! Le même scénario risque de se passer avec le caribou en Gaspésie. Il ne faut surtout pas relâcher la vigilance car on n’est pas mieux ici qu’ailleurs en matière de protection de l’environnement et de contrôle des changements climatiques.

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