Faut-il avoir peur… de la disparition des plages ?

Dans 30 ans, la longueur des plages sur la planète aura diminué de près de 15 %. Et le Canada, qui possède le plus long littoral du monde, risque d’être parmi les pays les plus touchés.

Aux Îles de la Madeleine (Photo : Louis-Philippe Poitras / Unsplash)

La moitié des plages du monde vont-elles disparaître à cause des changements climatiques, comme on l’a lu récemment ? La menace est réelle, mais pourrait être partiellement contrée, selon les résultats d’une étude publiée dans la revue Nature Climate Change.

À partir d’images satellites et de multiples données sur le climat et les océans, Michalis Vousdoukas et ses collègues du Centre commun de recherche de la Commission européenne ont construit un modèle mathématique combinant les effets de la hausse du niveau des océans, de l’augmentation de l’érosion due à des tempêtes plus fréquentes et de tous les phénomènes naturels et autres interventions humaines qui redessinent les plages. Puis, les chercheurs ont évalué quelles seraient les conséquences de deux scénarios de réchauffement climatique : l’un modérément optimiste, qui correspond à une hausse des émissions de gaz à effet de serre jusqu’à 2040 suivie d’une baisse progressive, et l’autre très pessimiste, qui considère qu’aucun progrès ne sera réalisé au cours des 80 prochaines années.

Résultat : dans 30 ans, la longueur des plages sur la planète aura au mieux chuté de 13 %, au pire de 15 %, et cette diminution s’accentuera pour accuser un recul de 37 % à 50 % à la fin du siècle, selon le scénario retenu. S’il n’y avait aucun obstacle physique au retrait des plages, elles reculeraient vers l’intérieur des terres de 80 à 120 m en moyenne. En réalité, les répercussions seront très variables d’un endroit à l’autre, en fonction du relief et des constructions qui peuvent bloquer le recul des plages. Le tiers des plages du globe sont situées dans des régions plates et densément peuplées ; même dans le scénario optimiste, le tiers desdites régions devront composer avec de sérieux problèmes d’érosion d’ici 2050.

Ce phénomène aura des conséquences majeures dans les destinations touristiques, mais aussi partout où les plages servent de zones tampons pour protéger les côtes habitées des tempêtes et des ouragans, soulignent les chercheurs. L’Asie du Sud-Est et les îles des Caraïbes sont particulièrement vulnérables. Le Canada, qui possède le plus long littoral du monde (243 000 km), risque également d’avoir le record d’étendues de plages disparues.

Le phénomène est inéluctable, mais des actions musclées pourraient en amoindrir les répercussions. Limiter la hausse des émissions au scénario optimiste, un objectif encore réaliste vu les engagements actuels, permettrait de sauver pas moins de 40 % des plages menacées ! Les protéger par des digues ou d’autres aménagements sera aussi envisageable. Mais les coûts iront en augmentant et les travaux deviendront vite impossibles à réaliser dans de nombreuses parties du monde, préviennent les chercheurs.

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