Monsieur Legault, êtes-vous climatosceptique ?

Le plan vert du gouvernement Legault doit tenir ses promesses. Sinon, le ministre responsable de la lutte contre le réchauffement climatique n’aura d’autre choix que de démissionner.

François Legault et son ministre de l'Environnement Benoit Charette, le 30 janvier 2020 à Saint-Sauveur (Photo : La Presse Canadienne)

Il y a un an, je défiais le gouvernement Legault de faire la preuve qu’il n’était pas climatosceptique. Aujourd’hui, alors qu’une grande majorité de Québécois espèrent que le Québec va mettre en œuvre les mesures qui s’imposent pour répondre à la crise climatique, on apprend par la voix d’experts, indépendants et crédibles, que le plan promis par son gouvernement n’arrive pas à la moitié de sa propre cible de 37,5 % ! Une cible qui demeure pourtant bien en deçà de ce que la science exige !

Après deux ans de travail et de consultations, où de nombreux membres de la société civile ont fait de généreuses propositions, si le gouvernement ne parvient pas à mettre sur la table le plan auquel il prétendait, il doit avoir l’humilité et le courage de l’admettre. Comme il s’est senti un devoir de parler franc pour répondre à la crise de la COVID-19, attitude qui le rend aujourd’hui si populaire. Autrement, il risque de perdre toute sa crédibilité en tentant de nous faire avaler par des formules-chocs des progrès insuffisants.

Dans un contexte où il s’active à dépenser des milliards pour relancer l’économie, le gouvernement Legault doit montrer avec transparence là où les sommes investies dans son plan iront chercher, secteur par secteur, les 29 millions de tonnes de gaz à effet de serre que le Québec doit supprimer pour atteindre sa cible de réduction de 37,5 %. Ce serait là un début crédible. Or, visiblement, malgré quelques mesures encourageantes, notamment en électrification des transports, il ignore toujours comment il va y parvenir !

Pourtant, les solutions existent. Mais à quoi bon mener des consultations si on n’a pas l’intention de prendre en compte les suggestions ? Quand on sait avec quelle détermination beaucoup de citoyens s’activent pour apporter leur contribution, quand on constate que le milieu des affaires arrive à un certain nombre de consensus avec des groupes écologistes, il est difficile de croire que ce gouvernement soit en train de rater sa chance de se poser en véritable coalition pour l’avenir du Québec.

S’il n’est pas climatosceptique, le gouvernement doit présenter un plan convaincant, cohérent et clair, qui expliquera les actions concrètes et mesurables qu’il faut prendre pour atteindre les cibles. Sans ce plan crédible, les actions du gouvernement risquent d’aggraver une situation déjà critique et de scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Il est urgent de traiter la crise climatique pour ce qu’elle est : une crise qui est et qui sera autrement plus dévastatrice que la pandémie ! Et cette urgence nécessite de lancer avec envergure un véritable projet de société.

Mais encore faut-il que la volonté politique soit à la hauteur du défi à relever. La nouvelle loi 44 sur le climat vient de consacrer le ministre de l’Environnement comme grand responsable de la lutte contre les changements climatiques. S’il dépose un plan qui ne tient pas ses promesses, le ministre Charette fera la preuve que la stratégie de son gouvernement a échoué et il devra démissionner.

Rappelons que, lors de son discours d’ouverture à l’Assemblée nationale, le premier ministre Legault a solennellement déclaré : « La survie de notre planète est en jeu. Je ne peux ignorer ce défi de l’urgence climatique et continuer de regarder mes deux fils dans les yeux. » L’heure de vérité approche.

Au-delà des discours, un plan digne de ce nom nous ralliera en répondant sans équivoque à la seule question qui importe maintenant : comment ? C’est mathématique ! Le Québec doit réduire de 29 millions de tonnes ses GES d’ici 2030. Et le plan doit indiquer clairement comment il y parviendra. Vers quelles actions précises, chiffrées et financées, nos efforts seront-ils dirigés ? Et quels indicateurs de performance et mécanismes transparents de reddition de comptes garantiront une mesure vérifiable de l’efficacité de ces actions ?

Le gouvernement Legault doit faire la démonstration qu’il a maintenant une vision qui amènera la société québécoise vers la carboneutralité. Pour l’instant, il semble se satisfaire de reconduire bon nombre de vœux pieux et de mesures existantes, comme l’objectif de réduction de 40 % de notre consommation de pétrole d’ici 2030, hérité des libéraux, sans exactement nous dire comment ! On est pragmatique ou on ne l’est pas !

On ne peut plus prétendre répondre aux exigences écologiques en même temps que l’on investit dans des pratiques qui vont continuer de dégrader la situation. Comme le projet GNL Québec que l’on fait passer pour un projet structurant qui permettrait de lutter contre les changements climatiques, alors qu’en réalité, il viendrait rajouter près de 8 millions de tonnes de GES, soit presque autant que les 12 millions de tonnes que ce plan espère fournir de peine et de misère !

Atteindre la cible, c’est adopter les mesures qui s’imposent pour aplatir la courbe de nos émissions de GES. Relancer notre économie, c’est mettre la santé des citoyens et la qualité de la vie au cœur des priorités. Et pour ça, il faut rallier la population autour d’un projet visionnaire et courageux, juste et enthousiasmant, grâce auquel nous pourrons reprendre confiance en nous-mêmes et dans l’avenir de ce monde.

Le gouvernement est-il en train de rater sa chance ?

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Je partage certains des éléments que vous mettez de l’avant dans votre texte. Là où nous avons un écart de pensée assez important est lorsque vous mentionnez que le ministre de l’Environnement devra démissionner s’il ne se rend pas à l’ensemble des conditions que vous posez. Je me permets de vous rappeler humblement que c’est la prérogative du premier ministre, dans notre société encore démocratique, de demander la démission d’un ministre. Si jamais le plan qui pourra réalistement, dans le contexte actuel, être mis de l’avant par l’actuel gouvernement devait ne pas vous satisfaire, vous aurez le choix de faire un choix politique conséquent lors de la prochaine élection.

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M. Legault pouvez-vous imaginer un avion sans plan de vol?

Notre capitaine de la CAQ n’a pas de plan de vol pour notre destination vers un avenir durable comme un climatosceptique.

Dans une société bien ordonnée les objectifs de l’écologie sont tous accessibles,
mais ils exigent, pour être atteints, croissance, prospérité, développement scientifique et technique et c’est parfaitement compatible avec une économie saine et le bien commun.

L’objectif premier de la mobilité électrique à ZÉRO ÉMISSION a été atteint avec les VE, on ne peut plus dire qu’Il n’y a pas d’alternatives. Ça prend un plan pour l’améliorer et l’appliquer aux quatre coins de la province et vite avec des moyens de chez-nous.

Une date pour bannir la vente des bagnoles à pollution:
Norvège 2025, Angleterre vient de passer de 2035 à 2030, France et Allemagne 2040, Canada ?bof

Ceux qui étirent leur vieux modèles pour se permettent un VE un jour doivent être encouragés encore plus, mais ça prend une taxe malus pour ceux qui n’ont pas compris et qui achètent encore des bagnoles à pollution flambant neuves qui vont nous pourrir l’air pour un autre 15 ans.

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Monsieur les véhicule électrique polluent plus à la fabrication que les véhicule à gaz. Selon plusieurs scientifique. Sa prend 6 ans et 6 mois au Québec avant que l’empreinte environnemental du véhicule électrique soit meilleur que le véhicule à gaz. Après 6 ans et 6 mois les véhicule électrique sont meilleur pour l’environnement. Le Kobal est un produit très très polluant à extraire de la terre. Radio Canada a fait un reportage à Découverte à ce sujet aussi. Et selon plusieur scientifique aussi si tout le monde serait électrique aujourd’hui avec tous les auto qu’il y as sur le globe après 2 ans il y aurait une pénurie de Kobal. On peut améliorer les véhicule à gaz , comparer a 20 ans passer on a beaucoup avancer.

Monsieur Rioux
je vois que vous avez bien appris votre petite ritournelle de la propagande des pétrolières.
Vous aussi vous avez mordu à l’hameçon de ces soi-disant rapports scientifiques commandités par les pétroleux (CIRAIG et Total).

Combien de temps ça prend pour compenser l’empreinte environnementale des objets qui vous entourent en commençant par votre brosse à dent du matin. Vous voyez bien que c’est une manœuvre pour singulariser le cycle de vie du VE mais qui n’est pas plus à blâmer que le cycle de vie des appareils médicaux qui servent à sauver des vies dans les hôpitaux.

Le VE est comme un appareil électro-ménager quand il est branché à la maison et utilise le même réseau (sale ou non) que votre frigo et est composé des mêmes minerais que votre frigo (sale ou non).

Radio-Canada est l’organe de propagande officiel d’un état pétrolier Je pense que vous voulez dire le cobalt (Kobal), il faudrait se demander pourquoi RC ne fait pas un document sur le cobalt utilisé pour désulfurer le pétrole dans les raffineries?

L’industrie fossile est déjà bien connu pour n’avoir aucun respect pour la santé publique ni l’environnement,
pensez-vous sincèrement que la provenance de leur cobalt pourrais les empêcher de dormir tranquille?
S’il y avait pénurie de cobalt il faudrait demander aux raffineries avec leurs torchères qui pourrissent l’air qu’on respire pcq les VE utilisent de moins en moins de cobalt déjà.

L’industrie des véhicules à combustion a déjà démontré qu’elle n’avait aucune intention de changer leur modèle à pollution et toute amélioration n’est fait qu’en leur titrant les cheveux pour rentrer dans le XXI siècle et encore elle le fait pour être conforme avec des règlements qu’elle tente par tous les moyens malhonnêtes de s’opposer et prêt à nous mentir voir Volkswagen et l’arnaque du diésel.
S’il n’y avait pas de compagnie d’avant garde comme Tesla pour faire bouger les choses elle resterait collée au modèle économique qui vous fait les poches à la pompe à fric.

C’est mieux quelqu’un qui parle moins mais agit plus pour l’environnement. Si vous comparez Monsieur Trudeaux parle beaucoup d’environnement et vas dans les protestation pour l’environnement mais a investi 9 milliard jusqu’à maintenant dans son pipeline pour vendre plus de Pétrole à la Chine qui se fout de l »environnement. ( Selon les environnementaliste le pétrole par le sable bitumineux est le pire pétrole polluant de la planète) Des membres de l »Onu depuis 2 ans demande à monsieur Trudeau d’arrêter d’acheter du bétail du brésil. Comme vous savez le Brésil brûle des million d’hectare de forêt Amazonienne pour avoir plus de bétail. Le Canada achète pour 20 million de bétail et veut augmenter sa demande. Quand monsieur trudeau fait ses dernière élection il se promenait avec 2 avions,…… Sa solution a Monsieur Trudeau est une taxe carbone, une vraie joke. Ce n’ai pas de l’argent qui vas sauver la planète mais des action pour moins polluer.

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