Bouteille ou canette pour votre bière ?

L’idéal serait de boire dans une canette fabriquée au Québec, à partir d’aluminium venant aussi du Québec… sauf que la province ne fabrique toujours aucune canette de bière !

Photo : Evgeny Ivanov / EyeEm / Getty Images

Vaut-il mieux boire une bière embouteillée ou en canette à l’heure des changements climatiques ? À la demande de Recyc-Québec, des chercheurs du Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) ont fait le point.

Leur étude montre qu’afin de réduire au minimum les émissions de gaz à effet de serre, l’idéal serait de consommer une bière (si possible locale) dans une canette fabriquée au Québec, à partir d’aluminium venant aussi du Québec. Chaque année y sont produites près de trois millions de tonnes d’aluminium primaire, le plus « vert » au monde grâce à l’utilisation de l’hydroélectricité, une énergie propre et renouvelable. L’aluminium québécois génère respectivement 67 % et 76 % moins de GES que celui produit au Moyen-Orient ou en Chine, précise Investissement Québec.

Ça, c’est la théorie. Dans les faits, l’avenue la plus sympa pour le climat est actuellement d’acheter une bière contenue dans une bouteille de verre consignée, qui sera récupérée après usage, lavée et remplie de nouveau 15 fois en moyenne, selon Recyc-Québec. Chaque bouteille émet alors 71 g d’équivalent CO2, soit environ la quantité de GES produite par un moteur de voiture moyen en marche pendant une minute et six secondes.

Pourquoi cette contradiction ? Parce que même si les microbrasseries se multiplient et que les bières en canette ont vu leurs ventes exploser depuis la pandémie, remplaçant les bières servies en fût dans les bars et restaurants, le Québec ne fabrique toujours aucune canette de bière ! Les géants de ce secteur sont aux États-Unis, notamment parce que le nombre de consommateurs (328 millions) y est 41 fois plus élevé.

L’étude du CIRAIG indique que la fabrication d’une canette d’aluminium made in Québec émettrait 62 g d’équivalent CO2, soit grosso modo la quantité de GES produite par un moteur de voiture moyen qui tourne pendant une minute, calcule le Fonds d’action québécois pour le développement durable. Le transport vers le Québec entraînant entre autres des émissions de gaz à effet de serre, votre canette étrangère produit deux fois plus de GES qu’une hypothétique « canette d’ici », soit en moyenne 124 g d’équivalent CO2.

Santé ! 

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Jamais sans mon ordi

Au moment de s’équiper d’un nouvel ordinateur, certains vont se dire qu’au moins, l’ancien sera recyclé dans un centre spécialisé. Vrai, mais recycler les matériaux de 1 000 vieux ordinateurs, ça génère tout de même huit fois plus de GES que les réusiner et les remettre sur le marché, révèle une autre étude du CIRAIG produite pour Recyc-Québec. Avec ces 1 000 appareils, on peut en effet obtenir 704 ordis en état de fonctionnement, et générer environ 146 tonnes d’équivalent CO2 de moins que si on avait fabriqué 1 000 appareils neufs. Soit les émissions annuelles de 15 Québécois.

Une présentation de unpointcinq, média de l’action climatique au Québec.

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Jamais sans mon ordi: La solution ne se trouverait-elle pas dans la réduction de l’obsolescence programmée?

Ayant déjà prêché pour que les bouteilles de plastique (toutes les bouteilles et formats) pour les liqueurs et l’eau soient consignées à $1,00 chacune et plus pour les gros formats, on éviterait ainsi d’en retrouver le long des routes ou dans les décharges publiques.
Et si ce plastique n’est pas bien recyclable pour en refaire des bouteilles, eh bien, qu’on revienne au verre consignées dans les mêmes conditions.
Pour ce qui est des cannettes d’aluminium (de notre aluminium) fabriquées ailleurs, il est temps de réaliser qu’avec la pandémie, il serait peut-être sage et intelligent de rapatrier la fabrication de tous les produits dont nous avons besoin CHEZ NOUS. On réalise désormais que la GLOBALISATION ou MONDIALISATION a démontré ses grosses faiblesses et ses danger pour les populations avec la pandémie. Il en serait de même pour d’autres événements naturels ou pas. C’est bien beau de faire travailler les ¨petits chinois¨ pour moins cher, mais en bout de ligne, il nous en coûte autant, sinon plus, en terme de pollution et de vies humaines.